Faut-il déserter la société de
consommation, les salles de cinéma, les concerts,
l’opéra, les restaurants, les fast-food,
les parcs d’attractions, les magasins de vêtements
(oui mesdames), les voyages, les croisières,
les parcs animaliers, les stations de ski, les rencontres
sportives, les salons de massage, les thermes, les musées,
les châteaux, les expositions, les défilés
de haute couture, les marchés des brocanteurs
? Se refuser les menus plaisirs du genre CD, DVD, vidéo,
chaînes optionnelles, à péage malgré
l’envie de regarder les rencontres de hockey !
Doit-on sauvegarder nos esprits des occupations vaines
qu’ils se plaisent à inventer pour nous
occuper et nous tenir tranquille ?
Vous abstiendrez-vous pareillement d'acheter des fringues
de marque, des chaussures Addidas ou Nike, des parfums
et toilettes de Chanel ou Calvin Klein, des costumes
de Saint Laurent ou Hechter, des chemises de Lacoste,
des colifichets, bibelots, souvenirs de voyage, ou des
ouvrages de cette soi-disant belle littérature,
les classiques, les romans débiles, les livres
polémiques sur des sujets sans importance, des
magazines people, des sucettes à cancer (cigarettes),
des filtres d’inconscience (drogues, tranquillisants
et alcools), des bouillons de merde (café et
thé) ?
Et peu importe qu’on te traite de ringard, le
ringard n’est pas celui qu’on croit ! Tu
n’es qu’un pion quand tu te donnes en pâture
à la Bête (de consommation). Souviens-toi
de la chanson de Dany Brillant, Toi et Moi, ils ont
besoin de nous... Retourne à l’essentiel.
Retrouve tes liens avec la Mère Nature. Laisse
tomber ta sortie en boîte avec tes copines, ta
tournée des bars et cie... Ah mais, si tu ne
sors plus dans ces endroits branchés, comment
feras-tu pour trouver un partenaire !? Iras-tu garnir
les poches des directeurs d’agences de rencontre
? Préfèreras-tu te précipiter sur
les serveurs d'IRC, peut-être serait-ce un moindre
mal, ainsi aurais-tu la chance de rencontrer un homme
de ma qualité, jugé inapte par la société,
imbu de lui-même, prêt a faire de toi son
égérie, qu’il te faudra secouer
pour rendre meilleur s’il est capable encore de
changer, hé bien, qu’y a-t-il donc, pourquoi
tu piétines de rage ? Tu souhaitais rencontrer
un homme parfait qui puisse t’entretenir, te sécuriser,
élever tes enfants, te rendre heureuse ! Ha mais,
c’est qu’il aurait fallu frapper à
une autre porte, ici ne se trouve qu’un obsédé
du sexe qui veut seulement t’ajouter à
son tableau de chasse, tu n’es pour lui rien d’autre
qu’une proie de passage et quand il baisera avec
toi, il pensera à sa chère et tendre,
la seule qu’il aurait su aimer !
Mon refus de consommer a fait de moi un être
solitaire et casanier. Si j’ai choisi ce mode
de vie, c’est par peur de perdre conscience, de
me laisser porter sans savoir où je vais et qui
j’étais. Est-il préférable
de se bourrer de Tégrétol et de Prozac
pour supporter le stress inhérent à l’activité
professionnelle, pour chasser les pensées abrasives
et devenir un mort vivant qui ne se pose plus de question
et fait son travail sans réfléchir !?
Encore que c’est peut-être ma croyance indéfectible
en l’astrologie qui me fait suivre le rythme du
soleil, plein d’énergie au printemps et
en été, patraque en automne et affaibli
en hiver ? Si on est dégagé des responsabilités
familiales, ne vaut-il pas mieux se retrouver au chômage,
au RMI et finalement se voir être jeté
à la rue que de se bourrer de stabilisateurs
de l’humeur, somnifères, tranquillisants
et antidépresseurs ?
Mais me direz-vous, ce n’est pas avec des personnes
de mon acabit que la consommation repartira et que les
jeunes seront plus épanouis. Je vous répondrai
alors que l’offre n’a qu’à
s’épurer. Si les gens faisaient l’effort
nécessaire pour se détourner des produits
superflus, ils auraient davantage de temps pour réfléchir
à leur relation avec leur dieu, pour réfléchir
aux choses de la vie, pour acquérir de nouvelles
connaissances, jeter un coup d’oeil dans les livres
de spiritualité dont les bibliothèques
regorgent. L’argent qu’ils économiseraient
sur leur salaire pourrait servir à des fins plus
utiles telles que la santé, la recherche, l’humanitaire,
la protection des peuples et des animaux, etc... La
baisse de consommation induite aggraverait la crise
financière entraînant des dépôts
de bilan d’entreprises et d’importantes
suppressions d’emploi. Plus le nombre d’exclus
augmentera et plus les politologues, économistes
et sociologues occidentaux devront s’atteler à
réfléchir à la refondation d’une
société nouvelle où il ferait bon
vivre pour tous, où l’argent ne serait
plus le nerf de la guerre où la loi du marché
ne serait plus de mise, où la spéculation
serait abandonnée. Et même, si ces refondateurs
échouaient et baissaient les bras, que la situation
devienne aussi catastrophique qu’en Russie ou
au Philippines, on ferait une nouvelle révolution
encore que nous sommes tellement englués d’immobilisme
et d’individualisme qu’il nous faudrait
beaucoup de désagréments pour nous faire
bouger le petit doigt.
