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Poèmes Gnostiques
- Poèmes aux Martyrs (Part 4) -


Liste des poèmes

  1. Les beaux projets................................
  2. Finir au bas.....................................
  3. Ankh, la conciliation............................
  4. La voie du milieu................................
  5. Erreur en cours..................................
  6. Au delà de l'éternité............................
  7. Inspiré du démon.................................
  8. Sine qua non.....................................
  9. D'une façon ou d'une autre.......................
  10. La raison défigure...............................
  11. Descente aux enfers..............................
  12. Entre deux eaux !................................
  13. Ministère intemporelle des vestales..............
  14. Deux triangles, deux lignes......................
  15. Continuer son train de vie.......................
  16. Couples échangistes..............................
  17. Dors en masse....................................
  18. Castes de fric...................................
  19. Le pain et le poisson............................
  20. De mieux en mieux !..............................
  21. Annihilation des basses couches..................
  22. Viol de la contaminée !..........................
  23. Sur les bords du Gange...........................
  24. Sensuelle à l'abandon............................
  25. Entre terre et ciel..............................
  26. Au delà de moi...................................
  27. Epaissir la crème................................
  28. Entre bien et mal................................
  29. Nature encrassée.................................
  30. Suivie de près...................................
  31. Canasson branleur................................
  32. Femme libérée....................................
  33. Attaque en règle.................................
  34. Marché de dupe...................................
  35. Eclaboussure.....................................
  36. Mignonne enfant..................................
  37. A l'insu de tous.................................
  38. Grisé d'amour....................................
  39. Les regards mitrailleurs.........................
  40. Tournedos à la broche............................
  41. Marche à l'ombre.................................
  42. Se cacher du monde...............................
  43. Retourner l'arme contre soi......................
  44. Gerbes d'étincelles..............................

A VOUS TOUS.

 


LES BEAUX PROJETS

Arriver à ne voir d'importance dans la vie
Que dans sa faim douce et voluptueuse.
Se libérer des hommes impies
Et de leur compagnes trop onéreuses.

Fatale escarmouche contre le vide à pâté.
Refuser le statut de cobaye
Aussi juste qu'il vous aille
Comme à des robots frelatés.

Echarper votre façade de crinoline.
Votre course absurde au profit
Pour séduire la Belle aux latrines
Par le nappage de fruits confits.

Trop de protections en aggloméré d'assurance
Et d'allocations versées en titre de gloire,
De biens en vertu d'opulence,
De sécurité et d'habits de foire.

Conquête libertine de la voisine,
Champagne qui coule à flots
Sur les banquettes de l'officine
Où se tirent les gros lots.

Que d'amours réfugiés dans la boisson,
Le cafard des petites bêtes, le poids des illusions,
Périclité d'écorces amères d'agrumes
Et d'un coulis en chair de légumes.

Quand les êtres sont acquis,
Il en est fini de leur romance
Comme d'un mauvais croquis
Défini en dehors des apparences.

Amour réfugié dans l'habitude.
Pétales arrachées par le trop plein
De découvertes en servitudes,
Egrènent le même refrain.





FINIR AU BAS

Que va-t-on faire de tous ceux-là ?
Puis-je m'approprier l'un d'entre eux ?
Trancher la ficelle qui tenait son bas
Comment revenir sur mes voeux !

Démonter cette horizontale
Qui me casse la verticale.
A mettre une barrière entre lui et moi
Par le symbole de la croix

Portée au genre humain
Par un geste imbécile.
Il ignore que de sa main,
Il montre un nouveau péril.

Elle doit du crâne se choir sur le coeur
Puis allumer le Saint candélabre,
Y battre le bon beurre
Au lieu qu'il ne se cabre

Pour gicler un venin
Dont personne ne veut.
Mais le silence est d'or fin
Pour fustiger les petits curieux.

La colombe se love en bas.
Elle mène au fils
En amoncellement de gravats
Qui croulent jusqu'à l'abysse.

La Vierge tond le poil du rat.
Le Fils s'y implante des plumes serpentines.
Le Père illumine le bras
De son fils comme un hymne

A sa victoire prochaine.
Porté par ses cohortes sublimes,
Il brise ses dernières chaînes
Quand il en dévore l'intime.





ANKH, LA CONCILIATION

Nul n'est prophète en son pays
Qui ne convainc sa propre foule
A moins d'en payer le prix
De rondins qui débaroulent.

Le Grand Esprit te recevra
Auprès de la fille au pieds nus
Et par lui tu vaincras
Pour la prestige de ta tribu.

Le poil du rat à l'origine
Quant tu as fais bande à part
Loin des Dieux et des Djinns
Agissant comme un barbare.

Tu diras, croule sur moi
En gardien du fantoche.
Croyant abriter ton convoi,
tu dégringoleras la roche.

Prisonnier de ta caverne
Comme en tes sinistres châteaux,
Tu consumeras ta lanterne
Sous ton épais manteau.

Tresses de mèches blondes et rousses
Comme pendentifs à tes oreilles
De scalp de vierges en pousses
Dans le frémissement des abeilles.

Ai brisé le sceau magique porté
Par les faux croyants de la ruine
Pour signifier ma foi confortée
Dans le pressoir de la sanguine.

