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HISTOIRES D'AMOUR
 
 

Apothéose



[scène omise] Je meurs d’asphyxie quand un monde enchanteur m’apparaît en lieu et place. Comment pouvait-on faire une telle erreur, envoyer le pire des hommes au ciel ? Je croise une entité au visage translucide, légèrement bleue argentée, encapuchonnée dans une longue cape noire qui ne laisse pas même voir ses pieds. Elle me sourit et je me sens fondre. Je pense machinalement à Antéa, mais l’entité ne se transforme aucunement. Je la regarde s’éloigner sans chercher à la retenir et elle disparaît au tournant d’un chemin. Autour de moi, il y a sept palais disposés ça et là au milieu de la végétation luxuriante. Des rivières serpentent tout autour avec des ponts tous plus mignons les uns que les autres.

J’avance jusqu’au palais dont la porte semble briller par elle-même. Je pousse sur le montant droit me protégeant de l’éblouissement avec le bras gauche porté contre le front. Je me faufile à l’intérieur et heureusement l’arrière-cour est moins étincelante et plus avenante à tel point que je m’étends dans le gazon fraîchement coupé auprès du parterre central d’orchidées et d'hibiscus qui tapissent les racines d’un énorme baobab. J’hume avec délectation les essences rares des fleurs ornementales. Puis me reviennent mes sempiternels fantasmes de dépucelage de Danaé et mes envies de concrétiser avec Antéa et les femmes du monde et tel un dieu, j’en ris à faire trembler les montagnes bleues environnantes ! Ils ne m’auront pas conduit en enfer, m’entends-je répéter ! Mais une voix d’hôtesse d’aéroport semblant venir de l’intérieur même du palais me sort de mes pensées. Déjà sur terre, j’étais suspendu aux lèvres de ces femmes à la voix si sensuelle et mélodieuse, un brin coquine et enfantine qui semble s’adresser à nous individuellement. Elle commence à réciter le programme qu’elle m’avait préparé :
« Vile homoncule civilisé, va rejoindre ces femmes sauvages, ces amérindiennes, ces vahinés qui aiment à se prêter à ton regard pervers dans le palais aux mille cascades. ».
C’était une vallée entière qui avait été transformée en palais. Elles se baignent sous une des mille et une cascade à peine vêtues de peaux de cuir délavées. Elles ont chacune un visage taquin et des seins parfois allongés qui leur tombent jusqu’au ventre. Me voyant au dessus tel un géant, elles s'esclaffent d'un délicieux rire en cascade et continuent à s’ébattre à la surface. Pour me provoquer plus encore, elles retournent sur la berge et ainsi en sortant de l’eau, je vois leurs belles jambes fines et leurs cuisses musclées que j’ai toujours rêvé d’arpenter. Malgré mon envie de les rejoindre, je détourne les yeux bien que j’entende toujours leurs éclats de rire qui résonnent encore.
« Vieux sadique, applique tes sévices sur cette beauté consentante qu'on t'a préparée dans le palais des tortures. »
La femme est attachée à une grille, bras et jambes jointes, avec les membres entravés par des chaînes qui se perdent dans des poulies de tailles impressionnantes à moitié dissimulées dans l’obscurité à cause de la faible lueur des chandeliers de jade. Devant, à sa gauche, il y a une table nappée de soie rouge sur laquelle sont disposés entre les deux chandeliers : une cravache, un fouet, un martinet, de fins couteaux à la lame finement aiguisée pour lui faire gicler le sang. Elle tire sur ses chaînes de toutes ses forces et la chute de ses reins est irrésistible, le rebondi de ses fesses me donne envie de mordre dedans et de lui enfoncer la cravache au milieu. Pourtant, d’un geste du bras, un brin dédaigneux, je tire sur la grille et celle-ci, montée sur des gonds, pivote et me la fait apparaître de face, les seins engoncés entre les barreaux. Ses mamelons sont percés par des anneaux. Je prends un anneau dans chaque main et décris des cercles concentriques. Elle accompagne mes mouvements coordonnés en bombant la poitrine. Mais soudain, l’image perd de sa netteté et l’écho du choc des grilles dissipe les derniers contours.
« Violeur en pensée, attrape si tu peux la femelle qui déambule dans les couloirs sombres du palais des outrages. »
Elle hurle, elle a les cheveux défaits, les vêtements déchirés en partie, l’un des bas filé de haut en bas, elle se retourne sans cesse en arrière, jetant des regards affolés dans sa course, effrayée de me voir me rapprocher d'elle. Et enfin, ma main s'abat sur son épaule et elle flanche parterre à la renverse, sa poitrine à moitié sortie de son chemisier. Dans un dernier effort, elle rampe sur les coudes et les fesses, me montrant malgré elle ses dessous affriolants. Elle est terrorisée que je veuille me porter sur elle. Je tiens enfin ma revanche sur les femmes inaccessibles et cruelles et pourtant je souffle sur l’image et elle se cristallise et tombe en poussière d’ange.
« Détritus adultérin, retourne à tes origines dans le palais du déshonneur. Ta vue se brouille-t-elle devant ces femmes mûres au visage malicieux et taquin, à la moue ravageuse, au corps merveilleusement sculpté par les années ? »
