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Poèmes à Alex (Part I) / Poèmes d'amour


Liste des poèmes

  1. Avant que l'été ne finisse.......................
  2. Avant que ne tombe la neige......................
  3. Que tu viennes à moi.............................
  4. A l'encre de mon sang............................
  5. Souvenirs à venir................................
  6. Affranchi de tes limites.........................
  7. Ton unique refuge................................
  8. Dans la pierre et dans le bois...................
  9. Les fastes de la servitude.......................
  10. Au travers de tes yeux...........................
  11. La traversée de ton corps........................
  12. L'ondine et le magicien..........................
  13. Tout aimer de moi................................
  14. Mi-ange, mi-démon................................
  15. Art innommable...................................
  16. Maintiens-tu le pari ?...........................
  17. Si de lui, il s'agit.............................
  18. Viens dans ma résidence..........................
  19. Assoiffé par ton corps...........................
  20. Il m'emporte loin de toi.........................
  21. Ton corps sanguinolent...........................
  22. J'aime cette chose en toi........................
  23. A la crinière dorée..............................
  24. Un combat légitime...............................
  25. Au milieu de ton vacarme.........................
  26. La cavalière frivole.............................
  27. Pleure sur ma confiance..........................
  28. Ce vieil air irlandais...........................
  29. Science fiction..................................

ALEXANDRA,

Intense bonheur qui mène à la folie douce.

Amour qui se passe de mots.

Mots qui se passent de nous.

Notre inconscience était flagrante.

Mes effluves de sensualité te gênaient.

Nous aurions vécu ensemble :

Dans un autre temps,

Dans un autre lieu,

Dans un autre monde,

Sous d'autres gens.


AVANT QUE L'ETE NE FINISSE

Il y a une cité oubliée
Qui porte le nom d'Alexandrie.
Il y a un poète oublié
Qui a lancé un cri.

Quand il l'a dévêtue du drap
Qui la recouvrait,
Est apparu Alexandra,
La reine de la cité vraie.

Elle était si grande
Qu'il n'osait s'en approcher.
Emerveillé par ses yeux en amande,
Il voulait quitter son rocher

Pour rejoindre sa dauphine,
Il n'attendait d'elle qu'un signe.
Mais, il avait peur de périr
Et elle de le faire souffrir.

Il voulait prendre dans ses bras,
La seule, l'unique Alexandra
Pour qui il a composé ses quelques vers
Avant de s'envoler dans les airs,

Pour une autre envolée lyrique
Avant qu'il n'entende le souffle du mistral.
Même si elle est maléfique,
Il désire qu'elle lui fasse mal,

Car sinon, il ne pourra retenir
Les pensées qui brouillent son coeur,
L'envie de l'aimer, car il a peur
De conserver d'elle le souvenir

De celle qu'il voulait aimer,
De celle qui l'aimait,
De celle dont il avait envie
Jusqu'au bout de la vie.




AVANT QUE NE TOMBE LA NEIGE

Il ne sait pas s'il l'aime,
Pourquoi il lui écrit un poème.
Mais, elle ne s'y trompe pas,
Elle voudrait qu'il soit là

Entrain de serrer ses genoux dans ses bras,
De la soulever dans les airs,
De lui dire je t'aime Alexandra
Et qu'elle vacille sur le parterre.

Tous deux à genoux,
Se tenant par les mains,
Nous nous regarderions en vain.
Il n'y aurait que nous

Et il n'y aurait rien à dire,
Seulement ton rire...
Nos voix s'entrechoqueraient,
Nos bouches s'approcheraient.

Mais ce serait trop fort pour le décrire,
Trop merveilleux pour le vivre,
Trop dur pour t'oublier
Maintenant qu'à moi tu es liée.

Veux-tu rester ma muse
Tant que tu le peux encore ?
Avant que je ne t'accuse
De m'avoir volé mon corps.

Ne crois-tu pas que notre amour est trop fort,
Pour que je puisse vivre une seule seconde sans toi ?
Dis-moi si tu m'as jeté un sort
Avant qu'en toi je place ma foi.

Comment pourrais-je ?
Réponds moi,
Parle-moi
Avant que ne tombe la neige.




QUE TU VIENNES A MOI...