Ai perdu la logique de l'incroyant
Par le tumulte engagé en lui
Quand je l'affirme et l'infirme faisant
Que le jour se fasse nuit.





LA VOIE DU MILIEU

Songez qu'au milieu des ordures
Dont j'ai chargé vos esprits,
Il est une perle si pure
Qu'elle n'a pas de prix.

Si le tumulte s'est forgé
Dans votre essence même,
Que j'en sois le rejet
Perpétuel de mes blasphèmes.

Quand il est dit que Dieu
Doit être plus aimé que ton épouse,
Comprends-tu d'autant mieux
Que tu te roules dans la bouse

Lorsque tu pratiques avec elle
Tes infâmes accès et déferlements.
Observe comment tu ruisselles
Après ton précieux ravalement.

En la femme, un sanctuaire réside
plus sacré que tous les temples
Qui furent bâtis sur du vide
Que plus personne ne contemple.

Elle est l'image de la Mère Divine.
Il est le reflet du Père Céleste.
Leurs ébats auprès des ravines
Les éloignent du sommet de l'Everest.

Si une seule fois, vous pouviez
Mêler la pureté à vos échanges,
Vous vous feriez le vivier
Où s'agglutinerait un millier d'anges.

Il n'est pas meilleur raccourci
Qui se fasse à le fois
La pierre d'angle de l'ambroisie
Et du péché originel, son rachat.




ERREUR EN COURS

Imagine que la Genèse
Et le reste n'aient jamais
Eté donné qu'aux braises,
Où loges-tu ton Dieu désormais ?

Les gens naissent et meurent.
Ignorent pourquoi il en est ainsi.
Les voilà alors qu'ils pleurent
Du nuage couvrant l'éclaircie.

A quoi bon continuer en cela
Et que d'autres souffrent encore
D'un ciel sans éclat
Qui ne répand plus son or ?

Le Grand-Dispensateur est fâché
Comme le chef qui a découvert
Que ses sergents avaient craché
Sur le sacre du luminaire.

On s'inflige à la torture
Pour qu'il se montre à nouveau.
On invoque la nature
Par le sacrifice du veau.

On brûle son flambeau
En cohabitant contre elle
Se fixant au chalumeau
La trace du péché originel.

Devant céder aux exigences,
Elles se maudissent d'avoir été engendrées,
Se livrent aux pires extravagances
Qu'aucun ne les en dissuaderait.

L'homme se complaît à s'en servir
Jusqu'à la répudier si elle fait défaut
Aux avilissements qui font gémir,
Du frottement impur qui prévaut.





AU DELA DE L'ETERNITE

Pécher contre le Père est mentir.
Pécher contre le Fils est haïr.
Pécher contre le Saint-Esprit
Est de répandre sa lie.

Il en est du Père comme de la vérité.
Il en est du Fils comme de l'amour.
Il en est de l'Esprit d'équité
Comme du fulgurant retour

Des atomes de plomb en or,
Alchimie dans le sacre de ton épouse,
L'eau à puiser dans les contreforts
Loin de l'orgie et des partouses.

L'eau, ce principe créateur
Sommeille et se meurt en toi.
Le feu pourtant l'attire en soi.
L'Esprit n'est pas amateur.

A Thulé, tu étais fissipare.
A Mu, tu étais hermaphrodite.
Aujourd'hui, de tout, tu t'accapares,
Même des unions interdites.

Hyperborée et Atlantide, intermédiaires
Comme demain, le stade angélique
Si tu sais taire la machine incendiaire
Qui te rend si maléfique.

Du surhomme, dieu devenu,
Homme solaire de l'antiquité,
Tu sauras d'où tu es venu
Et tu iras dans l'éternité.

Intégration âme-soeur-esprit-frère,
Tu rejoindras ton origine,
Asexué et dévoué au Père
Du principe créateur de l'androgyne.





INSPIRE DU DEMON

D'aucun ne survivra,
Ce qui fait ta nature
A jamais brûlera
Dans l'Enfer en peinture.

Tu dois mourir à toi même
Car tu incarnes le mal.
C'est bien en cela-même
Qui te fera grand mal.

Ce n'est donc pas toi
Qui se réincarne ici.
Mais garde ta foi
Quoique ton âme soit loin d'ici.

Conglomérat de démons
Et de trop peu de vertus :
Des anges en amont
Qui habitent la tortue.

Quand ton bébé pleure,
Ce sont eux qui s'approchent
Et pénètrent en la fleur
Pour la faner en roche.

Avant la vertu se cultivait
Pour que les démons s'en aillent.
Aujourd'hui, on en est arrivé
A entretenir cette affreuse marmaille.

Pour me protéger des vôtres,
Je m'isole pour ne pas vous céder
Mais, j'oublie qu'en cela, d'autres
Ne pourront jamais m'en évader.

Chacun de tes actes est miraculeux.
Dieu te permet d'aller plus bas
Car dans tes ténèbres du milieu,
La lumière, un jour, se fera.





SINE QUA NON

Je voulais retirer à ses griffes
Le privilège de vous tromper
Mais j'échoue sur le vif
Car je me sens ramper

Comme un serpent qui nage
Dans des eaux troubles,
Comme témoin du carnage
De vos relations de couples.