Les unes m’attendent cambrées, les mamelons comme des points d’appui où je me vois m’enfoncer comme dans des coussins. Les autres sont alanguies sur des couches de soie avec pour tout vêtement des franges colorées qui décorent leurs cuisses.
« Elles veulent te révéler leur fraîcheur oubliée, rattraper le temps perdu, retrouver leur vitalité d’avant. » reprend-elle. Elles sont somptueuses mais la moue boudeuse et ravageuse de l’une d’elle et la chevelure ondulée et le regard ravageur d’une femme fatale sortent largement du lot. Soudain, les autres m’apparaissent en ogresses et cela chasse mes derniers doutes. Je n’ai aucune envie d’être dévoré par une femme expérimentée. Je préfère m’étendre auprès de jeunes femmes à la peau douce et délicate, me faire prendre par la beauté de leur jeunesse illusoire et temporelle. Les ogresses passent au miroir déformant et leurs formes se disloquent dans une nuée qui s’évapore.
« Abject masturbateur, use jusqu’au bout de ton ustensile dans cette vision du palais des nues. Délecte-toi de ces jeunes femmes qui s’apprêtent à être montées, qui jouent des fesses et se tiennent en position d’attente. »
Elles sont toutes plus charmantes les unes que les autres, les unes déjà montées, profilées dans le sens du mouvement imprimé par un rotor puissant, les autres me regardant avec convoitise sous des poses toutes plus suggestives les unes que les autres. C’est tentant mais qu’ont-elles d’autre que la beauté et la jeunesse ? À peine le soupçon passager d’un désir pour moi qu’il s’évanouirait pour un autre ! Et je n’ai de sentiment pour aucune d’elles. Que représentent-elles à mes yeux ? Que des machines à baiser! Elles s’en trouvèrent pétrifiée comme si elles avaient brutalement perdu l’âme qui les animait. Ainsi réduites à l’état de mannequin de cire, elles fondirent dans une masse informe qui m’en dégoûtât.
« Lâche suicidaire, jette-toi dans la géhenne, souffre jusqu’à la fin des temps des morsures de la passion, les flammes brûlent d’impatience de te dévorer. »
Elles avaient toujours ces formes féminines toutes à l’identique, suivant une même chorégraphie. Elles me tendent les bras pour m’apporter la délivrance, l’extinction des désirs, de ma conscience torturée mise à trépas. Mais je souhaite précédemment connaître le reste du programme !
« Dépuceleur invétéré, avance dans la neige jusqu'au palais des glaces. Danaé t’appelle, écoute son chant, elle attend que tu viennes la rejoindre. »
Quand j’entre dans la salle de bain carrelée, Danaé sort toute nue de la baignoire au robinet doré, tendant le bras pour me prendre la serviette des mains. Je reste immobile quand surprenant mon regard sur elle, elle laisse échapper la serviette qu’elle frottait entre ses cuisses. Alors me vient l'idée de la culbuter sur la table en renversant tous les produits de beauté. C’est bien difficile de tenir sans bouger devant elle, devant l’hymne au désir. Elle ramène ses mains contre elle pour épanouir ses seins de caresses circulaires en me fixant du regard. Elle me dit qu’elle aime que je la regarde. Elle fait partir voluptueusement sa jambe en l’air en faisant pression sur ma cuisse avec son plat du pied et me palpe les muscles. Finalement, elle le pose sur le lavabo m’interdisant toute retraite. Je surprends ma main qui se poser sur son genou ainsi offert. Je la vois remonter sur sa cuisse magnifique pendant qu’elle grimpe ses fesses sur la table faisant tomber ses crèmes, ses baumes et ses étuis de rouge à lèvres dans un tintamarre fracassant. Et sa main qui vient encore m’agripper l’autre bras pour me projeter contre elle, mes lèvres qui courent dans son cou au parfum si enivrant, ses mains qui viennent à ma taille, puis ses doigts défont mon ceinturon, ouvrent les boutons et baissent pantalon et slip à la fois et je me vois lancer mon genou sur la table, présentant mon engin érigé au-dessus de son jardin fleuri. Son étreinte forcenée qui m’oblige à me coucher sur elle et juste me reprendre au dernier moment juste avant l’entrée fatale. Non, je ne suis pas encore libéré d’elle mais j’ai trop connu d’elle pour aller une nouvelle fois jusqu’au bout. Ses feuilles déjà empruntées n’ont plus rien de merveilleux. Je me retire de ses jambes écartées lui jetant son paréo sur le ventre et qu’elle attrape avant qu’il ne tombe de ses cuisses. Elle se relève, le noue délicatement autour de sa taille sans me quitter du regard laissant ses seins à l’air. Je sors enfin victorieux du challenge, le désir retombé.
« Pauvre amoureux éconduit qui te morfond dans le palais des amours, sauras-tu reconnaître ton aimée farouche ? » Mon regard est attiré par une arche qui baigne dans la pénombre à l’intérieur du palais. Là, je vois la silhouette élancée d’Antéa qui m’appelle au téléphone comme au temps passé. Je n’ai plus que quelques enjambées à faire, un escalier à monter pour la retrouver et la serrer dans mes bras pour ne plus jamais la quitter.

