Tu
avais mûri mais ton visage n'avait pas changé
beaucoup, tout au plus s’était-il affiné,
tes joues s’étant creusées de tes
sourires. Je te suivais depuis que tu étais sortie
de chez toi. Un homme est allé à ta rencontre.
Il t'a prise aux hanches et t’a soulevée
du trottoir en te faisant tournoyer autour de lui. Je
voyais l'amour palpiter dans tes yeux. J’ai pensé
qu’il n’y avait personne qui m'aimait autant.
Malgré la jalousie qui me tenaillait, je vous ai
suivis du regard. Vous avez traversé joyeusement
la rue déserte, vous tenant par la main comme de
jeunes mariés. Je vous ai suivi dans le parc. Je
te voyais pleurer de plaisir, suffoquer sous ses étreintes
passionnées. J’ai pensé que personne
ne m’avait jamais enlacé pareillement ou
que ça remontait tellement loin que j’en
n’avais plus guère de souvenir si ce n’est
dans une tente, il y a de cela bien longtemps. Du doigt,
il semblait te montrer une maison sur la colline. Était-ce
donc la villa où vous habiteriez après vous
être mariés ? Comme les Italiens, il faisait
plein de gestes pour accompagner ses dires et ses châteaux
en Espagne ! Enfin, le baiser d'adieu, du moins jusqu'à
la prochaine fois et toi qui agites ta main jusqu'à
ce qu'il disparaisse derrière les troncs des grands
pins. Tu restes plantée là à te répéter
combien tu l'aimes, que ce n’est pas possible d’aimer
autant quelqu’un. Tu essuies une larme dégoulinante
sur ta joue pour faire l’ingénue amoureuse.
Je sors du sous-bois d'où je t'observais en cachette.
Je traverse la pelouse pour rejoindre le chemin dallé
et je me trouve quelques pas derrière toi. Tu fais
volte-face et tu prends le chemin inverse et je suis là
au milieu du chemin comme pris au piège. Je regrette
déjà de me trouver là. Pourtant,
j’ai envie de ramener tes pensées à
moi pour que tu ne penses plus à lui. Je te dévisage,
j'essaie d'attirer ton regard sur moi. J'en mords mes
lèvres de découragement. Tu es ailleurs,
les yeux perdus dans le lointain. Tu passes ton chemin
en me croisant sans un regard dans l'escalier de bois.
Soit tu ne m'as pas reconnu, soit tu es trop absorbée
par tes sentiments ou encore ne suis-je pas vraiment là,
toujours entrain de rêver ! Je me retourne sur ton
passage. Te sentant observée, tu te retournes également
en jetant un coup d'oeil furtif vague dans mes alentours,
légèrement dédaigneux avant de poursuivre
ton chemin d'un pas voltigeur tant tu te sens le coeur
en joie.
Abattu que tu ne m'aies même pas reconnu, je m'affale
sur le banc et je regarde les rares nuages tournoyer de
ci et de là, les immenses étendues de ciel
bleu brisé par le vol en rase-mottes des hirondelles.
Je sens une envie d'infini, de me couler dans le paysage.
Que mes pieds prennent racines dans le sol et que je fleurisse
chaque printemps en recevant dans mon écorce les
tracés d’Opinel symbolisant quelque amour
toujours qui ne tiendra pas même une saison.
Mais ton visage vient troubler toute la fois cet infini
en construction et cette soif de limitation. Tu me regardes
et je me sens ridicule n’aimant pas être un
point d’attraction pour la foule.
« Gémani ?
- Tu m'as reconnu, Antéa !
- Je n'étais pas sûre. En fait, je n'ai pas
bien fait attention à toi quand je me suis retournée
bien que j'eusse comme une sensation de déjà
vu. J'ai eu un doute arrivé à la villa.
J'ai regardé tes photos et j'ai fait demi-tour.
J'ai couru de peur que tu sois parti.
- C'est pourquoi tu es si essoufflée.
- Ha, tu ne vas pas recommencer avec ça !
- Tu l'aimes ?
- Tu m’espionnes ! Oui, je l'aime. Il est tellement
charmant et quand il me laisse en carafe, il me rend toute
chose. Tellement que je serais prête à tout,
jusqu’à le suivre au bout du monde.
- Pourquoi tu es revenue sur tes pas s’il est tout
pour toi ?
- Ca faisait si longtemps que je ne t'avais pas revu.
J’en avais trop envie, une petite gourmandise, c’est
bien agréable parfois.
- Et tu ne ressens plus rien pour moi ?
- Comment veux-tu me plaire ? Regarde-toi, tu es fébrile
et tout flasque alors que je suis jeune avec la peau ferme.