Fatima a condamné le saint-père
Mais il s'est gardé de le commenter
Préférant garder le Grand-Mystère
D'un fermoir trop longtemps cimenté.

Pourquoi a-t-on gambergé
Sur les paroles du Nouveau ?
Si seulement le clergé
Avait éclairci les eaux !

Mais comme au temps du verger,
On a perdu le fil conducteur.
Le troupeau en manque de son berger
Sera tondu par les soins du tracteur.

Pourtant, il en est d'ici et d'ailleurs
Qui ont su les déchiffrer.
Te crois-tu pour autant meilleur
Si les mystères t'effraient ?

Le ciment du couple réside
Dans ce qu'il vous a caché.
La graine en terre putride
Vous sera arrachée.

Apprends que Dieu commence
Là-même où l'Eglise finit
Son chemin de transhumance
Sur sa face embrunie.





D'UNE FACON OU D'UNE AUTRE !

Pourvu qu'il ne m'en veuille pas
D'avoir connu la clé de la cité
Grâce aux Upanishads du yoga
Et n'en avoir pas profité.

Comment pratiquer avec une serrure
Qui ne soit pas enclin à me la coincer
Pour un morceau de ciel azur
Et une carrure plus élancée.

Pourtant, je ne veux tricher
Même si je dois tomber aux premiers Temps
Pour celle qui m'aura aguiché
Me faisant suppôt de Satan

Puisque son souvenir me hante,
Me fait espérer en un avenir meilleur
Au ministère de l'infamante
Et de son visage rieur.

Comme la fin est proche,
La fausse paix étant rétablie,
La Grand-Oeuvre embroche
Mais me voit démunie.

Le peu que j'ai me sera retiré
Car j'aurais méprisé l'Arcane
Au fil de l'épée, déchiré
Toujours la fonction de l'organe.

Si j'attends, il m'emportera.
Si j'abuse de ses faveurs
Avec tout le fatras
Au palais des horreurs

Avant l'âge requis
De ses dix-huit ans,
Je devrais prendre la maquis
Comme suppôt de Satan.





LA RAISON DEFIGURE

Pécher contre le Père par le Fils,
C'est haïr en sachant qu'on l'aime.
Travaille donc dans la matrice,
Transforme le vieux théorème.

Pécher contre le Fils par le Père,
C'est mentir en disant qu'on l'aime.
Empêche de couler la rivière,
Eloigne toi de Salem,

Des obligés de la science,
Des vendeurs de foire,
Des prêtres du silence,
Des psy qui osent y voir.

Si tu folâtres au vieux réflexe,
C'est le souvenir du lieu ineffable
D'où jaillit Dieu dans ton sexe,
Retirer de tes prunelles, le sable.

C'est le bien qu'il te procure
Qui t'éloigne de lui.
Colle toi à l'encolure
Et prends y appui.

Serre bien les fesses
Au spasme de tes tourments,
Opercule de la Papesse
Entrouvert au flamboiement.

Si tu en réchappes
Dans renverser du vase d'Hermès,
Le nectar de la grappe
Te mènera au grand Mess.

Icare s'y brûla les ailes,
Thésée découvrit la toison.
Persée usa de sa pelle
Et l'ôta de sa prison.





DESCENTE AUX ENFERS

Du divin de l'être
Au ravin de l'avaloir,
Tu finiras paître
Dans les gorges de l'avoir.

Révise tes leçons de voile,
D'éponge et de barrière,
Antifuite des étoiles
D'aujourd'hui et d'hier.

Crois-tu normal ces protections
Bien avant que le germe
Ne fasse son apparition
Pour te mettre un terme.

Tu n'as jamais su réfréner ton désir.
Loin de morceler tes partages,
Tu as rejoint le cramoisir
En touchant au voltage.

Par là où tu as péché,
Tu devras périr.
Si tu te veux lyncher,
Fais-toi mourir.

Crainte de la grossesse
Ou bien du germe,
La racine de l'ânesse
Gît éventrée dans ta ferme.

Habitude liée à la bête,
Confortée par vos médecins
Renverse vos têtes
Au vu du canal ancien :

Celui qui fut créé
A la sortie de l'Eden
De même que l'incréé
Bouché à l'entrée de l'Eden.




ENTRE DEUX EAUX !

A contre-courant du libéralisme,
De la femme et ses triporteurs
Qui dévoilent le schisme
Du secret aux visiteurs.

Si tu t'écartes du centre,
Tu ne pourras tenir
La tête loin du centre,
Le sexe choyé dans l'avenir !

S'il est planté au milieu,
C'est qu'il faut s'y tenir,
Quitter la grise banlieue
De tes mornes souvenirs.

Il est érigé en place forte,
Le point central du cercle.
Il a pouvoir sur les cohortes
Du miel et de la débâcle.

Le talent se fit retrait
Par volonté de sa griffe
Qui est venue se vautrer
Aux âpres contours du récif.

Ode perpétuelle à l'outil de Dieu
Dont moi-même, je me suis exclu.
J'ai foulé en son milieu
Sans en réclamer mon du.

Elles devraient se presser au portillon
Pour que j'en engrosse dix-mille
Qui perpétueront à million
Mes troupes en bord du Nil.