Y-a-t-il la passion dont tu rêvais ?
Y-a-t-il en moi ce que tu cherchais ?
Si je devais en crever,
Même si je me suis entiché,

Je préfère t'avoir connu,
D'avoir su que tu m'aimais,
Même si je dois tomber des nues
Et en être déprimé.

Je préfère te savoir en ce monde,
Que de t'atteindre avec ma fronde,
Même si c'est déjà fait,
Tu m'as fait le même effet.

Me donneras-tu le temps de changer ?
Si je m'accroche à toi, je suis en danger.
Et même si le temps passe
Et que de moi, tu te lasses,

Je ne te croirai pas
Ma douce Alexandra;
Alors oublie-moi avant qu'il ne soit trop tard
Ou accepte que je dépose mon regard

Avant qu'il ne t'indispose,
Que je te vois rougir.
Si de ton coeur, je dispose,
Alors tu m'entendras rugir

Par delà les plaines et les collines
Que je réduirais en poussière.
Je n'aurai à t'offrir que des ruines
Au milieu d'un tas de pierre.

Les deux derniers survivants
Qui dans la fureur de leur amour,
Auront triomphé du vent
Pour se faire la cour.




A L'ENCRE DE MON SANG

J'aurais aimé te croire
Dés le premier jour.
Je serai allé te voir
Au sommet de la tour.

Mais j'ai douté de mon charme
Craignant que de moi, tu te jouais ;
J'ai brandi la seule arme
Dont je disposais.

J'ai tiré sur toi ma belle
Pour te confondre,
Avant que je n'en perde mes ailes
Et que j'en vienne à me pendre,

Au risque de te perdre
Si tu te froissais,
Je t'ai vu feindre
Comme un oiseau blessé.

Mon sang n'a fait qu'un tour
A la lumière de mon amour.
Ce n'est pas ma fierté qui en a souffert,
Mais de t'avoir fait souffrir en battant le fer.

Il y a dans tes mots plus d'amour que de haine.
Il y a dans mon coeur un parfum blême
Qui est comme la réminiscence d'une peine
Pour toi que j'aime.

Et mon coeur qui saigne
En ce nouveau règne.
Une lance m'a transpercé
Et de mon sang versé

J'ai tracé sur ton front
Ces mots qui font si mal,
Ces mots banals
Qui te sont comme un affront.




SOUVENIRS A VENIR

Sur ton radeau de la Méduse,
Je viendrai te secourir
Si les rapides se mettent à vrombir,
Je sauverais ma muse

Avant que tu ne sombres dans la chute d'eau
Et que se brise ton radeau
Sur les rocs de la fuite en avant
Dans l'émergence des vivants.

Visage noyé par les larmes amères
Et moi qui ne parviens pas à me taire !
Comment te faire rejoindre la terre
Maintenant que je t'ai perdue en mer.

Quand tes pleurs deviennent rires,
Quand mes larmes sont de joie,
Il n'y a rien de pire
Que te savoir si loin de moi.

Prête à disparaître
Pour ne plus apparaître
Que dans mes rêves
Qui brutalement s'achèvent

Dans un atroce tourment
Quand tu me fais le serment
De m'écrire, de te souvenir
Des merveilleux moments à venir.


AFFRANCHI DE TES LIMITES

Tu auras beau t'enlaidir,
Je ne cesserai de te dire
Ce que j'éprouve pour toi
Et que je n'aime que toi.

Comme la perle nacrée des profondeurs,
J'aimerais te serrer au creux de ma main.
Même si on me traite de pourfendeur,
Je ne peux te laisser suivre ton destin.

Même si je te fais partager ma folie,
Que rien de moi ne te déplaît,
Comment pourrais-je te noyer dans ma lie
Si tu ne me nourris pas de ton lait ?

L'eau cristalline serait-elle suffisamment pure
Pour décrire la passion qui nous lie.
Le reflet du soleil couchant qui emplit
La mer de somptueuses dorures.

Devrions-nous sombrer à notre tour
Dans le refuge de notre amour ?
Où dois-je te donner la clef
Pour te laisser t'en aller ?

Si l'amour avait des degrés,
Le compteur en perdrait les pédales,
Comme une image subliminale
Qui dans mon sein s'est ancrée.