Mais soudain, les images précédentes que j’avais cru avoir chassées de mon esprit reviennent avec plus d’intensité et se mettent à tourner les unes à la suite des autres autour de moi comme trente-six chandelles me cachant la vue. Ma vision panoramique me permet de bloquer la ronde des images. Ensuite, je parviens à stopper le défilement tout en créant une brèche au milieu d’elles pour revoir Antéa qui commence légèrement à se détacher de la pénombre. Mais je suis très ennuyé, cerné que je suis par les images aux contours flous. Puis, je me rends compte que j’aime me sentir exister, que je n’ais plus cette soif de me consumer lentement dans la géhenne, l’image correspondante se dissipe et me permit de goûter de nouveau aux charmes d’un coin de la vallée. Je vois quelques banians magnifiques, laissant pleuvoir leurs feuilles au-dessus de l’eau, un palais majestueux au dôme recouvert d’or sur un fond de collines bleues, auréolés de la géhenne rougeoyante, percée de milliers de silhouettes d’Antéa.

Ensuite, les femmes sauvages s’amoncèlent en une pyramide de membres informes faite de chair et d’os comme une compression de César, la femme offerte en sacrifice érige son cul sur la pointe et se fait empaler, L’autre aux bas filés me cache son visage en mettant la pyramide sanguinolente et creuse sur la tête, les femmes mûres aux moues ravageuses et aux déhanchements impressionnants, frappent à coups de gongs sur la pyramide et tous les membres en sont extirpés et se répandent partout jusqu’à les recouvrir telle une coulée volcanique dans laquelle sont prises également les poupées de cire qui s’étaient levées pour m’entourer. Et cette mélasse informe s’éclipse enfin dans la terre palpitante. Il me reste à ma droite Danaé, cuisses écartées, le monticule en friche et à ma gauche, Antéa ! Dépucelage précipité ou amoureux éconduit auprès de ma belle ! Palais des glaces ou palais des amours, je pouvais encore choisir ! Jeune femme inexpérimentée et avenante ou amante nymphomane inaccessible et fabuleuse, Danaé ou Antéa ? Encore prisonnier de mes vertes chimères ! Et malgré toute l’affection que j’ai pour elle, c’est l’image de Danaé qui s’éclipse. Il n’y a aucun amour derrière son dépucelage tardif.