Il vaudrait mieux qu'elle revienne
Et que l'échéance tarde
Pour peu qu'elle se souvienne
Du préféré de ses bardes.




MINISTERE INTEMPOREL DES VESTALES

Un sur mille en tripartie
Rapproche d'un par milliard
Au nombre des repentis
Astreints au brouillard.

Ils travaillent pour Satan
Croyant oeuvrer pour Lui.
Mais ils croupissent à l'étang
Où plongent la tête dans le puits.

Croissez se réfère au plomb
Qui en or doit être changé.
Multipliez en appelle au vignerons
Qui après la semence devront langer.

Vivre dans la société
Te concilie avec l'homme.
Mais au yeux de le divinité,
Tu n'es pas encore Homme.

N'étant ni concilié, ni sacré,
Il me reste à creuser un trou.
Marquez ce lieu à la craie
Pour manifester votre courroux.

S'il t'en a fait ta compagne,
C'était pour une juste cause :
Déplacer la montagne
De son bras auguste

Quand le deux se fait trois
Car un plus un font trois.
La Sainte-Conciliation sera l'uniformité
De la nonne et de la prostituée

A condition que toutes deux
Abandonnent et unissent leurs parties.
Prêtresse du sexe des dieux
Avec à leur tête, Nefertiti.




DEUX TRIANGLES, DEUX LIGNES

Tu seras illuminé pour un temps
Mais sans le Saint-Candélabre,
Le soleil du printemps
Ne peut régénérer l'arbre.

Sois discret de tes visions
Pour garder l'oeil du clairvoyant
Afin que ni le savant ni le brigand
N'investissent ton horizon.

Si elle te montre ses cuisses,
C'est Nahémah qu'elle abrite
Car elle entretient le vice
Pour susciter l'invite.

Si elle joue à l'ingénue
S'offusquant de ta venue,
C'est Lilith que tu abordes
Pour te glisser la corde.

Si elle te paraît animée
De sentiments meilleurs,
Ni chaude ni réprimée,
C'est qu'elle aura un coeur,

Une âme, même peut-être
Selon qu'elle te fera l'amour
A la manière des ancêtres
Ou de la façon des vautours.

Au risque de vous déplaire,
La croix est symbole du lingam-yoni
Comme la réunion des deux contraires,
L'homme et sa compagne dans le nid.

Au risque de vous choquer,
L'étoile de David est symbole de lingam-yoni
Comme la réunion invoquée
De l'homme et son épouse dans le lit.

 



CONTINUER SON TRAIN DE VIE

D'un lointain passé qu'il te reste,
Tu te désoles d'avoir perdu la beauté de ton âme.
Comme tu te dégoûtes, tu adoptes le funeste
De soigner ta lingerie de femme.

Voulant paraître plus belles qu'elles ne sont
Et cacher le coeur glacé qu'elles abritent,
Elles arborent rouge à lèvre et manteau de vison,
Voltigeant leur jupe sous le gîte.

Si encore la nature avait été ingrate
Ou si elles avaient passé d'âge,
Mais derrière le faciès que l'on gratte,
Sont des gamines à la fleur de l'âge.

Ce ne sont pas pour leur beauté du coeur
Qu'on les vénère, qu'on les jette en pâture
Aux fauves attablées comme prédateur
De gazelles affriolantes comme à la torture.

Elles sont désirables par leur toilette,
Mais les-aime-t-on pour elle-même ?
Croyez-vous qu'un jour, elles regrettent
Leur participation volontaire au système.

Ces femmes ont perdu leur dignité.
Elles en sont à se prostituer
En première page des magazines
Près d'un mécano enduit de vaseline.

Elles se plaignent de l'emploi du temps
Alors qu'elles touchent plus de cent mille francs
Pour divulguer une partie de leur charme !
Un jour, verseront-elles même une larme

Pour avoir contribué à la femme objet,
Son instauration et retour en force ?
Liberté de moeurs pour critère exigé,
Pourrais-je montrer mon torse ?




COUPLES ECHANGISTES

Que de symptômes de la décadence
Qu'il me plaît d'énumérer
Sans me mêler à la danse
Où goûter aux saveurs de l'ivraie.

Comme cette cravate nouée,
Symbole de la force noire du dirigeant.
Chemise-cravate-veston appliqué
A suivre le rôle de l'indigent.

La fille de joie séduit un autre cadre
Pour goûter s'il est meilleur que celui d'hier
Avec un soupçon de cannelle et de coriandre
Pour masquer l'épaisse poussière.

Et si tu dormais sans la baiser,
Sans la sauter jusqu'au plafond,
Toujours à vouloir l'atomiser
En vertu de ce que les autres font.

Que ses jambes autour de ton dos
En position assise sur tes cuisses,
Tes bras portés à son dos
Sans jamais qu'il glissent

Et qu'ainsi les membres tendus,
Vous attendiez l'extase
En un seul être confondu
Sur de solides bases.

Si à l'anus ou à la buccale,
Tu proposes ton candélabre,
Tu recherches l'original
Dans les racines du mauvais arbre

Comme en l'Eden, initiée par Samaël,
Eve succomba ainsi qu'Adam
Avec Lilith et Nahémah desquelles
Unions tombèrent au dedans.