Tu ne peux voir que mes jambes et mes genoux mais mes
cuisses et mes fesses sont enchâssées dans
les bretelles d’un porte-jarretelles noir qui en
rendrait fou plus d’un. Ma poitrine n'a même
pas besoin d'être rehaussée dans un bustier
pour s'épanouir aussi joliment. Observe ces contours
de rêve me dit-elle en tournoyant sur elle-même,
ce que tu peux en voir n’est-il pas affriolant ?
Regarde mes bas noirs et ces revers en soie grise fit-elle
en relevant légèrement sa jupe, mes cuisses
ne sont-elles pas irrésistibles, n’as-tu
pas envie de passer ta main sous ma jupe ? Si tu voyais
mon bel italien quand il m’arrache la culotte !
Dis-moi, ne te sens-tu pas irrésistiblement attiré,
ne suis-je pas plus fascinante encore qu’une tulipe
noire ? »
Je me suis redressé brusquement et mon bras est
venu la saisir à la taille et je l’ai attirée
contre moi. Elle a cambré ses reins, j'ai approché
ma bouche de la sienne mais elle a mis ses doigts sur
mes lèvres.
« Non, je ne t'aime plus, tout est fini entre nous.
Il faudra bien que tu le comprennes un jour. Je ne veux
plus de toi. Pardonne-moi mais je n'y peux rien. Je ne
ressens plus rien pour toi, c'est vide. Je suis désolé.
Laisse-moi connaître les vrais hommes. Je n'ai plus
rien à t'offrir ! »
Sur ce, je la relâchai. Mais elle reprit :
« Mon chéri sait tout naturellement me rendre
heureuse. Ma vie est si douce avec lui. Quand j'entends
sa voix qui me susurre des mots d’amour, je me sens
la plus comblée des femmes. Tu devrais penser à
Danaé plutôt qu'à moi. Elle vit seule
en ce moment. Elle a toujours adoré les scénarios
que tu imaginais. Moi j'ai fait mon temps. Je t'assure
qu'elle sera heureuse de passer la fin de l’après-midi
avec toi.
- C'est vrai ?
- C’est certain. Non, sérieusement, elle
ne voudra pas sortir avec toi mais tu la feras beaucoup
rire de venir la voir. Il y a quelques années,
elle en rêvait chaque nuit. Elle ma racontait qu’elle
se fouillait la vulve en pensant à toi.
- Mais c’est avec toi que j’avais envie de
passer cette après-midi.
- Alors, promène-toi à mon bras comme un
ami galant... »
J’ai pris son bras et nous avons marché dans
le parc.
« Tu envisages sérieusement de l’épouser
?
- Je crois que oui, on apprend encore à se connaître
mais tout me plaît en lui. On est toujours sur la
même longueur d’onde. Des fois, on dit la
même chose au même moment. Avant même
que je lui parle, il devine mon envie, c’est magique.
Et puis, il n'est pas coincé comme toi, il est
bien dans sa peau et il plaît beaucoup à
ma mère. Il travaille dans une agence de voyage,
il peut m'offrir des cadeaux de grande valeur et il a
une villa sur les hauteurs qui domine le vieux port. C'est
la grande vie qui s’offre à moi !
- Tu lui écris des lettres d'amour comme tu m'en
écrivais ?
- Pas besoin, puisqu'on fait l'amour au lieu d'en parler,
c'est bien mieux ainsi, ne crois-tu pas ?
- Et toi, que fais-tu dans la vie ?
- Je suis consultante en ressources humaines. Tu sais
que maman n'a pas son pareil pour connaître la valeur
d'une personne. Elle m'a appris les ficelles du management,
à découvrir les points faibles des hommes,
à découvrir les talents cachés, à
en tirer le meilleur profit en usant même à
l'occasion de mes charmes naturels. Les hommes sont pour
moi comme des livres ouverts. Jamais plus, je ne me ferai
abuser par l’un d’eux. Maintenant, je connais
tout d'eux pratiquement au premier regard.
- Et tu as tiré un trait sur ton passé !
- Faut bien que je te le dise aujourd'hui, on se foutait
de ta gueule avec Danaé quand tu nous écrivais,
la manière dont tu te prenais la tête alors
qu'on profitait de toi. Tout ce qui nous intéressait,
c’était combien de fric tu avais mis dans
l'enveloppe. On lisait tes débilités à
nos copains et on riait de ta bêtise.
- J'étais si nul que ça ?
- Mon pauvre chéri, si tu savais !