Nos coeurs vibrent à l'unisson
Au travers de l'étrange muraille
Qui de par en par nous assaille,
Nous empêche de vivre notre passion

Au delà de la limite
A laquelle on s'est affranchi
Avant qu'à tes yeux, je démérite
D'avoir commis un beau gâchis.




TON UNIQUE REFUGE

Il y a dans ta voix une tendresse inouïe,
L'insoutenable légèreté de l'être.
Quand je t'ai vu naître
Sous un temps de pluie,

Sous le vent déchaîné,
Tu as bravé l'océan
Dans ta course effrénée
Contre les éléments.

Stoppée dans ton élan par mon éclair aveuglant,
Tu ne penses plus désormais qu'à me rejoindre ;
J'aimerais voir le bout de ton nez poindre.
Ton amour ne peut être plus virulent.

Partout, je chercherai un reflet de toi :
Dans le ciel bleu éclatant,
Dans les prés verdoyants,
Dans les visages qui m'échoient.

Partout je ne verrai que toi,
Quand à l'aube d'un matin froid,
Un frisson me gagnera,
Je penserai à la douceur de tes bras.

Même si le ciel est gris,
Que les oiseaux regagnent leurs abris,
Mon coeur sera le tien
Car il t'appartient.

Tu n'auras nul autre refuge
Que celui de mon amour déroutant,
Quand viendra le déluge
Au milieu du printemps.


DANS LA PIERRE ET DANS LE BOIS

J'ai gravé dans la pierre,
Le fruit de nos caresses.
J'ai démonté la barrière
Avant qu'elle ne s'affaisse

Sous le poids de tes baisers,
Sous la pression de tes désirs
Afin d'avoir l'esprit apaisé
De ne pas t'avoir vu venir.

Si l'arbre porte le témoignage
De notre union au travers du temps,
Même si tu me fais barrage
Pour cause de tes dix-huit ans,

Saches que les étoiles dauphines
Ont déjà célébré nos retrouvailles
Aux confins du cosmos d'opaline
Par la loi du seigneur Adonai.

Si la ronde des étoiles s'est inversée,
C'est pour nous offrir en spectacle,
La voie lactée que j'eus versée
pour demander à l'oracle

Si la débâcle nous épargnera
Comme je pense qu'elle le fera.
Si je puis retirer ton pagne
Avant que mon coeur ne saigne.

LES FASTES DE LA SERVITUDE

Si une reine m'ouvrait son coeur,
Si je la voyais battre des cils,
Qu'elle me fasse le suprême honneur
De m'inviter sur son île,

Me donner la servitude
De ses braves sujets
Et le loisir de suivre à ma guise mes études
Et de patauger

Avec elle dans l'écume blanche,
Je refuserais ses présents
Car dans le creux de ses hanches
Et dans le coucher de soleil irisant,

Je penserai encore à toi.
Aucune médecine n'aura raison de moi,
Sauf si lors d'un voyage à Nice,
Elle s'alloue tes services.

Si tu me donnes les derniers soins,
La chaleur de tes seins,
Ton amour dont j'ai besoin,
Tu ne seras pas venu en vain.

Même si j'aurais pu connaître hier
Les fastes de la cour,
Je préfère ma roturière
Qui me noie de son amour.

Même si je suis asservi par la reine,
Que notre couche soit faite de foin,
Que nous vivions à la traîne
Et que tu prennes de l'embonpoint,

Je serai toujours ton esclave affranchi.
Même quand je serai avachi,
Je ne regretterai pas mon choix,
Je pense encore à toi.




AU TRAVERS DE TES YEUX

Je te ferai te découvrir toute
La passion qui recouvre ma vertu.
Je sculpterai ta statue
Au long de ma route

Où je détournerai ton image
De mes pensées embrumées
Depuis que j'ai éloigné mon entourage
Pour me consacrer tout entier à mon aimée.

Car ton image nuit à ta beauté
Comme un sentiment éclaté
Qui me berce de ton souvenir.
Avant que je n'en vienne à la bannir,

J'aimerai de ton sourire,
Agrandir mon univers
Avant de t'appartenir
Au milieu des travers

De ma vie éphémère
Où triomphe les moments précieux
Où la brillance de tes yeux
N'a rien à envier aux dorures de la mer.

Ils pétillent de mille feux
Sous le soleil des tropiques.
Dans mon coeur en feu,
Tu es magnifique.