DORS EN MASSE

Vas-y, rejoins la masse
Des gens bien et des voyous.
Sors de la manche, tes as
Au lieu de traîner dans le bayou.

Quatre, six, dix, douze,
Seize, quatre-vingt-seize à mille.
Cosmonaute de ton Soyouz
En contrefaçon de vinyle.

Tu connaîtras l'univers et les dieux,
Les gazelles de la savane
Pour un dernier adieu
A l'humanité du crâne.

Bouffe la vie et crève.
Suis ce que tu crois devoir.
Ne te donne aucune trêve
Avant que ne tombe le soir.

Suis les préceptes de maman et papa
A tout va, la jeunesse abandonnée
A des flirts de gel et de cruels ébats
Que d'aucuns contestent l'inné.

Combien d'auréoles jalonnent
Mon parcours ? Que de dépit
A écarter les deux colonnes
Comme Samson à l'ombre tapie.

Ne peux-tu comme la douce Marie
Donner naissance avant l'heure
Aux futurs et glorieux sauveurs
Qui mettront fin à la pénurie,

Extraire le précieux du pourri,
Me concéder l'épouse du mari
Et engendrer des fils impies
Aux croûtes de ce monde décrépit.





CASTES DE FRIC

Ta cravate est le symbole
Par lequel Satan te tient à la gorge,
De verser à l'ouvrier son obole
Et le sacrifier sur ta forge.

Paysans, pêcheurs, ouvriers,
Un même combat désespéré
Sous l'emblème de l'étrier
Dont ils se sont accaparés.

Ils constituent le garde-manger,
La main d'oeuvre des biens portants,
Loin de vouloir en partager,
Ils jouent un rôle important,

Celui de coincer dans la maille
De l'ambition et de la convoitise,
De rassembler mille victuailles
Juste avant qu'on les tétanise.

C'est la course aux études.
Aller au plus loin des capacités d'autrui.
S'estimer charitable et prude
Si l'on en récolte plus tard les fruits.

Ceux du pavé traduits en justice
Pour n'avoir su se surpasser
En des revers frauduleux et factices
Aux petit soin du fils du désaxé.

Ne sois pas fier de ta hargne
Car sur le chemin, ils sont tombés,
Réduits demain à la castagne,
Devant vos ventres bien bombés.

Baisse le front, charogne
Sur les délits de ta suffisance.
Ne condamne pas l'ivrogne
Alors que tu nages dans l'opulence.





LE PAIN ET LE POISSON

Si un capuchon recouvre la croix
Pour se faire ankh devant moi,
Ce n'est pas un voile à mettre,
C'est la rétention de l'être.

Transmutation à l'office
Pour t'épargner le vice
Odeur forte de la vapeur échappée,
L'opercule au fil de l'épée.

Narines goinfrées de prana,
La belle au bois dormant se réveille,
Voluptueuse, elle étire ses bras
Vers son prince de vermeil.

Que de contes vous l'enseignent,
Que de merveilles traduites
Se réfèrent à ton futur règne,
Ton temple en terre cuite !

La caducée dont Allah t'a pourvu,
L'opercule dont Iblis t'a gratifié,
Ce fol manteau de la berlue
Seulement pour l'avoir défié.

Ces gerbes dont tu la dispenses
T'éloignent de ton épanouissement
Mais te rapproche de la potence
Et fausse ton ravissement.

Les marins épuisent le poisson,
Que fais-tu du tien ?
As-tu grillé l'hameçon ?
Ne comprends-tu rien ?

Il était sous le sceau du secret.
Dieu naît dans le sexe.
Garde le nectar sacré
Oublie l'ancien réflexe.





DE MIEUX EN MIEUX !

La religion tue la divinité.
Le temple détruit son trône.
Accepte qu'en toute éternité
Qu'en toi mon coeur résonne.

Si le trône vient au sanctuaire,
Alors tu mourras à toi même.
Ce n'est qu'en goûtant sa chair
Sans renverser une larme de crème.

Comment un être sans âme
Peut-il se réaliser sans femme ?
Si tu avais gardé la trame,
Tu ne vivrais pas ce drame.

Les marchands chassés du temple
Sont les démons qui te hantent.
Il a multiplié les exemples
En décrottant la toile de fiente.

Plus mort que vif, ta défiance
De tes rapports avec ton épouse,
Perverti ton coeur et ta science
Dans les bonnes grâce de l'intruse.

Regarde la donc se déhancher,
Bas noirs investis des cuisses
Sous ses atours plutôt branchés,
Elle braque contre elle son fils.

Femme divorcée au grand coeur,
Elle goûte à la chair de sa chair
Se donnant toute entière
Pour son plus grand bonheur.

Interdit transgressé, tabou levé.
Epouse d'aujourd'hui, mère hier.
Toutes les énergies lovées
Et enfouies dans l'antre de la mère.





ANNIHILATION DES BASSES COUCHES

Ramassées aux sorties des écoles,
Prêtes à tout pour quelques liasses,
Elles se partagent les rôles
Dans l'antre des hommes salaces.