- Tu te crois donc supérieure à moi ? Ne
m'avais-tu pas dit que tu espérais faire mieux
que mannequin ? Ca revient au même ce que tu fais,
tu uses de tes charmes pour te faire de l'argent. Et pire
encore, tu abuses les hommes pour qu'ils s'ouvrent à
toi et ainsi détecter leurs points faibles. Abusés
par tes numéros, troublés par ton regard
perçant, ils laissent échapper dans leur
comportement la marque de leur fragilité. Tout
ça pour ensuite donner à l'entreprise un
avis négatif sur le pauvre candidat qui n'a pas
su résister à tes griffes acérées.
- Comprends que si je donne un avis favorable sur un moins
que rien, l'entreprise après avoir découvert
sa fragilité et son incompétence, ne me
fera plus confiance et choisira un autre cabinet !
- Et tu penses aux pauvres hommes que tu laisses sur le
carreau, celui que sa femme quittera, qui ne reverra plus
ses enfants et finira dans la rue, gelé par une
nuit d’hiver !
- Que veux-tu que j'y fasse, c'est ma carrière,
ils n'ont qu'à changer, je ne dois prendre que
les meilleurs !
- Donne aux moins doués tes précieux conseils
pour qu’ils s'améliorent et soient choisis
à l’entretien suivant !
- C’est bien plus compliqué que ça,
ce n’est pas l’apparence qu’ils doivent
changer mais leur état d’esprit. De toutes
manières, je n'ai pas de temps à perdre
avec les ratés de la vie !
- N’es-tu pas en ce moment même avec l’un
d’entre eux ?
- C’est intéressant de retrouver quelqu’un
qu’on a connu, de voir qu’on ne s’était
pas trompé, qu’il n’est devenu personne,
qu’il est toujours aussi misérable. Toujours
fidèle à toi-même, aussi naïf
qu’avant. Toujours plongé dans les mêmes
égarements, comment peux-tu encore imaginer qu’on
pourrait se trouver toi et moi dans un lit !
- Laisse-moi au moins mes rêves ! Je ne représentais
peut-être pas grand chose pour toi mais si tu m'appelais,
c'est bien que tu avais besoin de moi !
- Tu étais mon sujet d'étude, j'ai appris
beaucoup avec toi. Un bon spécimen, bien qu’inférieur
à la moyenne. Mais comme je n’avais plus
le moindre sentiment pour toi, j’en profitais pour
voir objectivement comment l’homme très moyen
réagissait aux différents stimuli. Je ne
comprenais pas comment tu avais pu me paraître si
merveilleux au premier abord.
- Moi qui croyais que tu m'aimais et que tu voulais me
le cacher !
- T'aimer, il faudrait que tu te donnes bien du mal pour
qu'une fille s’éprenne de toi. Tiens, je
dois te quitter, on n’a plus rien à faire
ensemble. J’aurais aimé que tu restes silencieux
mais tu es incapable de te taire. Il n’y plus la
magie d’avant. Tu ne m'intéresses plus, c'est
triste.
- Tu m’abandonnes !
- Donne le bonjour à Danaé. Tu lui feras
plaisir et on ne sait jamais. Si elle repense au passé.
T'as même une petite chance de te la faire si tu
sais t’y prendre.
- Tu crois ?
- Écoute, tu n'as pas arrêté de t’occuper
d’elle depuis que je te l'ai fait connaître
et ne me dis pas le contraire. Pourquoi tu l'as fait intervenir
dans les nouvelles ? Tu crois que ça m'a fait plaisir
? Elle a pris une place de plus en plus importante jusqu'à
que je n’en ai plus.
- T'étais jalouse ?
- Il faudrait que je te désire pour être
jalouse. Il suffit qu'une jeune femme te remarque pour
que tu tombes amoureux d'elle. Mais profites-en, tu auras
tellement peu d'occasions de t'en faire. Ne la laisse
pas passer. Moi, tu comprends, j'ai ma vie à mener
avec mon homme parfait. Je ne pense pas pouvoir trouver
mieux !
- Tu as trouvé le compagnon parfait, tu as connu
une insertion professionnelle rapide, une indépendance
qu’on devine pour bientôt. Tu auras eu la
vie facile.
- Qu'en sais-tu, tu ne sais rien des épreuves que
j'ai traversées ! Devenir indépendant, ça
se mérite !
- N'est-ce pas ta mère qui t'a tout appris sur
la nature des hommes.
- Elle m'a un peu aidée mais j'y ai mis du mien,
j'ai bachoté, j'ai continué d'étudier
les hommes en parallèle. Aujourd’hui, je
suis bien ancrée dans le monde des affaires. Je
suis heureuse et épanouie. Je m'assume et j'en
suis fière.