Il ne me reste donc plus que la silhouette d’Antéa à regarder sortir de la pénombre. Pourtant, je sens au plus profond de moi que je n’ai même plus envie d’elle. Non, parvenu à ce stade, plus aucune femme ne mérite mon attention. Au même moment, elle se révèle en pleine lumière. Je vois alors que ce n’est pas Antéa, mais une autre de ces belles dames pareilles à celle que j’avais précédemment croisée quand j’avais émergé dans ce monde enchanteur. En descendant de l’escalier de marbre, elle s’extirpe de sa cape et je vois son corps nu comme une immense cellule cytoplasmique et gélatineuse aux reflets brillants et aux traits soulignés du plus pur argent. Devant l’effet produit, ma tête se met à tourner et je perds l’équilibre et retombe la tête la première dans les fleurs ornementales. A partir du pied de l’escalier, elle s’avance vers moi majestueusement en me dévisageant comme jamais aucune femme n’a osé le faire, mais au lieu de me dépasser, elle s’arrête et s’agenouilla devant moi, me sourit, me tend sa main et me parle dans mon esprit :
« Gémani, je t'attends depuis si longtemps, viens à moi ! Allons-nous en d'ici maintenant que tu t’es retrouvé. »
Comme elle est délicieuse, c’était bien sa voix que j’avais entendue me tenter tout à l’heure. Mais si je me contentais de la contempler, je lui ferais mauvaise impression. Il ne faut pas que je paraisse subjugué devant elle. Je dois me dépêcher de trouver les mots pour lui répondre intelligemment avant qu’elle ne se lasse de moi. Ne l’avais-je déjà pas déçue par ma lenteur d'esprit ? Et toujours n’avoir rien à dire perdu que je suis dans les tracés de ses points d’argent sur son visage translucide, se trouver l’esprit vide de tout mot ! Saisir au vol la première réponse qui me vient même si elle n’est pas la répartie magistrale qu’il faut devant la promesse qu’elle me fait de son corps.
« Où peut-on fuir ? » réponds-je d’un air dépité, faisant semblant de ne pas remarquer la main qu’elle m’offre et qu’elle retire de dépit. Je me perds dans la coupole infranchissable qui recouvre les montagnes et j’imagine que peut-être, elle veut me prendre dans ses bras, s’envoler et m’offrir en sacrifice aux flammes de la géhenne, aux milliers d’Antéa.
« Non lui dis-je, je ne veux plus aller nulle part, aucun de ces palais m’attire, pas même celui-ci où je me trouve. Et peu m’importe de retrouver Antéa et de passer l’éternité avec elle, aussi peu m’importe de dépuceler une jeune femme comme Danaé qui attendrait tout de moi.
- Refuserai-tu d’aller là-même où ton coeur cherche à te conduire depuis l’origine des temps ! N’as-tu donc jamais ressenti cet appel ?
- Je ne souhaite que me reposer, je ne veux plus voir d’image.
- Je te sais depuis peu exempt du moindre désir. En toi, je ne vois plus aucune attente, plus de regret, plus d’espoir, plus un souvenir, plus de quête de plénitude amoureuse, plus d’envie sexuelle, seulement la soif de Lui que je sens grandir en toi. Il attend depuis si longtemps que tu te souviennes de Lui, que tu reviennes à Lui !
- Ô non, je n’en suis pas digne. Je ne vaux rien. Je n’ai pas fait assez d’effort sur terre, j'y ai fait trop de mal et pas assez de bien, je n’ai pensé qu’à moi en jouant à l’éternel indifférent, je ne mérite pas de Le retrouver, je ne L’ai jamais cherché véritablement. J'ai jamais prié. J'ai commis tant de péchés dont je ne me suis jamais repenti ! Mon nom ne doit pas figurer dans le Livre.
- Crois-tu qu’Il n’accepte que les êtres parfaits ? Crois-tu même qu’il demande un repentir ! Il demande seulement qu’on cherche à voir un peu plus loin et n’est-ce pas ce que tu as fait de toute ton âme ! Ce sont ceux qui travaillent sans relâche, qui élèvent leurs enfants et ne pensent plus à Lui qui l’attristent et même s’il n’a aucun besoin qu’on pense à lui. Comment l’homme peut-il ainsi consacrer si peu de temps à son âme ? Et même le religieux qui Lui consacre sa vie n’est pas toujours sauvé par l’expression de sa foi. Nombre d’entre eux se sont cachés dans les monastères de peur de se confronter au monde et aux tentations de l’autre sexe. Ils auraient mieux fait de partir sur les routes annoncer la bonne nouvelle !
- Laquelle ?
- Qu’Il vous aime et attend votre retour ! Quand ces soi-disant consacrés s’élèvent dans les hauteurs, ils ne vont que sur le plan de conscience correspondant à leur image du paradis. Ils sont nombreux comme toi à se détourner de Lui pour goûter aux fastes de palais qu’ils avaient imaginés. D’autres viennent s’asseoir autour d’un trône virtuel aux places qu’ils pensent avoir méritées en récompense des sacrifices qu’ils ont consentis. Il y en a qui se laissent flotter dans les nuées et se mettent à chanter en choeur au milieu des anges. Je ne te parle pas de ceux qui se font éclore dans un néant préfabriqué qui est leur image du nirvana. Ils sont peu nombreux à dépasser les formes illusoires de leur image mentale du paradis.
- Et celui où je me trouve ?
- Tu l’as créée toi-même jusque dans ses moindres détails !
- Mais en arrivant tout à l’heure quand j’ai rencontré une de vos soeurs toute encapuchonnée dans cette longue cape noire qui traînait sur le sol, je me suis concentré sur son visage en pensant à Antéa mais ses traits n’ont pas changé.
- Ce n’était pas ma soeur, c’est moi que tu as vu tout à l’heure ! Il n’y a que toi et moi qui sommes réels ici. Dans les palais, tu n’as trouvé que les formes-pensées que tu as accumulées tout au long de tes fantasmes.
- Mais qui es-tu pour avoir une existence propre ? Es-tu Son messager ?
- Ne raisonne pas par le mental, il a assez travaillé ta vie durant. Ouvre ton coeur et laisse-le te guider et tu découvriras qui je suis et qui tu es.