L'amour reporté en marge,
Violentées par les pères de bonne famille,
Elles courent droit au carnage,
Génération vendues de filles.

Faisant vibrer le bas avant 18 ans,
Elles sont promises aux problèmes du sexe
Dés la trentaine pour le mari galant,
Elles se brisent les côtes au silex.

Atomisant leur liqueur avant 21 ans,
Ils se détruisent même avant l'heure
Dans leurs fouillis ombrageant,
Le sexe bien loin du coeur.

Si la liqueur n'est pas versée,
Si le bas de la greluche n'a pas vibré,
L'extase alors peut commencer
Dans la caresse de leur peau marbrée.

Par respect du futur partenaire,
Elles accumulent passes et orgies
Dans un dégoût de l'ordinaire
Pour découvrir des points de névralgie.

Usée dans le corps et les sentiments,
Certaines se rangent pour la sécurité
Prenant de ci, de là un amant
Pour égayer leur reste de vitalité.

L'amour est mort, vive l'amour.
Le sexe est roi, vive le sexe.
Que le germe traverse au pourtour
Du voile par volonté de l'apex.





VIOL DE LA CONTAMINEE !

J'ai honte d'avouer qu'il me plaît
Qu'une telle fin survienne
Pour venger de la pilule et du stérilet,
De l'éponge et du voile contre les graines.

Le souffle gèlera le précipice,
La voix brisera le monticule.
Bien peu de choses, mon fils,
Va sur les chemins de pierre et hurle.

Croulera le temple sacré,
Les cités de verre cendrées,
De vos villas de prestige et gueuletons
Serez chassés à coups de bâtons.

As-tu perdu ta tendresse pour lui ?
N'es-tu que charogne dans ses griffes,
Marmite de terre cuite dans la nuit,
Que ténèbres entre hiéroglyphes.

Vois-tu l'homme sur la colline
Haranguer les foules en attente
De mille trésors en lustre d'opaline,
Il n'est rien qu'il invente.

Qui a su lui rester fidèle
Règne envers et contre tout,
Se construit une citadelle
Contre les coups de grisou.

De terre cuite changée en pierre,
Heureuses les femmes stériles
Si le germe sort de terre
Pour lui dicter un autre péril.

Aucun enfant miné lui succédera.
Le germe par elle finira.
D'aucun n'irait à s'en plaindre
Si personne venait a l'enfreindre.





SUR LES BORDS DU GANGE

Crois-tu qu'on pourra être un jour
Plus proche qu'en cet instant magique ?
Qu'on vibre d'un plus grand amour
Dans l'extase d'une union tantrique ?

Tous les flux d'amour libérés,
En toi et moi, se déchaînent,
Liqueurs transmutées en l'éthéré
Sans que l'on ménage sa peine.

La victoire finale sur le désir.
Le frottement impur détourné
Des saveurs interdites du plaisir
Qui jadis nous ont internés.

Sacrifice suprême qui devance
le moine qui s'abstient de rapports
pour respecter la vieille ordonnance
Qui survint depuis l'aurore.

Si le moine découvre une femme
Après quarante ans de pénitence
Ayant appris à réfréner son lingam,
Tiendra-t-il pour autant ses références.

Quelle vertu a-t-il cultivée loin de la yoni
Lui faudra-t-il revenir en Inde
Suivre les traces des tantra-yogis
Pour aboutir aux trésors de la monade ?

Investi de ma gloire renaissante
Si mon trône rejoint son sacre
Dans la rétention des balles traçantes
Qui revêtent leur habit de nacre.

Se trouver ragaillardi de l'union
Au lieu de concéder son prestige
Dans l'échange des passions
Et des tortures qu'ils s'infligent.





SENSUELLE A L'ABANDON

Superflu, superficiel en apparence.
Oeuvre d'art au rancart.
Errant dans le tunnel de l'ignorance
Accumulant oubli au mitard.

Finance et affaires d'argent sale.
Politique affairé sur la greluche,
S'accapare des tours de cristal
Et remplissent les fermoirs de cruches.

Croupissent les vieux garçons
Dans les salles obscures des granges.
S'activent au milieu des buissons
Les faux fuyants de la fange.

Ne jamais caresser au travers d'habits.
Ne consommer que le nu véritable.
En finir avec tous ces zombies
Et leurs manières épouvantables.

Délimiter l'infranchissable.
Octroyer ma vigueur à la plante.
Gravir l'impérissable
Dans l'échancrure de la fente.

Condamnées à montrer leurs cuisses,
A se dandiner des hanches,
De gestes obscènes et factices
Le long de son tampon étanche.

Mes mains sur ton visage de petite fille.
Retrouver l'essence d'un bel amour
Malgré tes courbes qui frétillent
De mes bras à ton pourtour.

Ne suis pas le modèle des plus âgées.
Ne dévoile rien de ta chair.
Convoiter la félonie des outragées
Et de te donner en jachère.





ENTRE TERRE ET CIEL

Tuer la technique, assommer la Bête.
Désavouer le supporter, le délire de la masse.
Lui briser les membres et défaire sa tête.
Engendrer de partout, la casse.