- Quel courage, oubliée la petite paresseuse que
tu étais dans ta jeunesse. Celle qui restait en
pyjama toute la matinée.
- A remuer sans cesse le passé, tu me lasses !
Crois-tu que j’aime t'écouter marmonner dans
ta barbe ? Ma patience a des limites. Je t'ai supporté
pendant des années mais alors là, oser venir
comme un cheveu sur la soupe et pour me faire des remontrances
alors que tu es incapable de t’assumer, de prendre
tes responsabilités ! Juste à l’idée
d’imaginer ton sexe gluant entre mes cuisses, ça
me donne envie de gerber.
- Mais, je t'aime !
- Tu ne sais même pas le dire. Non, tu ne m'aimes
pas. Si tu m'aimais, tu cesserais de t’apitoyer
sur ton sort et tu viendrais m’embrasser.
- Mais, tu ne veux pas !
- Pourquoi tu écoutes toujours ce qu'on te dit
? T'es un vrai enfant, quand grandiras-tu ? A ton âge,
tu devrais avoir l'intuition de savoir quand tu peux et
quand il ne faut pas.
- Je peux donc, dis-je en m’approchant d’elle
en la prenant par les épaules.
- Non, tu ne peux pas ! Tu es vraiment indécrottable
!... Mais, arrête ! Non, je ne veux pas, mais qu'est
ce qui te prends ?! »
Ne l’écoutant plus, je passai mes mains sous
sa jupe, plongeant entre ses cuisses.
« Ôte tes mains de là, j'ai horreur
de ça. Si tu ne me lâches pas immédiatement,
je te préviens que je crie. Il te faudra t'expliquer
sur ton comportement ! »
Je retirai mes mains en la repoussant violemment.
Elle retrouva tout juste son équilibre.
« Tu penses vraiment qu'à ça. T’es
comme les autres, finalement. Ca ne te viendrait pas à
l'idée de commencer par m'embrasser plutôt
qu’en venir là ! Mon intimité se mérite.
- Je croyais que tu étais une fille facile.
- Pas pour toi. Nous n'avons pas les mêmes valeurs.
Tu n'as pas la classe de mon fringant italien. »
Je lui ai tourné le dos et j’ai marché
vers ma voiture, complètement désemparé.
Elle me suivait en psalmodiant mais je ne l'écoutais
même plus. Je m’imaginais monter en voiture.
Faire un démarrage ultra rapide et au long de la
longue avenue, me crasher à 120 Km/heure sur l'enceinte
blanche de la maternité. Un peu comme si j’éclaboussais
la blancheur d’un drap avec le sang de son hymen
brisé. Une tache qu’elle verrait chaque jour
au sortir de chez elle et qui lui ferait penser à
moi.
« Ne t’en vas pas si vite, attends-moi !
- Faudrait savoir ce que tu veux ! Ne fais-je pas ta volonté
en te quittant ? Répondis-je sans me retourner.
- Fais ta volonté plutôt. J'aimerais qu'on
aille se promener ensemble au bord de la mer.
- Je n’en ai pas envie, je suis fatigué,
j'en peux plus.
- Tu ne me supportes plus, je t'exaspère ?
- Je suis fatigué, Antéa. Il n'y a rien
d'autre.
- Je n'aime pas te voir comme ça, si fermé
sur toi-même, si malheureux. Tu me fais de la peine.
- Je n’ai pas besoin de ta pitié, laisse-moi
maintenant s'il te plaît, ai-je dit en ouvrant la
portière et en la condamnant derrière moi.
- Non, ouvre-moi la porte. Fais-moi entrer, je t’en
prie, ne pars pas.
- Adieu !
- Je ne pourrais pas vivre sans toi.
- Mais tu ne veux pas non plus vivre avec moi !
- Fais-moi entrer, emmène-moi avec toi. »
Pour seule réponse, j’ai tourne la clef et
fais rugir le moteur. Mais, tu es montée sur le
capot en t'agrippant aux essuie-glaces. J’ai démarré
lentement. Tu as collé ta bouche sur le pare-brise
et lui laissas une trace visible de ton rouge à
lèvres. Puis, tu m’as fait un regard de chienne
lubrique en laissant apparaître ta langue entre
tes lèvres, en bombant la poitrine. Je me suis
retenu de rire. Au feu rouge, pour me faire craquer, tu
m’as ravi par ton rire en cascade. Malgré
le feu qui passait au vert, j'ouvris la portière
et sortis de la voiture, pressé de te retrouver
et de serrer mon corps contre le tien mais en sortant,
je fus happé par un camion qui me projeta sur le
mur blanc de l'enceinte de la maternité.