Combien y a-t-il de gens pressés, avides de
goûter au plus vite à l’avant-première,
qui se précipitent toute affaire cessante pour
acheter le dernier disque d’un tel ou qui sont
tout fiers d’être allés voir Le Titanic
plus de quatre fois !? Veulent-ils trouver matière
à discussion avec leurs proches ? Ces autres
qui achètent des maillots de l’équipe
de France sous prétexte qu’elle a gagné
la coupe du Monde de Football. Ils me font penser à
des moutons. Conscience de groupe sûrement!
Au lieu de céder à la tentation d’un
achat, choisissez d’attendre un peu et votre plaisir
sera décuplé. Puis attendez encore. Il
se peut qu’au bout de quelques jours ou quelques
semaines, vous n'en ayez plus souvenir ou l’envie
! Les biens, ça étouffe à force
de les accumuler. Moi-même, j’ai attendu
plus d’un an et demi pour acheter au tiers de
son prix un jeu vidéo de hockey qui me faisait
envie. Bientôt, j’achèterai un jeu
de rallye de voiture sur lequel je lorgne depuis que
je sais qu’il va passer en platinium, réduction
pour les jeux vidéo classiques. Comme c’est
agréable de se dire qu’on a fait preuve
de patience, qu’on ne s’est pas précipité.
C’est la même chose pour tout, les CD usagers
et les livres d’occasion.
Dans le fascicule 84 d’Urantia, Le mariage et
la vie familiale, chapitre 8 - les dangers de la jouissance
égoïste, on peut lire : « Bien que
les satisfactions alimentaires, les jeux, et l’humour,
ainsi que les rapports sexuels périodiques, soient
des moyens de jouissance égoïste, il n’en
reste pas moins que l’évolution des moeurs
n’a pas réussi à bâtir une
institution distincte pour les plaisirs égoïstes.
A cause de cet échec dans la mise au point de
techniques spécialisées pour des jouissances
agréables, toutes les institutions humaines sont
complètement imprégnées de cette
recherche du plaisir. L’accumulation des biens
devient un instrument pour accroître toutes les
formes de jouissance égoïste, tandis que
l’on se borne souvent à considérer
le mariage comme un moyen d’obtenir un plaisir.
Le temps excessif consacré aux plaisirs, la manie
largement répandue de s’y adonner, constituent
maintenant la plus grande menace qui ait jamais été
dirigée contre le foyer, institution évolutionnaire
sociale de la vie de famille. [...] Que les hommes se
réjouissent ; que la race humaine trouve du plaisir
de mille et une manières ; que l’humanité
évolutionnaire explore toutes les formes légitimes
de satisfaction égoïste, les fruits de la
longue lutte biologique pour s’élever.
Mais faites bien attention au but de la destinée
! Les plaisirs sont véritablement des suicides
s’ils parviennent à détruire la
propriété, qui est devenue l’institution
permettant aux personnes de s’entretenir. ».
Baiser une consommatrice, bah, une femme qui après
s’être offerte à mes caresses, se
précipiterait sur la porte de son congél’
pour se régaler d’une part de vacherin,
s’installerait dans le canapé pour regarder
le dernier film de Bruce Willis. Qui le film terminé,
se passerait une pression de Chanel N°5 dans le
cou et une seconde dans le creux de ses reins, enfilerait
sa robe, prendrait les clés de sa voiture en
me suppliant de l’accompagner au centre commercial.
La regarder au volant de sa voiture, nerveuse et fière,
s’imaginant telle Krishna conduire le char d’Arjuna.
Ses yeux que je verrais pétiller devant les vitrines
alléchantes de vêtements, de bijoux et
de parfums, telle une chienne qui bave devant son os
! Combien de temps pouvoir rester avec une telle femme,
omnibulée par le monde de strass et de paillettes,
occupée à ses minauderies dans les bars
et les boîtes de nuit, la démarche allègre
et provocante travaillée devant le miroir et
resservie telle quelle dans la rue et sur la plage,
ayant pour seule pensée de continuer à
gagner de l’argent pour s’acheter ce qui
lui plaît !
Un être désargenté s’invente-t-il
une philosophie de réclusion, de non-consommation
à seule fin de se satisfaire de sa vie misérable
où les distractions onéreuses et futiles
ne lui sont plus permises ? Craint-il plutôt d’avoir
dans son existence post-mortem à souffrir de
la perte des activités temporelles auxquelles
il se serait abandonné sur terre, trouvant en
elle son unique bonheur et sa seule joie de vivre ?
Et dans cette optique pour être juste, faut-il
qu’il arrête la branlette !