Montrer ses formes, jupe moulante.
Séduire le garçon trop mignon.
Potins de filles et de galantes.
Dérober aux parents le pognon

Le temps d'une virée à la plage
Ou dans la boîte enfumée du toucher.
Alexandra allongée sur le carrelage,
Un trou béant dans le plancher,

Son amant qui la pleure encore,
Réduit en cendre à ses pieds,
Honoré le rituel du mort
Puis se rincer les mains dans l'évier.

Lumière au sommet de la montagne,
Amour recueilli au flanc de la vallée.
La vie coule du bagne,
Endiguée du courant des contre-allées.

Connaissance livrée au soleil.
Sagesse pour mener au but.
Reconnaissance de l'eau déjà vieille
Dont la chaleur use la pierre brute.

Après la chaleur, la flamme
Et le soleil englouti qui fulmine.
L'homme solaire qui conquiert son âme
Au prix de ses passions qu'il lamine.

La nouvelle outre formée,
Il faut la remplir d'eau jeune.
Sertir le couvercle chromé
Quand la coupe est pleine.




AU DELA DE MOI

Aime-moi pour ce qui t'indiffère.
Retiens ce qui me fait ton semblable
Même si ton mignon que tu préfères
Te fait le plus grand bien sous la table.

A quoi sert-il de brûler sans cesse
Alors que l'union avec la diablesse
Active le champ de la force noire
Dans l'antre du vieux manoir.

Comment se détourner des cuisses ?
Recherche jeune fille mince et propice
A l'étude mystico-gnostico-tantrique
Pour pousser le culte phallique

Sur ses derniers retranchements,
Loin des désirs et des passions,
Des folies et débordements
Propres au siècle des lamentations.

Comment donc céder la religiosité
Aux ébats frénétiques que les inconnus
Se projettent dans leur incapacité
De ne caresser que le nu.

Quelle foi inébranlable
Les emporte aux confins du Gardien
Dans l'ordonnance de l'Adorable
Où se confortent de précieux biens.

Sublime l'instant primordial
Où les deux s'anéantissent
Dans l'absolu subliminal
Qui régente l'abysse.

Garantir l'ultima extasi,
La gloire des suppliciés sur l'autel
Collectant les réservoirs d'ambroisie
Aux douze portes du ciel.




EPAISSIR LA CREME

Du sensuel au bestial,
J'ai peur de faire mal
Mais soif aussi de caresses
D'embrasements et de tendresse.

A étudier les merveilles
Que Dieu a fait ici bas
A l'aide de ses abeilles,
Tu longes les contrebas.

Ce ne sont que divertissements.
Tu en fais des classifications.
Tu dis vivre dangereusement
En réclamant plus que ta ration.

Es-tu plus proche de Dieu à vivre ainsi ?
Toujours aller plus loin, plus haut
Pour découvrir ce qui se déprécie
Loin des trésors du Trés-Haut.

Parcours la Terre en long et en large
Si ça te chante d'amasser des images
Mais ne dit pas t'être trouvé toi-même
Bien que tu fasses ce que tu aimes.

Donne le modèle que je dois suivre
Au lieu de faire n'importe quoi,
De menacer jusqu'à l'équilibre
De la planète des derniers rois.

Ces secrétaires endimanchées, B.C.B.G.
Ne sont que des salopes à baiser.
Je réprouve de me faire avoir,
Qu'elles m'utilisent comme passoire.

Quelle haine, je draine contre vous
Me haïssant encore plus moi-même
Que vos histoires de sous,
De fesses et de chrysanthème.





ENTRE BIEN ET MAL

Somnifères à grignoter.
Bain aromatisé de liberté;
Ouvre toi, amphore du trident.
Ecarte ta chair, libère du sang.

Mijote au court-bouillon
Au rythme des carillons.
Prince galant des tribuns,
Du souffre comme parfum,

Suscite la perte des entrailles,
Le Sauveur de ses ouailles,
Le bitumeur du crachoir fauve,
Le baroudeur des villes alcôves.

Amante déguise son tourment,
Défonce le mur de ses lamentations
Face aux béliers infamants,
Accuse une piètre vocation.

Prestige de glace et verre brisé,
Elle réchauffe ses mains gelées
Et sirote la liqueur anisée
Sur les bords des trophées désolés.

Il t'en garde qu'il te conduise
Dans les tranchées du désespoir
Où les courants du bien s'amenuisent
Face aux mauvais génies des foires.

En des formes et natures diverses,
Ils s'empruntent de guingois
Aussi longtemps qu'il te berce
Du frémissement qu'il t'envoie

Par la culbute des barrières de honte
Qu'il prépare à franchir
Et les nuages pénétrés de fonte
Comme du liège se déchirent.



TOURNEDOS A LA BROCHE

Embroché de ses reins,
Elle songe au mythe ancien.
Agresse la charge étroite
Au toucher de ses mains moites.

Sottise d'un cerveau perturbé,
Hystérie de levrette mature
Aiguisée au coussin flambé
De ses pénibles tortures.

Devoir bousculer son danseur,
Le cajoler aux petits soins.
Les tirades ancrées au coeur
Pour trafiquer dans les coins.

La retenue franchie à divertir.
Dévoreuse de sa progéniture.
Elle ne fait que s'appesantir
De ses terrestres nourritures.