Tu cours vers mon corps ensanglanté. Tu presses
ma tête contre ta poitrine et pleures toutes les
larmes de ton corps. Mais aussi bizarre que ça
puisse te paraître, tu sens mes bras te serrer.
« Gémani, tu es vivant !
- Mon amour, c’était juste une illusion.
Comment faut-il faire pour que tu m'aimes ?
- Ah, c'est le grand mystère ! Crois-tu vraiment
que je puisse t'aimer comme avant ? Arrête de penser
à moi et quand je me dirai que tu m'as oubliée
alors je reviendrai vers toi et si tu veux encore de moi...
- Mais, tu viendras ?
- Si je casse avec lui, je dirais que tu as une chance
infime, tout petite.
- Je t'aimerai mille fois plus que lui.
- Comprends que je me moque qu'on m'aime un peu ou passionnément
! Tu peux m'aimer mais que veux-tu que ça me fasse
si je ne t'aime pas ! »
Je ne répondis pas, cherchant à comprendre
ce qu’elle voulait me dire. Elle continua :
« Je sais ce que tu veux, c'est que la fille t'aime
et quand tu sens son amour immense, tu l'aimes à
ton tour parce que tu sais avoir gagné la partie
et qu’il n’y a plus rien à faire. Moi,
je préfère tomber amoureuse d’un garçon
qui ne m’a pas remarquée et mettre tout en
oeuvre pour le rendre fou de moi. C'est moi qui choisis
dans le marché aux bestiaux au lieu d'attendre
que l'amour me surprenne. Et quand j’ai jeté
mon dévolu sur un homme, je ne le lâche pas
jusqu’à ce qu’il cède à
ma passion.
- Que recherches-tu au fond chez un homme ?
- Je veux juste passer un temps avec lui et m'en libérer
facilement dés que je n’en ai plus besoin.
Je veux avoir le contrôle de la relation. Je n'aime
pas qu'on me porte un amour sans limites, ça m’effraie.
Tu peux m'imaginer de bien des façons mais ce ne
sont que des fantasmes. De savoir que tu rêves de
moi ne m’attendrit pas, au contraire, je trouve
que tu exagères de me confier tes fantasmes pour
moi.
- Au moins, je ne suis pas un "gros boeuf" qui
veut seulement coucher avec toi !
- Tu prends des chemins détournés mais ça
revient au même. Au bout du compte, si je te disais
oui, tu coucherais avec moi, tu ne saurais pas dire non
!
- Préférerais-tu que je n'aie pas de désir
pour toi ?
- C’est difficilement imaginable tellement je hante
tes pensées.
- Je n'arrive pas à imaginer qu'une autre femme
puisse un jour m’être aussi proche que tu
l’as été.
- Je te souhaite qu’elle te devienne plus proche
encore. Tu comptes bien un jour te taper une nana, n’est-ce
pas ?
- Ce n’est pas une priorité, loin de là
! Je rêve d’une fille douce et câline.
Et pourtant, je dois bien l’admettre, c’est
par les filles dans ton genre que je suis attiré.
- Si un garçon aussi adorable et gentil que toi
ne conclus pas, c’est que le monde est mal fait.
Pour moi, tu resteras toujours dans mon coeur comme un
souvenir inoubliable, même si on n’a pas fait
l’amour ensemble.
- Plus ou moins important que ceux auxquels tu t’es
offerte?
- Pourquoi moins ? Il n’y a pas d’échelle
de valeur à faire. Tu es une perle rare que j'ai
appréciée un temps, un homme qui a su me
faire rêver quand je n’avais pas encore mûri.
Le problème, c'est que maintenant que je te connais,
tu n'as plus cette saveur magique et enivrante. Je n'ai
plus cette soif brûlante qui me consumait quand
j’entendais ta voix.
- J'ai beau me démener, me centrer toujours sur
toi, te rendre compte combien je pense à toi, mais
ça ne te fait pas m’aimer plus fort. Pire
encore, je bute sur ton corps plus infranchissable que
jamais. Je me sentais exister quand tu m’aimais.
- Saches exister pour toi-même et non pour l'amour
qu'on te donne !
- Pourquoi préfères-tu lire Boris Vian et
Kundera plutôt que mes écrits ? N'es-tu pas
le sujet de mes envolées chimériques ?
- Crois-tu que j’ai envie de lire comment tu aimerais
me faire l’amour ? Et même si l’idée
me plaisait, tu n’as rien d’un écrivain.
