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HISTOIRES D'AMOUR
 
 

L’oncle d’Amérique



A l’abri du besoin, du travail tant redouté. Un caddie plein de jeux vidéo et un ordinateur multimédia, une décapotable jaune pour appâter les jeunes filles en fleur ! Désendettement de maman. Une décapotable rouge et un appartement de résidence pour mon père. Mais je n’étais toujours pas heureux. Oh bien sûr, je passais mes journées à découvrir des jeux vidéo au réalisme surprenant. Mais je m’en lassais rapidement. [scène omise]

Je me suis connecté sur un serveur internet, celui-là même où j’avais fait la connaissance d’Antéa. Inspiré par des fantasmes, je cherchais désespérément des femmes qui veuillent bien le partager. Des âmes charitables et perverses acceptaient de jouer le jeu. D’autres me racontaient leurs aventures par courrier me disant même que ça leur était arrivé en vrai ![scène omise] en lisant les pages, les unes après les autres, faisant semblant d’y croire. Ensuite, je quittai le serveur pour me risquer sur d’autres payants mais les messages que je recevais, avaient pour seul but de m’allumer pour que je reste le plus longtemps possible. Mais je ne voulais pas participer à l’enrichissement de ces étudiantes et hôtesses professionnelles qui détestaient ce travail qu’elles ne faisaient que pour l’argent. Pour la même raison, je n’étais jamais allé voir les putes, mais c’était aussi que je voulais voir dans les yeux de la fille toute la passion qu’elle avait emmagasinée pour moi depuis le début de mon histoire avec elle.

J’abandonnai le chat et surfai sur la vague du net, visitais quelques sites où de plantureuses jeunes femmes montraient leurs corps dénudés. Après avoir copiés des centaines de photos, j’en fus guéri, un peu comme vacciné d'en avoir tant vues. Même si elles pouvaient encore me troubler ou me conduire à l’orgasme, j’en avais presque moins de désir.

Mais j’avais envie de changer d’air, de goûter à quelque chose de plus sain, j’ai grimpé dans ma décapotable jaune et j’ai roulé cheveux au vent. Je voyais les jeunes femmes se retourner sur mon passage comme si j’avais pris de l’intérêt subitement mais je ne m’arrêtai pas pour les prendre. Je quittai la ville et fis mon entrée sur un circuit privé. Sur les longues lignes droites, je faisais des pointes de vitesse retardant au maximum la décélération pour battre mon record à chaque tour qui s’affichait sur le tableau lumineux. Finalement, je sortis de la route et plantai lamentablement les pneus dans le sable.

Puis, je fus invité à participer à des rallyes sur neige et j’appris à faire des dérapages contrôlés. Je me sentais comme Salomon bien que sans ses femmes, grisé de toutes les bonnes choses de la vie... Seulement, j’avais encore un manque qui m’attirait irrésistiblement à Marseille ! Engageant à prix fort un détective privé réputé de la ville, je le pressai de faire des écoutes téléphoniques, de prendre des photos et des films de ma chère Antéa. Après l’avoir tant idéalisée, je fus déçu de voir qu’en pleine lumière, elle n’était pas une belle fille, pas même mignonne comme elle le soutenait, plutôt grasse des cuisses avec un tour de poitrine asphyxiant. Il m’envoyait régulièrement des cassettes où je voyais avec qui elle sortait.

Elle semblait avoir une vie tranquille, loin des bistrots de quartier qu’elle ne fréquentait plus. Elle passait le plus clair de son temps avec son chéri. Joanne leur avait déjà promis un appartement pour eux dés l’année prochaine. Il semblait qu’elle était heureuse mais curieuse de ne plus ressentir cette envie de sortir, de s’éclater, de connaître d’autres hommes, de chercher la plénitude des sens. Elle s’était finalement rangée. Il l’invitait dans de grands restaurants. [scène omise] c’est que maintenant qu’elle avait rencontré l’amour de sa vie, comme elle me l’avait promis, elle allait jusque là.
Mais, aussi incroyable que ça puisse paraître, elle trouva un intérêt à m’appeler bien qu’elle ne l’eût plus fait depuis près d’un an.
« Mon Gémani, pourquoi m’as-tu envoyé des boîtes d’encens au lieu du bouquet de fleur coutumier ?
- Parce que j’imaginais que si tu recevais un bouquet alors que ton ami serait présent, il s’imaginerait à tort que tu lui caches une liaison secrète.
- Mais pourquoi de l’encens ! Est-ce pour encenser notre amour ?
- Non, ça fait bien longtemps que j’ai tiré un trait sur mes espoirs. Je me suis souvenu des deux baguettes de cannabis que Danaé t’avait donné à fumer pour tes vingt ans. Alors, j’ai pensé que ça te ferait plaisir, que tu le prendrais pour un cadeau intelligent, qui t’impressionnerait.
- Seulement, je n’en utilise plus depuis longtemps, cela noircit le crépi du plafond et tu sais, tu devrais t’arrêter de penser à moi, je suis inaccessible pour toi, Gémani. Investis sur une fille que tu puisses sauter.
- Je ne t’ai jamais demandé de me rendre quoi que ce soit et puis j’ai hérité d’une grosse somme d’argent alors je peux me permettre toutes les folies d’argent et la seule que je veux en voir profiter, c’est toi !
- T’es gentil mais je ne veux pas de ton argent.
- Tu ne voudrais pas d’une belle villa avec piscine et sauna sur les hauteurs, dominant le vieux port de Marseille ?
- C’est vrai que c’est tentant, je pourrais y emménager avec Micka et recevoir tout plein d’amis. Mais qu’exiges-tu en échange ? Des appels téléphoniques, des visites régulières, des nuits de sexe endiablé, je suppose ?
- Mais non, c’est cadeau pour toi, c’est juste pour que tu aies la vie facile et joyeuse.
- Merci, mon Gémani, alors j’accepte. »