LA TRAVERSEE DE TON CORPS

Assis au milieu des galets,
Je t'ai regardée t'en aller
En retenant mes larmes amères
De couler sur les pierres.

J'ai senti ton acide creuser dans le calcaire
De mes sombres ressentiments,
Qui a ton toucher sont devenus poussière
Aussi loin que se porte mon regard au firmament.

Mon esprit vit dans ton âme.
Quand je te vois rire à pleine dents,
il n'y a qu'en te regardant
Que j'oublie mon éternel drame.

J'aimerais tenir ce qui se cache
Au plus profond de ton être,
Avant que je ne m'attache
A ton paraître.

Je voudrais trouver en toi
Les racines qui vaincront
La peur de me perdre en toi
Quand mes lèvres toucheront ton front.

Agripper cette impression fugace
De grandeur au delà des mots
Que sans relâche, je chasse
Pour ne plus souffrir de mes maux.

Rejoindre ta nature divine.
Déjouer tes formes et ton arôme.
Renier ta forme humaine,
Ce qui fait de moi un homme

Pour te faire goûter mes trésors
Que j'ai déposés dans chaque port.
Mais, j'attend qu'à chaque traversée,
Tu viennes en moi te verser.




L'ONDINE ET LE MAGICIEN

Assise sur le carrelage de la cuisine,
Ton coeur de femme résonne
Comme celui d'une sauvageonne
Ou d'une ondine

Qui danse au gré du vent.
Avant que ne se lève l'ouragan,
Tu me feras boire ta mixture d'onguents
Au soleil levant.

Armé de ta potion magique,
Je partirai vêtu d'une simple tunique
Chevauchant le cyclone
Qui tourbillonne ;

Pendant que tu commanderas aux éléments,
Je me laisserais porter où bon te semble.
Je n'aurai pas peur même si la terre tremble
Car en toi, j'ai la confiance d'un coeur aimant.

Ils nous prendront pour des dieux,
Quand ils nous verront des cieux
Ravager leurs terres cultivées
Et en leur esprit, raviver

Les contes à dormir debout,
Mais tout le monde s'en fout,
Bien que nous portions témoignage
Qu'il y a d'autres rivages

Que ceux de leurs esprits étroits
Qu'ils n'ont pas osé exploré
Avec leurs oiseaux de proie
Préférant détruire les forêts.

Ma belle replantera les arbres.
Je dessinerai un nouveau tracé pour les rivières,
Les rocs seront de marbre.
De ce monde, notre amour sera la lumière.




TOUT AIMER DE MOI

Si je devais redessiner
Les contours du globe terrestre
A ton image, à ton paraître,
Je chercherais à l'affiner.

Si tu aiguises mes sens
En vue de saisir mes buts,
Tu recevras après l'échéance
Un lourd tribut

Dont je ne veux pas m'acquitter
A moins que tu ne me fasses la promesse
Après mes caresses
De ne jamais me quitter

Pour celui qui ne saura pas t'offrir
De quoi satisfaire tes moindres désirs,
Pour celui qui sera incapable
De t'écrire de plus belles fables

Que celles qui ont prévalu
Pendant tant de lustres
Sur ce chansonnier rustre
Que tu avais tant lu

Que j'en étais atrocement jaloux
Au point de jeter sur toi le flou
De mes existences passées,
De mes écueils qui t'ont blessée,

Ignorant le mystère
Qui m'a fait m'éloigner d'elle,
Creuser le plus large cratère
Pour ne m'ouvrir qu'à ma belle,

Sans qu'elles aient eu le loisir
De me consommer
Pour que tu puisses choisir
Ce qu'en moi tu veux aimer.




MI-ANGE, MI-DEMON

Il n'y rien d'autre qui m'émeut
Autant que tes silences qui sont si parlants
Quand vers moi, tu te meus
Toute habillée de blanc ;

Je me demande si en amont
De ton apparence de femme ingénue,
Se cache un ange ou un démon
Aux formes charnues.

Je ne connais de toi
Que ta nature angélique.
Revêts ta forme démoniaque
Avant que je ne succombe à mon choix.