- Explique-moi ce que j’aurais dû entreprendre pour me libérer de mes fantasmes ? Aurais-je dû prier pour m’en défaire ?
- En les mettant en pleine lumière, en les décortiquant, en allant jusqu’au bout de ta perversion par ta pensée, tu en as trouvé la terminaison. Ce n’est pas en masquant les fantasmes sous de bons auspices, sous un visage avenant et serein pour donner une bonne image de soi-même aux autres qu’on peut les réduire à néant. En voulant les cacher à soi-même, on ne fait que les rendre plus fort, on ne contrôle plus alors leur émergence tandis qu’en les sondant avec le recul nécessaire, ils perdent petit à petit de leur vitalité. Tu as appris à te voir avec compassion, à cesser de te juger. C’est ainsi que tu as su te protéger du passage à l’acte. Seulement, tu t’en es tant imprégné qu’ils t’ont empêché de vivre. Mais de l’autre côte, tu les as tant éclairé que tu t’es préservé d’en faire l’expérience.
Mais malheureusement, tu n’as pas connu les joies de l’amour partagé. La bulle dans laquelle ils t’ont maintenu, t’a empêché de vivre la relation harmonieuse avec la femme qui t’était destinée.
- Qui était-elle ?
- Elle était comme tu la désirais, une petite blonde coquine aux mèches décolorées, au beau viasage et au large fessier.
- Houa ! Elle vivait dans ma ville ?
- Oui, tu n’aurais pas eu à faire le tour de monde pour la trouver, tu l’as même croisée plusieurs fois. Tu lui as plu aussi mais elle te sentait refermé sur toi-même alors elle n’est pas venue vers toi et s’est trompée de compagnon.
- Je regrette de n’être pas allé vers elle, mais au moins, n’ai-je pas eu d’agissements coupables si ce n’est mes pensées qui ont peut-être contaminé Antéa et Danaé !
- Tu les as bouleversées toutes les deux. Antéa t’a même rejeté parce que tu la dégoûtais par tes fantasmes. Ne t’inquiètes pas, il y a des remises en causes nécessaires et vos échanges lui ont été profitables. Aujourd’hui, elle est une femme équilibrée, elle est heureuse en amour, elle a réussi professionnellement. Si elle n’avait pas connu ta déchéance, elle n’aurait jamais su dans quel travers sa paresse risquait de la plonger.
- En quelque sorte, je lui ai montré le chemin !
- Mais à quel prix ! Ceux qui échappent aux fantasmes n’ont pas à passer comme toi par les images-pensées qu’ils ont entretenues même s’ils peuvent avoir des souvenirs qui les ancrent à la Terre et font qu’ils choisissent d’y retourner plutôt que de s’élancer vers Lui.
- Suffit-il d’avoir la foi pour Le retrouver ?
- Oui, c’est ce qui ne s’explique pas, les enfants l’obtiennent très tôt mais la perde en grandissant et doivent passer par un apprentissage douloureux de la vie pour la retrouver. Étrange graine qui est présente, se cache et réapparaît et qui pourrit chez d’autres. Quand elle germe, l’homme va directement à Lui, il peut même y parvenir de son vivant. Pourquoi attendre la mort ? Par le Christ rayonnant en soi, on peut rendre son corps immortel et rejoindre l’administration divine ! Ainsi débarrassé de tout ce qui l’encombrait, l’homme recouvre sa divinité perdue. Seulement, c’est beaucoup plus difficile de le faire après la mort. Sur la Terre, on a encore le choix entre rejeter ses fantasmes, les laisser passer et lâcher prise, les décortiquer ou passer à l’acte, mais dans son paradis personnel, on est sous leurs dominations pour le choix ultime.
- Montre-moi les paradis personnels où les âmes s’évertuent à exister ?
- Je te croyais libéré de ces chimères. D’ailleurs il t'est interdit de pénétrer dans les fantasmes élaborés par autrui. Tu pourrais y succomber et pénétrer dans une expérience alternative. C'est à cela vois-tu que sert la grande coupole étincelante qui représente des milliers d’Antéa qui te tendent les bras. Après la transfiguration, tu détiendras le pouvoir de la traverser. Ce halo bleuté presque transparent dans lequel surnagent les particules d’argent est l’habit de lumière, signe de ma transfiguration.
- Je deviendrai pareil à toi ?
- Si tu acceptes d’être la lumière du monde !
- Et j’aurai la vie éternelle ?
- Tant que tu ne refermeras pas tes rayons sur toi-même, tu existeras ! J’ai moi-même un âge canonique, j’ai fait partie des premières, j’attendais impatiemment...
- Alors, tu as dû voir des milliers de projections personnelles comme ici-même ?
- Pourquoi leur existence te passionne-t-elle autant ?
- Je trouve que la vision qu’on nous donne de la réalisation de ses fantasmes rattrape tout le temps perdu à les rêver ! Parle-moi de ces âmes mises à trépas que tu as libérées de leurs chaînes ?
- Elles ne m’ont pas attendu pour s’en libérer ; elles ne firent que m’entr’apercevoir car je ne leur étais pas destinée.
- Parle-moi de ces mondes magiques que les hommes ont crées !
- Hé bien, c’est toujours pareil. Ça en devient lassant, même. Les hommes qui rêvaient du pouvoir, se trouvent à la tête d’armées imaginaires, chevauchant au milieu de plaines immenses. Ils partent affronter d’autres armées virtuelles, conquérant sans cesse de nouvelles terres, dévastant des villages, violant les femmes et massacrant leurs enfants. Les femmes attachées aux apparences, aux strass et aux paillettes se voient devenir actrices ou princesses, célébrées dans le monde entier. Celles qui n’acceptaient pas leur physique terrestre admirent leur beauté imaginée dans le miroir et sont adulées par les hommes. Celles qui connurent des hommes rudes et frustres se voient remarquer par un homme alliant douceur et force, tendresse et virilité. Les gens avides d’argent pénètrent dans la caverne d’Ali Baba et se noient dans des collines de pièces d’or et de pierres précieuses. Ceux qui ont manqué d’un chez eux contemplent à