Tu ne sais pas analyser les relations entre les hommes
et les femmes. Tu as puisé ton inspiration dans
ton amour pour moi. Mais sans moi, que serais-tu capable
d’écrire ?
- Je sais ne pas être un abri bien solide. Notre
avenir commun, notre passion retrouvée ne sont
que constructions de paille. Le grand méchant loup
est là, dehors qui me guette pour souffler sur
ma vie si fragile. Je pensais qu’avec toi, je trouverai
la force de construire une maison de pierre.
- Je te le répète, ne puise pas ta force
dans l’amour qu’on te donne. Car s’il
ne tient pas, à quoi te retiendras-tu ? Au fond,
tu ne veux pas survivre, tu attends la mort en te disant
à quoi bon. Tu en as même la marque, n'est-ce
pas une tache de Kaposi ? fit-elle en me prenant l'avant-bras
fermement, le pouce pointé sur elle.
- Peu t'importe !
- Ca change beaucoup de choses pour moi si tu vis tes
derniers mois !
- Tu serais prête à te montrer plus accueillante
?
- Si ta fin est proche, en allant avec toi, j'handicape
que légèrement mes projets d'avenir. Mais,
je te félicite d’avoir saisi l'occasion.
Je me demande bien comment elle a pu craquer pour toi,
quel numéro lui as-tu fait ?
- Aucun. Il doit m’arriver d’être irrésistible,
il faut croire. A l'époque, j'étais bénévole
dans un centre de test HIV. Quand on devait annoncer un
résultat positif à une patiente, on la ramenait
chez elle pour prévenir toute tentative éventuelle
de suicide. Celle dont on m’avait donné la
responsabilité ce jour-là refusa tout d’abord
mon aide. Elle voulait repartir seule mais on imagine
toujours le pire. Finalement, elle a accepté qu’on
boive un verre ensemble et elle a bien voulu que je la
raccompagne chez elle. Elle avait de beaux restes, elle
avait du être une très belle femme. Alors
que la nuit tombait et que je m'apprêtais à
la quitter après avoir discuté longuement,
elle insista pour que je reste jusqu’au matin à
veiller sur elle. Je me suis allongé sur le lit.
Elle a pris ma main dans la sienne pour se sentir plus
forte. Malgré mon envie de me trouver seul et tranquille
chez moi, je me suis endormi à ses côtés.
Mon sommeil fut agité, le contact froid d’une
lame d’acier me réveilla. J’étais
menotté aux poignets et aux chevilles, écartelé
en quatre aux tringles de bronze du lit. Elle me déshabillait
au couteau en arrachant les boutons de ma chemise, me
mordillant la peau de la poitrine jusqu'au sang. [scène
omise] Depuis mon état se détériore,
je ne cherche pas à me soigner, à quoi bon
vivre sans amour !
- Et si je prenais soin de toi, prendrais-tu tes médicaments
?
- J'ai déjà choisi la mort, c’est
trop tard.
- Tu n'attends plus rien ?
- Oh, j'ai bien quelques fantasmes, comme celui que tu
m'enchaînes aux montants de ta mezzanine, que tu
me bandes les yeux et que ne pouvant ni te toucher ni
te voir, tu abuses de moi.
- C'est bien banal comme fantasme, tu souhaites seulement
être dominé par une femme, l’expérience
t'a marqué, tu as apprécié qu’elle
se tienne au-dessus !
- Non pas avec elle, mais avec toi, j’apprécierai
de n’être qu’un objet.
- Mais, tu sais, je pourrais tout autant t'attacher au
pied du lit, te coincer ta tête entre les barreaux,
maintenir tes yeux grands ouvert et faire l'amour avec
lui pendant que tu serais forcé de regarder.
- Pourquoi tu ferais ça ?
- Pour voir la souffrance dans tes yeux de me voir touchée
par un autre.
- Tu es sadique !
- Tu ne sais même pas ce que ça veut dire,
tu n'y connais rien.
- C'est vrai que je n'ai pas ton expérience. Comme
j'aimerais être celui qui te fait rêver! Je
voudrais interpréter mille hommes différents.
Tu ne saurais pas que c'est toujours moi et ainsi, tu
ne te lasserais pas de moi. A la réflexion, c'est
nul parce que tu n'aimerais que mes personnages et pas
celui que je suis véritablement.
- Tes délires, tu m’excuseras mais j'en ai
déjà eu ma dose.
- Je suis désolé. Les autres m'ont toujours
rejeté. J'espérais qu'avec toi, il en serait
différemment parce que tu m'avais déjà
aimé et qu'il me semblait ne jamais pouvoir en
aimer une autre pareillement. C'est comme quand on se
suffit de vivre avec une femme parce qu'il faut bien alors
qu'on pense interminablement à l'autre qu'on aurait
voulu prendre à soi pour la vie entière.