Pourrais-tu me décevoir
Si tu faisais pleuvoir
Les gouttes salées de la mousson ?
Quand sur ma peau parcourt un frisson

Au toucher de tes doigts,
Quand tu me prends à rebrousse poil,
Mon coeur est à l'étroit
Au milieu du champ d'étoiles.

Au regard de tes yeux,
Quand tu fais mine de me dédaigner,
Je me sens planer
Au dessus des cieux.

Comprends-tu que quoi qu'il arrive,
Je franchirai la rive
Et t'attendrai de l'autre côté
Pour tout te raconter.

Il me suffira d'un geste de ta part
Pour renoncer à mon funeste dessein,
Remonter à bord de mon drakkar
Pour rejoindre mon petit poussin.




ART INNOMMABLE

Ces mots qui se bousculent dans ma tête
N'ont de raison d'être,
Que si derrière les carreaux de la fenêtre
Se cache un jardin de violettes.

Entre les fleurs et les mots,
Je te ferai le bouquet le plus hétéroclite.
De l'olivier, j'arracherai un rameau
Pour respecter l'ancestral rite

Que nous a légué le plus grand amoureux
Que la Terre n'ait jamais porté.
D'une pensée, je comblerai le creux
De ton coeur par ma félicité.

Je mèlerai l'eau et le feu
Pour modeler de nouvelles créations
Qui me rendent malicieux
Aux yeux des amateurs de fortes sensations.

Si mes gerbes aquatiques et florales
Subissent le même sort que les autres
En finissant dans ton ventre,
Je cesserai mon art pictural

Pour m'orienter vers l'innommable,
L'art véritable,
Celui qui est dépourvu de sens
Où on n'a que faire de la prudence.

Si tu te démarques de l'évidence
Et remarques mes différences
Vis-à-vis des ignobles colporteurs,
Je te rendrais ta grandeur

Qui m'a tant génée au début
Que j'ai du m'élever au dessus
De la masse grouillante mise au rebut
A cause de ce que j'avais conçu.




MAINTIENS-TU LE PARI ?

Quand le croissant de lune tourbillonne,
C'est que je pense à la beauté indicible
Que revêt ton âme qui me déboulonne
Quand tu me prends pour cible.

Dés que tu décocheras ta flèche,
Je glisserai mes doigts rêches
Dans ton abondante chevelure.
Quand tu me susurres

Que tu as besoin de nouveautés,
Je sais que je ne pourrai satisfaire
Tes envies qu'en vendant mon âme à Lucifer
S'il ne me l'a pas ôtée

Depuis ce jour où tu m'as souri,
Que de ta voix, je me suis nourri,
Depuis que de ton corps, je me suis épris,
En ton âme, j'ai péri.

Quand tu es venue, Alexandra
Réchauffer mon corps dans les draps,
J'ai tremblé à l'idée de dévorer
Ta pureté timorée.

Tu m'as caressé,
Ma peau s'est détendue.
Je t'ai embrassée,
Ton coeur s'est fendu.

Je me suis levé de la couche humide.
J'ai fait entré la lumière blafarde
Sur ton corps aride
Que j'ai découvert par mégarde.

Tu as pris tes genoux dans tes bras.
Tu m'as foudroyé du regard.
Mais dis moi si tu me vaincras
Avant que je n'use sur toi de mon dard ?



SI DE LUI, IL S'AGIT

Si celui que tu as choisi comme élu
N'a pas une toison velue,
Il pourrait s'agir de ton serviteur,
Le présent narrateur.

S'il est beau comme un lion
Et qu'il manie bien le crayon
A défaut de la plume de paon,
Ce pourrait-il être ton chenapan ?

S'il s'imagine être l'unique
Objet de tes désirs inassouvis,
Commets-tu l'erreur de ta vie
En choisissant cet hérétique ?

Si tu te berces d'illusions,
Le réveil sera terrible
Quand tu le verras capable
De la plus haute trahison.

Même s'il se résout à la fidélité,
Elle seront nombreuses à désirer te l'arracher.
Si tu ne nuis pas à sa félinité,
Il n'accordera qu'à toi seule l'unique péché ;

Dusse-t-il repousser les plus belles,
Refuser les plus talentueuses,
Il n'augmentera pas son panel
Car il ne pourrait trouver plus merveilleuse

Créature de chair et d'esprit
S'il devait parcourir l'univers
A coeur et à cris
Et qu'il en découvre l'envers.