perte de vue leur nouveau domaine qui s’étend sur des centaines d’hectares. Les êtres voraces viennent s’empiffrer de montagnes de nourriture et boire des tonneaux de vin et de bière. Les intellectuels et les philosophes s’expliquent à grands renforts d’arguments devant des assemblées virtuelles toutes dévouées et acquises à leurs causes. Les scientifiques qui refusent encore de recevoir la connaissance directe se projettent sur un fac-similé de la planète où ils trouvent enfin les réponses aux recherches étriquées qu'ils menaient sur Terre. Les sensuels, genre répandu auquel tu appartenais encore il y a peu, se voient entourer par des myriades d'houris et d'apsaras dénudées dans la vision desquelles ils s’oublient. D’une manière générale, tous ceux qui ont un manque ou une envie sont contentés, tout au moins tant qu'ils ne cherchent pas à voir l'envers du décor, auquel cas, ils s’en libèrent comme tu viens à peine de le faire.
- Et reviennent à Lui finalement !
- Pas encore, ceux qui éprouvent un désir d’élévation de leur niveau de conscience demandent à retourner sur terre, à vivre d'autres expériences, à goûter d'autres chimères. Tandis que les maîtres, prophètes, saints, fervents adorateurs, êtres inspirés, visionnaires, guérisseurs, médiums, voyants, voyageurs de l’astral et des dimensions supérieures, reconnaissables par le témoignage du divin réalisé en eux reviennent sur terre tels des Boddisatwas pour secourir les êtres perdus hors des chemins empruntés. A l’opposé, celui qui a trompé de son vivant, en venant ici s’abuse à son tour des pouvoirs merveilleux qu’il voie se manifester et qui le piègent à son tour.
- Et les petites gens, sont-elles sauvées ?
- Parfaitement, les gens humbles d’esprit qui ne se sont tournés vers aucune chose avec excès sont les plus nombreux à rejoindre le Seigneur. Souvent, ils ne paient pas de mine mais quelle richesse intérieure ils ont ! C’est quand l’âme n’exprime plus aucun désir, n’attend plus rien de nouveau que Sa venue, qu’elle se trouve prête à rejoindre le grand Tout et à retourner à la matrice. Pour cela, il est préférable de ne pas suivre le courant comme un mouton dans un troupeau mais projeter le rêve d’un monde meilleur pour l’amener à la matérialisation. S’ôter toutes limites, se reconnaître éternel et libre. Ne pas considérer la vieillesse comme allant de soi, conserver le regard émerveillé de l’enfance.
- C’est ainsi qu’on pénètre dans le royaume de Dieu ?
- Il est ici, il est en toi, tu es Lui et pourtant, tu le crois extérieur. Tu es Lui comme Il est toi, tu n'en as pas encore conscience mais Il va se révéler. Il est temps qu'on quitte ce monde, observe les trous qui désagrègent la grande coupole luminescente, les milliers d’Antéa te sortent de l’esprit, déjà les palais perdent leurs formes précises, les formes-pensées se font réabsorber par la matrice. Ressens-tu le parterre qui tremble, ce monde se meurt. Ca y est, tu t’en détaches et il cesse d’exister. Ce plan ne sera bientôt plus me dit-elle en m’attrapant la main.
Au toucher de sa main, je me sentis me dissoudre et soudain, je retrouvai mon état antérieur, mon état premier et je me vis à la fois de l'intérieur et de l'extérieur et je fus saisi par ma beauté et par celle de ma compagne. Alors, je compris que tout fût à jamais parfait, qu’aucune âme ne fût jamais perdue mais qu'elle demandât juste à se révéler à la lumière du monde. Je vis que chaque étoile faisait partie d’un réseau, qu’il existait des millions de mondes habités dans la conscience divine. Je vis l’étoile centrale, l’île du Paradis. Ma planète bleue, quant à elle, était en effervescence. Le Soleil Central répondait enfin à l’appel des jeunes des années soixante. La Nouvelle Energie révélait la falsification de l’Histoire, les découvertes archéologiques cachées au public, le détournement habile des religions, les fausses valeurs du monde et l’asservissement général mené par des sociétés secrètes et de grandes familles, la désinformation pratiquée par les gouvernements officiels et les grands organismes de presse, le danger d’aboutir à un gouvernement mondial prônant technologie, clonage, puces sous la peau et code barre. Mais, un vent de changement soufflait dans les consciences et rien ne pouvait plus l’arrêter. L’Homme commençait sa graduation dans la nouvelle grille magnétique, faisait la demande de nouvelles guidances, rompait définitivement ses engagements pris dans l’Ancienne Energie, acceptait l’effacement de son karma, reconnaissait les notions d’Esprit Directeur, d’Etincelle Divine et des autres « soi » de l’autre côté du voile. En se fixant sur le moment le plus heureux de son passé, Il changeait son regard pour respecter, changeait son sentiment pour aimer, changeait sa pensée pour rayonner et commençait à entendre sa petite voix intérieure et ça le rendait joyeux. À ce degré d’ouverture, Il ne pouvait plus être trompé. Commença dés lors le démantèlement des infrastructures de la Grande Prostituée, l’abandon du mondialisme et des places boursières, la mise en place d’un système d’entraide et de partage par le biais du Compte Universel, l’apparition des intra-terrestres suivis de près par le débarquement massif sur toute la planète des soucoupes volantes de la Confédération. Tous empruntaient le chemin de l’Ascension. Un grand nombre communiquait déjà par télépathie, d’autres savaient créer leur nourriture et éliminer leurs déchets, de plus rares n’en avaient même plus besoin, se nourrissant de la Lumière de Vie. Tous se préparaient dans la joie au grand rendez-vous annoncé de 2012 : le grand passage dans la quatrième dimension, celle de l’Amour Retrouvé ou de la Plénitude de Soi.