Le contrat fut vite signé parce que j’avais les moyens d’acheter la propriété au prix fort. J’emménageai à Marseille dans un petit studio à l’autre bout de la ville, derrière la colline pour ne pas être tenté de l’espionner aux jumelles.
Un soir durant son année de maîtrise de droit, elle me passa un coup de fil me proposant une soirée en boîte où elle avait invité deux copines à elle. Quand j’allais pour l’embrasser, elle me repoussa gentiment sur une de ses amies qui m’offrit ses joues. Au bout d’un quart d’heure, je l’invitai à danser un slow mais elle refusa. Prenant à leur compte mon invitation, ses amies se disputèrent pour savoir laquelle m’accompagnerait sur la piste. Antéa choisit la plus plantureuse. Je m’en régalais déjà par avance. Quand je revins à la table, Antéa n’était plus là et ses affaires avaient disparu également. L’autre fille me dit qu’elle était partie rejoindre son copain. Ne me laissant pas le temps de me morfondre, elle vint se coller tout contre moi pour que je la berce tendrement au rythme langoureux d’un autre slow qui commençait. Comme elles semblaient ne pas vouloir me lâcher de la soirée, je les invitai à boire un dernier verre chez moi. Comme je n’étais guère entreprenant, elles m’ont entraîné dans un strip-poker. Mais curieusement, elles ne gagnaient jamais et retiraient au fur et à mesure chacun de leur vêtement. [scène omise] Mais à mon réveil, elles étaient parties. Je pensais avec délectation à la première nuit de sexe que j’avais connue quand Antéa interrompit ma rêverie prétentieuse.
« Alors Gémani, ça y est, t’es plus vierge ! commença-t-elle.
- Comment le sais-tu, ha suis-je bête, elles t’ont déjà tout raconté ?
- Ben en fait, au tarif qu’elles demandaient, elles ne pouvaient pas faire les choses à moitié.
- Ha, j’aurais dû deviner que c’était des professionnelles, de dire que je trouvais normal qu’elles aient envie de moi. Ta nuit a-t-elle été aussi agréable que la mienne ?
- Oh que oui, Michaël est merveilleux au lit, ses attouchements, [scène omise], c’est exquis et puis c’est un fin connaisseur du KamaSoutra.
- Bien, je ne vais pas te déranger plus longtemps, lui dis-je ne voulant pas en entendre davantage.
- Ne m’en veux pas mais j’ai besoin d’un garçon avec de l’expérience et puis de l’assurance bien que mon Micka me fasse aussi beaucoup penser à toi par sa délicatesse. »
Sa dernière phrase me mit un peu de baume au coeur mais elle me dit « au revoir, Gémani » et raccrocha.

Quelques jours plus tard, je fus tiré de ma jalousie par ta venue à l’improviste. Quand je t’invitais à t’asseoir, tu n’en fis rien attendant que je m’asseye le premier pour te crapahuter sur mes genoux. Un peu surpris, mais ravi, je te laissais faire. Je passai quand même mon bras autour de ta taille pour assurer ton équilibre. Pendant que je humais l’odeur de ton parfum suave, tu commenças à me prendre la tête avec ton porte-jarretelles noir qui n’avait pas su exciter ton petit ami. Ce qui te fit penser à vérifier si j’éprouvais du désir pour toi, [scène omise]
« C’est vrai qu’elle est bien roulée, mais moi dis-moi, est-ce que je suis ton genre de femme, Gémani ? »
[scène omise] Mon désir est tombé, je m’attendais déjà à ce que tu partes après l’effet produit. Tu t’es redressée. Tu m’as tourné le dos et tu es allée éteindre le poste de télévision que je n’avais pas cessé de regarder sans te prêter la moindre attention. Tu as baissé légèrement l’intensité de la lampe halogène et le spectacle commença. Tu passais tes mains le long de ton corps épousant les formes de tes seins, de tes hanches jusqu’aux cuisses. Puis me tournant le dos, tu t’es penchée en avant en posant les mains sur les fesses. Du bout des doigts, tu as attrapé le bas de ta jupe et tu l’as fait remonter par à coups de droite à gauche jusqu’à hauteur de taille, après tu l’as fait descendre jusqu’au bas de tes chevilles en te tortillant délicieusement. Tu t’es retournée vers moi et très lentement, tu as ouvert la fermeture éclair de ton juste au corps qui moulait parfaitement ta poitrine. Elle m’est apparue débordant de ton soutien-gorge. Tu les as sortis tes seins l’un après l’autre pour mieux me les montrer. Ensuite, tu t’es attaquée au porte-jarretelles. Tu as défait les attaches en faisant claquer chacun des élastiques. Tu as descendu tes bas me laissant voir l’une après l’autre tes cuisses nues. [scène omise]