VIENS DANS MA RESIDENCE

Dans la brise matinale,
Je n'ai pas reconnu ton parfum
Au milieu des embruns
Qui sentent le santal.

Je t'ai laissé partir
Sans essayer de te retenir.
Je suis resté songeur
Pendant de très longues heures

A me demander si c'était toi
Qui m'avait berné
Ou plutôt moi
Qui n'avais pas su comment t'en donner.

Ce vide qui a élu résidence dans ma cour,
J'aimerais à nouveau le remplir de ton amour.
Combler seulement par le tien
Parce que c'est le seul que je retiens.

Les autres ne font que passer.
Au lieu de me molester,
Le tien s'y installe pour y rester
Et me faire rêvasser.

Si mon amour pour toi portait un nom,
Je ne fixerai pas ses images
Qui constituent le premier chaînon
Pour te rendre hommage.

ASSOIFFE PAR TON CORPS

Quand tu longes les Sables-d'Olonne,
J'imagine le succès rencontré
Si tu avais pu entré
Dans les jardins suspendus de Babylone.

Sur le catamaran qui file à l'horizon,
Je sais que tu regardes en arrière
La fuite des saisons
Qui défigure la clairière,

Où notre amour
Avait vu le jour
Quand tu t'es laissée
Par moi, embrasser.

J'ai sillonné les vieux chemins,
Ton coeur sur ma main.
J'ai gravi la montagne auréolée
Avant de me défouler

Sur les rondeurs de Dame Nature.
J'ai appris le secret de ton coeur
Quand j'ai pris en filature
La petite goutte nacrée de sueur

Qui perlait au bout de ton nez.
Je l'ai aspiré dans ma bouche
Dans la course effrénée
Qui m'a conduit à ta couche,

Goûter du fruit défendu,
Du sel de ton corps pressé
Dans mes doigts empressés
De découvrir leur dû.



IL M'EMPORTE LOIN DE TOI

Le vent du large m'a desséché.
Mes os se sont broyés sur des rochers
Que j'avais pris pour des douceurs
Alors qu'elles s'amusaient à briser les coeurs.

Serai-je le prochain cadavre ?
Il n'y en a pourtant qu'une seule
Que je voudrais inviter dans mon havre
Avant qu'on ne me recouvre de mon linceul.

Après qu'ils aient dragué le fond des océans
Assombri de mon sang,
Viendras-tu comme la déesse Isis
Reconstituer le corps de ton Osiris ?

Avant que mes morceaux ne soient dispersés
Aux quatre vents de la planète
Sans que tu ne viennes à verser
Sur mon sort une gouttelette

En mémoire du temps vécu.
Même si tu as arraché mon image
Du jardin de tes envies volages,
Mon amour n'a pas été vaincu.

Il réside dans la nuit glaciale,
Dans l'attente de se manifester
Afin que je puisse t'infester
De mon souffle vital.

TON CORPS SANGUINOLENT

Même si les autres passent,
il n'y a que mon adorée
Que je veux dévorer
Toute entière sur le lit de caillasse.

Contre les arêtes des pierres rocheuses,
Je te ferai saigner dans mon étreinte
et plus tu te montreras capricieuse
Et plus seront fondées tes craintes

De me voir sévir
Même si tu te débats.
Je ne te laisserai pas t'enfuir
Avant de t'avoir subtiliser ton bas.

Tu as commencé à rire
Sans ne plus finir.
Tu m'as retiré de mes mains immobiles,
L'objet de mon délit commis sans mobile.

Tu t'es jetée sur mon corps nu
Comme une furie endiablée,
Victime d'une esseulée
qui se vantait d'avoir mis mon coeur à nu.

Tu as dévasté mes dernières forces
Dans la bataille de nos corps épuisés,
J'ai été amusé
Par ton regard féroce.

Je t'ai haïe, j'ai pleuré
Refusant de t'aimer pour déchirer
Ce lien qui nous avait uni.
N'ai-je pas pourtant été suffisamment puni

Pour m'infliger la souffrance suprême
D'abandonner la seule que j'aime ?
Non, je n'ai pu rien briser.
Si tu veux de moi, je m'en irai t'épouser.