On aurait vécu en union libre, ainsi dés
que je t’aurais lassée, tu aurais pu partir
du jour au lendemain pour commencer une nouvelle vie.
- Pourquoi n’imagines-tu pas qu’on peut vivre
ensemble jusqu’à ce que la mort nous sépare
?
- Je ne crois plus aux promesses éternelles ! Ce
fut merveilleux de te retrouver après toutes ces
années. Je te remercie de tes largesses, du temps
précieux que tu m'as accordé mais je dois
te quitter. Il me faut récupérer de l'émotion.
Je me sens chancelant. Merci encore, j’essaierai
de ne plus t’ennuyer à l’avenir.
- Attends, tu n'oublies rien ?
- Non, qu'aurais-je pu oublier ?
- Moi si je compte un peu pour toi ! Tu me laisses là
sur le bitume !
- Tu es trop lourde pour mes frêles épaules.
Tu n'es pas faite pour moi. C'était un rêve
trop beau qu'on puisse recommencer notre histoire. Je
n'ai plus rien à te dire. Je suis comme les autres,
je voudrais sentir tes bras m’enlacer, tes mains
caresser mes cheveux, ta joue posée sur la mienne.
Tu serais assise sur mes genoux et mon bras t’empêcherait
de tomber au bas de la falaise. Ton regard suivrait la
direction que mon doigt te désignerait à
l’horizon.
- C’est mignon tout plein ce que tu me dis là.
- Se peut-il que je sois victime de mon imagination ?
Pourquoi donc t'imaginer plus ravissante que Danaé
? Peut-être qu'à l'inverse, si vous vous
teniez côte à côte, je serais davantage
attiré par elle que pour toi ! Peut-être
que tu ne me ferais plus aucun effet, qu'une chose me
rebuterait en toi et que Danaé m’apparaîtrait
merveilleuse. Alors, je m’en irais avec elle jusqu’à
ce qu’elle reprenne ses esprits et qu'elle me demande
de la laisser tranquille. Alors, je la supplierai de jouer
la comédie, de faire semblant de m’aimer
à seule fin que tu viennes me détacher violemment
d'elle.
- Tu ne m’appartiens pas, pourquoi serais-je jalouse
? Je te laisserais partir avec elle, bien content que
tu me laisses enfin tranquille.
- Dis plutôt que ça te ferait mal de me voir
avec elle.
- Non, c’est seulement impoli quand on est avec
une dame de parler de la passion qu’on éprouve
pour une autre ?
- Mais puisque tu n’as plus de sentiment pour moi.
Les femmes n’apprécient-elles pas que les
hommes se confient à elles ? Ne le font-elles pas
d’ailleurs souvent entre elles !
- Mais je n’ai pas envie de parler d’elle
! On dirait presque qu'il n'y a qu'elle qui t'intéresse
en dehors de moi.
- Quitte à te perdre, c’est avec elle que
je me sentirais le plus proche de toi.
- Si c’est moi que tu veux, ne me parle plus d’elle
et pense à moi comme je t’aime...
- C’est fou comme tu es centrée sur toi,
il n’y a que ta petite vie qui t’intéresse
!
- Écoute, si tu as envie de lui dire que tu l'aimes,
tu n'as pas besoin de moi. Tu n'as qu'à lui dire
en face. C'est à elle de te répondre, pas
à moi. Je ne t’aurais jamais cru capable
d'une telle inconvenance. Moi, tu vois, Adonis, s'il m'avait
intéressée, je me serais retenue pour ne
pas te faire de peine. C'est dégueulasse, ce que
tu fais.
- Mis à part toi, c'est un joli brin de fille,
reconnais-le !
- Tu vas t'arrêter, oui !
- Oui, nous allons en finir ici. Je vais essayer avec
elle, j’aurai peut-être plus de chance !
- Ha, quel sans gêne, je ne fais plus partie de
tes priorités !
- Écoute, avec elle, je n'aurais pas à me
farcir une conversation de quatre heures pour savoir si
elle m'aime un peu, beaucoup, passionnément ou
pas du tout.
- Faudra que tu saches la séduire pour lui dérober
son coeur. Tu sais qu'à l'inverse de moi qui couche
très facilement, elle ne se donne pas au premier
venu.
- C’est à elle de décider, je te rends
ta liberté ma chère Antéa.
- Comment ça, mais que vais-je devenir sans toi
?
- Tu n’es pas seule !