« Gémani, c’est pas de l’amour ça, pourquoi tant de haine, de précipitation, et la tendresse, bordel. [scène omise]»

Dans l’après-midi, j’entendis frapper à la porte, mais toujours fâchée, tu ne voulais pas ouvrir. Alors, traînant les pieds, je finis par y aller. Et voilà que c’était la surprise de ma vie, Antéa arrivait à son tour toute pimpante. Elle a avancé vers moi en fermant la porte derrière elle pendant que je reculais craignant ce regard que je ne lui connaissais pas et tandis que j’étais maintenant dos au mur, sans défense, elle plongea ses lèvres sur ma bouche et m’arracha un baiser à réveiller un mort. [scène omise] Vous vous regardiez toutes les deux d’un air malicieux en vous passant la langue sur les lèvres comme victorieuse d’un challenge inestimable avant d’éclater d’un fou rire contagieux. Antéa m’adressa un regard languissant signifiant le reste d’amour qu’elle avait pour moi. [scène omise] Elle passa ses doigts entre mes dents que je mordillai à peine.

Ce n’est que le lendemain que vous êtes parties ensemble, le sourire aux lèvres, joyeuses de m’avoir transporté d’amour, de sexe et de tendresse. J’ai passé le reste de ma vie dans votre souvenir tandis que vous alterniez les rencontres essayant tour à tour des noirs afro-américains, des blonds scandinaves, des bronzés sud-américains quand vous faisiez escale au cours des longues traversées en croisières que je vous offrais tout au long de l’année.
Je ne vous revis que tard dans ma vie à la veille de mes soixante ans. J’avais eu une attaque et comme j’avais bien trop profité de la vie, les médecins ne me donnaient plus que quelques mois à vivre. Vous m’avez embrassé tendrement l’une après l’autre, me souhaitant un agréable voyage. Ma fortune vous fut léguée par moitié à chacune et au lieu de terminer vos jours dans une maison pour vieux, vous êtes reparties faire le tour du monde. A dos de méharis, vous avez franchi les déserts australiens, chinois et africains. En traîneaux tractés par des huskies, vous avez traversé les pôles, les glaciers et les étendues sibériennes. Vous avez musardé dans les temples et les vieilles ruines à la recherche du mystère des origines, de la source d’eau vive, de la fontaine de jouvence, du Saint-Graal, du jardin d’Éden, des vestiges de l’Atlantide et de la Lémurie, de Thulé, de la cité d’or, de la Terre creuse, du trésor des templiers, de l’Arche d’Alliance perdue, de la pierre philosophale, de la porte du temps oublié, des Annunakis, des Illuminatis et des autres mystères avant de comprendre finalement que le véritable trésor se trouvât en chacune de vous.
Et un jour que tu rangeais de vieilles lettres, Antéa vint te les arracher des mains, reconnaissant mon écriture de bébé. Et dans le sens chronologique, elle les lut comprenant tout l’amour que j’avais eu pour elle au travers de la souffrance que j’exprimais. Elle relut les délicieux poèmes et découvrit les nouvelles perverses. Antéa ne fût plus jamais la même, elle était comme auréolée d’avoir été tant aimée. Ensuite, d’un commun accord, vous avez brûlé dans un grand feu tout ce qui venait de moi comme pour préfigurer d’une renaissance.

Commentaires : Gémani devient riche. Il accumule les biens, profite de son argent. Puis, il comble sa belle de sa générosité mais sans vivre avec elle. Il se laisse faire par deux professionnelles, croyant naivement qu'il aurait pu les séduire naturellement par sa nature propre ! Gémani couche avec tout ce qui se présente. D'abord, il se fait Danaé. Puis Antéa, sa belle lui accorde ce dont il rêvait avant de se les faire toutes les deux. Puis, il sort de leurs vies, mais ayant trop profité de la vie, il arrive usé à 60 ans. Il a la chance de les revoir une dernière fois avant ma mort. Parce qu'elles ont représenté ses plus belles aspirations, et leur lègue ses biens pour qu'elles en profitent. Et quand même, Antéa finit par se rendre compte bien après sa mort combien Gémani l'avait aimer.

 

 

 
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Les apparitions fantomatiques
Psychothérapie amoureuse
La confession de Méphisto
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Au bout de la vallée calcinée
La chute des souvenirs
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Le ballet de la plage
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