J'AIME CETTE CHOSE EN TOI

Où sont les trésors de bienfait
Que tu m'avais promis ?
Quand tes yeux ont-ils perdu leurs reflets ?
Est-ce depuis que je t'ai perdue comme amie ?

Vois dans mes yeux cet océan.
Viens t'y noyer, descend
Au plus profond de mon être
Jusqu'à quitter tes guêtres.

Que je découvre ta nudité,
Que devant elle je m'efface,
Bien qu'en vérité,
Mon désir soit tenace.

J'aurai trop peur de te salir
Bien que tu veuilles m'appartenir.
Ai-je le droit de te la voler ?
Par mon nom, t'appeler ?

J'aimerais tant t'emmener
Par les chemins de traverse.
Tout de moi, t'abandonner,
S'il pleut averse,

De mon corps te recouvrir.
Faire remonter au ciel la pluie.
Entendre tes soupirs
Avant que ne retombe la nuit

Et que ton souvenir foudroie mon coeur,
Me cause du malheur
Et toi qui ne m'entends pas,
Qui reste tout là-bas

Sans mot dire,
Sourde à mes incantations.
Je ne peux te maudire
Pour me venger de ta disparition.




A LA CRINIERE DOREE

Dans mes nuits agités,
Tu reviens sans cesse à la charge
Depuis toute éternité
A travers les âges

Pour te joindre à mon sang
Et engendrer le plus puissant
De tous les êtres de l'univers,
L'homme à l'éblouissante crinière

Qui de ton ventre est sorti
Quand le feu du Soleil est parti
Foudroyer la fille de Mercure
Dans la douce nature.

Il a hérité de ton arrogance.
Je lui ai donné mon impatience
Pour qu'il triomphe de ce monde maudit
Et nous protége le long des routes du paradis.

Seulement deux âmes soeurs
Qui ont dans leur coeur
De si belles flammes,
De si fines lames

Que dans nos farouches ébats,
Nous nous sommes écartelés.
Je t'ai entendu hurler
Quand est venu ton trépas.

J'ai broyé le fil de notre destin
En t'offrant ce fils
Sur les fortins
De tes caprices

D'enfant mal aimée,
De gamine écervelée,
Qui m'a décimé,
Mon coeur affalé.




UN COMBAT LEGITIME

Avant que je ne m'en prenne
A la reine des sirènes,
Je me ferai poisson
Pour mordre à son hameçon,

Du moins si elle s'y laisse prendre.
Si je devais prétendre
A devenir son époux
Malgré tout,

Réussirai-je les épreuves qualificatives ?
Ferai-je parti des prétendants au titre ?
Ne deviendrai-je que son pitre ?
Comment échapper à l'expédition punitive ?

Dois-je tuer ces pauvres créatures ?
Pour mériter une place en finale ?
Suivre la voie des purs et durs
Et appliquer la peine capitale

A tour de bras, liquider les vivants.
Est-elle digne de toute cette débauche d'énergie ?
Moi qui était le plus fervent
De ses prétendants, j'ai mal agi.

J'ai grillé tous mes adversaires.
Je me retrouve en face d'elle
Sous ses grands airs
De péronnelle,

Se cache la fontaine de jouvence
Qui donne la vie éternelle
A tout son cheptel
Tombé en décadence

Depuis qu'ils s'y sont baignés
Sans avoir gagné
Le droit de régner.
Je lui offrirai une nouvelle lignée.




AU MILIEU DE TON VACARME

Tout seul, j'attend
Dans le miroir de mes illusions.
Et le seul son que j'entend
Est le bruit de mon crayon

Qui traverse le fin papier.
Dans ce silence qui m'effraie,
Je t'imagine nus-pieds
Ouvrant ce somptueux coffret.

Mais as tu un cadeau
Pour le pauvre erre que je suis ?
Où seulement un autre fardeau
Au milieu du bruit,

De ce vacarme assourdissant
Qui t'entoure et me détache
Du plus intéressant
Des vertus que tu me caches.

Est-ce toi tout simplement ?
N'y-a-t-il pas à découvrir
Dans le miroir déformant
De tes plus profonds désirs,

Cette étincelle de joie
Qui provoque en moi
Ces sautes d'humeur
Au fond de mon coeur,

Cette désarmante voix
Qui fait de moi
Un amoureux tranquille,
Un grand imbécile.