M’est venue la connaissance que tout cet amour que je croyais dirigé vers Antéa, n’était en fait que l’expression de celui que j’avais pour mon âme soeur, cette belle demoiselle au teint argenté, à la consistance cytoplasmique qui était venue me chercher depuis les Origines pour me rendre mon état d’Elohim après ma traversée humaine. Transfiguré par elle, ne formant plus qu’un, nous cheminions entre les étoiles de notre Création. Bientôt, je me moquerai des fantasmes délirants de femmes plus torturées que moi. L'univers m'ouvrait ses portes infinies. J’étais illimité, éternel et libre ! Je m'épanouissais et rendais grâce à ma nature éternelle, à ma compréhension illimitée des choses. Je formulai le souhait de me contempler du dehors pour m’émerveiller de ma beauté et de ma grandeur mais étrangement, je vis les rayons de ma lumière se refermer sur moi. Au même moment, un astronome dans l’observatoire du Pic du Midi vit dans sa lunette une étoile filante dans le ciel. Je me sentais comprimé dans mon nouvel habit et ma nature intrinsèque virait. Mon âme soeur se tourna vers moi, sa lumière se mit à vibrer et je la vis se transformer. Sa bouche s'étira jusqu'à former un long bec aux longues mâchoires dentelées, ses bras et ses jambes s'allongèrent en longues pattes fines et recourbées, prenant ainsi toute l'apparence d'une mante religieuse. Par la communion d’esprit, je reçus les effluves de ses pensées. Pour elle, je n'étais qu'un monstre de perversité, je n’avais d’intérêt que pour moi et n’avait d’amour pour aucun. Je n’avais même pas apprécié la chance qui m’avait été donnée de vivre sur la terre pour expérimenter. Il lui fallait en trouver un autre pour me remplacer auprès d'elle. Ses pattes se refermèrent sur mon corps gélifié et elle m’arracha la tête d’un coup de bec. Tout mon contenu argenté se déversa dans l’abîme. Je la vis s’en aller au loin sans se retourner. Je perdis toute polarité, et ne sachant plus qui j’étais, je déambulai au gré des vents solaires, incapable de m’aventurer dans une direction plutôt que dans un autre. Je me désagrégeai, devenant de plus en plus faible. Quand finalement, je sentis qu’on m’intégrait dans une nouvelle création, je perdis ma conscience d’exister.