Ne parvint pas à mollir assez
Pour s'y glisser amoureusement.
L'onctueuse qui veut fesser
Le vif de son garnement.

De la chasse du malsain
Crapahuté avec délicatesse
Au redondant de ses seins
Avantageux de prouesses

Combiné au déhanchement.
Se profiler avec dédain
De la croupe à l'effleurement
Au travers de son vagin

Le bécoteur de son échancrure
La fait miroiter de vertige
En lui dressant l'armature
Au moment d'intenses voltiges.





MARCHE A L'OMBRE

Ecoeuré de tes courbettes
A me flatter de rouge bonbon
Tranché de vert paillettes
A la trace du moribond.

Qu'il t'en faut des couches
Pour te faire convenable.
Quand tes seins me touchent,
Je heurte comme un banc de sable.

Ta peau soyeuse a viré
Comme de la chair à mâcher.
Quand tu ôtes ton ciré,
Mon horizon s'en trouve bouché.

Dégage tes piètres envies
De mon champ étoilé.
Si ta soif reste inassouvie,
Tourne toi vers les dépoilés.

Rejoins-les sur le tapin.
Doser tes efforts de plaire.
Devoir jeter le grappin
Sur les peaux à cratères.

Jaser de ses prêteurs
Au marché des culottes baissées.
Vaquer aux sales géniteurs
Qui les font engrosser

Au canal des plus empruntés.
Vaquer aux affaires courantes
Et s'attarder aux encroûtés
Nostalgique de l'an quarante.

Putain aux ouvrages défendus,
Referme tes doigts sur ce cadeau
Fais remise sur tes invendus
Au désirata des quelques badauds.





SE CACHER DU MONDE

Démissionné de mes sauvageonnes,
Je me braque sur l'américaine,
De son accent qui fredonne
Comme la rivière dans la plaine.

Le cadran aux aiguilles recourbées.
La vitre baissée des remords suspendus.
Les déguisements de foire tombés.
Les péchés des charniers défendus.

La fuite devant la peur de vivre.
Le minimum d'espoir tenu.
Les douches frappées de givre.
Les baisers de tes lèvres charnues.

Abîmé de mon coeur emprunté,
Décharné de mon corps avachi,
Entraîné presque à les violenter,
Me réprime de l'impensable gâchis.

Plus coupable que le pire d'entre eux,
Il gravite autour des pierres tombales,
Evite la compagnie des gens heureux,
Se révélant des plus indécrottables.

Sa parole s'accomplit de geste
Assembleurs qui dérangent.
Les broyeurs qui m'infestent
Toujours plus me démangent.

Ces tabous qui me fascinent.
Cette faiblesse du cerveau,
Cette hargne de lapine
A se verser du pavot.

Eau croupie et dégoulinante.
Brume tailladée au mâchefer.
Attribué aux affaires gênantes,
Il me manque les somnifères.



RETOURNER L'ARME CONTRE SOI


Ce qui te fait tenir :
Un café bien malgré tout,
Les cigarettes à jaunir,
La compagnie de ton gros matou.

Ce qui t'appauvrit :
De convoiter tous les coeurs,
De gambader comme un cabris.
Combler le trou du moissonneur.

Factice gourdin à tremper.
Que les filles sont sales
De se faire détremper
Dans leurs grottes abyssales.

Et voilà que tout s'arrête,
Que jamais plus sera identique
Notre amour de mille facettes
Se sclérosant au large portique.

Ma piteuse vie, t'ai-je dit
De l'écourter de si vilaine façon ?
Allons, ne t'avais-je pas prédit
De combler un autre tronçon ?

Oeuvre parfaite de criminel
Détourné de sa passion brutale
Qu'il retourne contre l'Eternel
A friser son suicide fatal.

Te cribler de pruneaux le bas ventre
Pour ravir ta folie conquérante
A m'éloigner loin du centre
De tes envies pieuses et dégradantes.

Haineuse de mon revers frauduleux,
S'acquitte d'usages sur mesure
Pour jouir de son crapuleux
Malgré le fripé de son embouture.





GERBES D'ETINCELLES

Les obus rongés de désespoir
Se crachent sur ta figure
Pour que tu te laisses échoir
De ta nuque jusqu'à l'encolure.

Le sordide s'arme de courage
En contemplant ta plantureuse.
Il se détourne des paysages
Que lui sculpte son amoureuse.

Son corps n'a plus sa vigueur
Elle affiche ses prétentions
Comme une chatte en chaleur,
Le cul marqué de contusions.

Mais si je ne veux rien,
Qu'ai-je à y faire encore ?
Même si tu le voudrais bien,
Je refuse de si vite éclore.

Je jubile des catastrophes naturelles.
J'applaudis au massacre engorgé
De baiser la jouvencelle
Devant ma mine d'enragé.

Que les filles sont sales
A pisser le sang chaud
Que les femmes sont vénales
Quand il s'agit de tirer les grelots.

D'une perle dorée, le poète s'enfile
De trousser la gueuse païenne
En dédoigtant sa nubile
Pour en craquer l'hymen.

La farce écoulée sur la jute
Transperce les mailles heurtées.
Aiguise toi à la pierre du rut.
Réfugie-toi à l'ombre de ma clarté.

 
 
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