Plus je suis bête
Et plus je suis à la fête.
Mais suis-je à même
De te dire je t'aime ?




LA CAVALIERE FRIVOLE

Je dois te provoquer
Pour ne pas te perdre,
Constamment t'attaquer
Afin de mieux te peindre

Sur les murs de mon avenir.
Ne rien t'épargner de ma passion
Allant jusqu'à ternir
A défaut de vernir ta réputation.

Déjà si mise en doute
Dans ton portrait qui dépeint
La manière dont tu mets en valeur ton sein
Pendant les combats de joute

Où je me bats contre ton favori
Devant la foule qui de moi si rit
De voir ma détresse
Et ma profonde tristesse

De te savoir infidèle
Dés que j'ai le dos tourné,
Pour te jeter sur le premier basané
Qui passe près de la citadelle

Où nous nous étions jurés
Devant Monsieur le curé
De toujours respecter
Ce dont je dois aujourd'hui te suspecter.

Je te protégerai de l'échafaud
En abandonnant mon trône
A tes hommes de passage qui te donnent
Loin s'en faut,

Plus de plaisir à ton corps
Que d'assister à ma mort,
Quand sur ta pirogue,
Tu suis mes si longs monologues.




PLEURE SUR MA CONFIANCE

Je ne peux me suffire
D'entendre ton étrange voix,
Que je ne peux souffrir
De faire ma loi

Avant que je ne subisse la tienne
Et que j'y laisse ma peau,
Je préfère encore entendre ton écho
Que de te voir dans les bras d'un faux mécène.

Crois-tu vraiment
Mériter mon pardon ?
Souris donc
Je te l'accorde éternellement !

Tous les autres te sont indifférents
Car je sais que mes yeux
Te sont plus précieux
Que ceux de tous tes mécréants

Et que pour m'apprécier
Au maximum du possible,
Tu en prends d'autres pour cible
Pour tenter de m'émoustiller.

Mais rien n'y fait,
Même la magie des fées
Ne peut me faire douter
De ton émérite fidélité.

Même quand aux bras d'un amant,
Tu cherches mon regard jaloux,
Tu n'y vois que de l'amusement
De te voir tromper ce jeune loup

Et revenir tout à coup,
M'embrasser dans le cou
Devant le jeune fou
Qui jette des regards insistants sur tes dessous.




CE VIEIL AIR IRLANDAIS

N'est-il pas ridicule
Que tu ais tant d'émules
Qui te comblent,
Et moi qui te trouble ?

Sous les feux des projecteurs,
J'ai usé de la magie,
Pour que les autres acteurs
Souffrent de ton érégie.

Face aux fans en délire,
Je t'ai rendue inaccessible
En éclatant ma tirelire
Et leurs fusibles.

Souviens toi du vieil adage
Qui s'en prend au maquillage.
Fuis dans la montagne
Avant que le remords ne te gagne

De tricher sur ton apparence.
Retire tous ces colifichets
Qui n'abusent pas ton essence
De femme desséchée

Par la tristesse accumulée,
Par le poids des années,
Qui ont défilés
Pendant que tu chantonnais

Ce vieil air irlandais
Qui te rappelait les jours heureux
Où tu m'avais guidé
Au travers des bois filandreux

Vers cette douce clairière
Qui respirait si fort
L'abandon des frontières
De nos deux corps.




SCIENCE FICTION

J'ai arraché de terre
Les buildings de pierre
Devant leurs yeux apeurés
Et leurs mines sidérées

Pour que nulle ombre
Ne ternisse ton image.
Que dans un recoin sombre,
Tu ne sois pas le témoin d'un carnage.

J'ai fait éclater les nuages
pour qu'il pleuve,
Que grossissent les fleuves
Et que notre barque prenne le large.

J'ai renversé les derniers empereurs,
Violé les courtisanes,
Libéré les mineurs
Des trop nombreuses caravanes

Pour changer la face du monde
Avant que tu ne grondes
Contre la certitude des choses
Et la couleur des roses.

Que devrais-je encore faire
Si tout cela ne te suffit pas ?
Clore ce débat
Qui te confère

Tant d'importance à mes yeux
Qu'il est un délice d'émotions
A qui sait voir au mieux
Le stratagème de ma fiction.

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