Michel Berger : Le paradis blanc

Commentaires : des mondes où vous verriez enfin vos fantasmes sexuels réalisés, je crois que vous ne devez pas attendre cela du lieu où vous irez après la mort. Cependant ce que vous avez créé existe dans le monde mental, découvrez le danger véritable de ces effigies mentales. Ces fantasmes qui ont hanté votre esprit puisent leur énergie dans votre sémen. Les égos que vous entretenez ainsi vous empêchent de connaître la communion divine. Autre passage pour illustrer les tentations.

Ce 2012 idyllique est issu de lectures sur les livres qui nous parlent d'ascension mais comment sans travailler sur soi-mêm, pourrions-nous ascensionner ?!

Que représente cette mante religieuse qui me dévore à la fin de la nouvelle, c'est le côté noir de la Mère divine. Quoiqu'il arrive, elle nous dévore. Soit nous éliminons nos agrégats psychiques (lire le livre : la Psychologie Révolutionnaire), ainsi la kundalini monte en nous et nous dévore. L'initié devient un serpent et ensuite c'est l'aigle qui dévore le serpent : nous rejoignons notre part divine, notre Intime. On doit mourir à soi-même, voici une explication du travail à faire dans la dissolution de l'égo.

Mais si nous préférons ne pas travailler sur nos défauts, un jour, la Mère Divine dévorera nos égos dans les sphères submergées. On redeviendra élémental s'il nous reste des cycles... Pour mieux comprendre : le mouvement perpétuel.

J'ai utilisé mes nouvelles pour détourner les êtres sensuels de leurs habitudes, je vous montre un site qui brille comme un phare dans la nuit :

Prenez le temps de voir, ça parle de gnose, d'initiés, de maîtres, de voyages astraux, de karma ,de la Mère Divine, de notre Intime, de Jésus Christ, etc... Ca explique bien des choses. Je ne peux pas défendre ce qui est dit parce que je n'ai pas vérifié par moi-même. Je fais un bien piètre indicateur. La différence ici, c'est qu'on suit son Dieu personnel, on ne suit pas un gourou même si on lit les ouvrages de Samael Aun Weor.

Si vous ressentez un certain appel ou des inquiétudes spirituelles, cherchez, interrogez votre Dieu, votre Intime. La voie indiqué plus haut est très dangereuse, on en sort Ange ou Démon.

Certains comme l'ange Bleu des Givaudan disent que le tantrisme n'est pas la seule voie qui mène à Dieu. Si vous n'êtes pas très exigeant, vous pouvez rester dans votre religion ou lire les ouvrages d'Anne et Daniel Meurois-Givaudan, de Lobsang Rampa, encore d'autres comme Ramtha, de Krishnamurti sans parler des grandes religions dans leurs cercles exotériques.

L'important c'est de se repentir du mal qu'on a fait et de faire des pas successifs vers Dieu : prière, médiation, voyage astral et pour les gnostiques : transmutation sexuelle ou magie sexuelle.

Quoique vous pensiez, surtout n'imaginez pas qu'il n'y ait rien après la vie, car il existent des millions d'entités décédés qui dorment dans les plans subastraux ou purgatoire. Ils ne veulent pas se réveiller. Imaginez qu'il y a quelque chose et au moins, pour vous, ce ne sera pas le néant. C'est la seule chose que je vous demanderai de retenir. Le reste est question de croyances...

 

 
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