- Je ne l'aime plus, c'est toi que j'aime. Tu veux me
rendre malheureuse loin de toi, tu veux me faire souffrir,
c'est tout l'amour que tu as pour moi ?
- Tu ne peux pas m’aimer autant que je t’aime.
Si je te manque, va retrouver un de mes semblables dans
les chats sur Internet, il doit facilement se trouver
un beaucoup mieux.
- Je ne crois pas. Pour moi, tu es unique !
- Mais je n’ai pas une patience sans limites et
puis tu n'auras pas de mal à le séduire
tant que tu lui parleras au téléphone en
alternant des « je t’aime » entrecoupés
de silence comme tu sais si bien le faire. Le problème,
c'est que dans la réalité, il te faudra
rivaliser d’inventions pour leur plaire tant tu
sembles frigide et pudique.
- Pourquoi tu dis ça ? Parce que je n’ai
pas voulu que tu me touches tout à l’heure
?
- Parce que finalement, tu as toujours eu peur que je
te voie, que je dépose mes yeux sur ton corps ou
même sur ton visage. Peut-être craignais-tu
que je me branle en imaginant ma queue dans ta bouche
?
- Non, je voulais seulement que tu ne restes pas attachée
à une image. Au contraire, j’adore qu’on
me reluque. J’adore voir un garçon qui bande
pour moi.
- Moi, tu ne me fais plus bander !
- Tu me laisses vérifier ? Dis-tu en posant ta
main à plat sur ma braguette. »
« Je sens qu’elle reprend de la vigueur à
mon toucher me dit-elle en serrant la tige sur un rythme
soutenu.
- N’importe quel homme insatisfait banderait comme
moi dans les mêmes conditions. »
Elle cessa sa manipulation et reprit :
« Oui mais d’habitude, tu sublimes ton érection
par ton inspiration. Tandis qu’ainsi, je te vois
perdre tous tes moyens.
- Pense-le si ça te fait plaisir, allez, bye.
- Quand pourrais-je te revoir, Gémani ?
- Vois ça avec mon assistante et puis le temps
m'est compté. J'ai tellement envie de me consacrer
à Danaé, qu'elle me raconte sa vie, je sais
si peu de choses d'elle.
- Et tellement de moi, tu veux dire !
- Je t'ai mise au musée avec les autres, dans une
salle obscure et poussiéreuse, recouverte d'un
drap blanc. Et ton coeur saigne au travers, on voit du
sang sur le drap et la tâche grossit. Tu n'es plus
qu'une relique de mes amours. Adieu femme ! »
Et je te plante là, m’en retournant à
pied faire la surprise de ma venue à Danaé.
« Gémani, si je m'attendais à te voir
! Mais, tu fais une de ces têtes. A te voir aussi
abattu, on imaginerait qu’Antéa est morte.
- C'est pareil, je viens de la perdre et cette fois, je
le crains pour toujours.
- Voyons ça, que lui as-tu encore dit ?
- Que j'avais envie de toi.
- C'est vrai ? Et elle, tu ne l'aimes plus ? »
Heureusement, je n’eus pas à lui répondre.
Je fus sauvé par la sonnerie impromptue du téléphone.
« Allô, bonsoir !
- Danaé, est-il chez toi ?
- Oui, je te le passe. Gémani, c’est...
- Non, non, ne me le passe pas.
- Tu ne veux pas lui parler ?
- Non du tout.
- Tu ne l'aimes plus ?
- Non !
- Alors si tu ne l'aimes plus, pourquoi t'es-tu inquiétée
de savoir s'il était là ?
- J’avais seulement peur qu’il fasse une connerie,
mais puisqu'il est avec toi, je suis rassurée.
»
Et tu raccrochas ensuite.
Le lendemain matin, tu pénètres dans l’appartement
par le balcon et nous surprends au lit entrain de nous
faire des mamours et tu éclates en sanglots. Tu
montes sur les draps et tu ne fais que me frapper de coups
de poings dans les vertèbres. Je protège
Danaé en la recouvrant de mon corps, en la serrant
contre moi pendant que tu m’étreins tout
aussi violemment, griffes dehors.
« Je t'aime... Je t'aime... Je t'aime, entrecoupés
de sanglots. Tu es ignoble de m’avoir fait ça,
Gémani. »
Et à coup de genoux dans mes fesses, tu cherches
à m’arracher d’elle. Éreintée,
tu te déshabilles derrière moi avant de
reprendre ta charge fabuleuse. Tu parviens finalement
à desserrer l'empoignade de Danaé, me renverses
sur le dos et m’enfourches en plantant tes griffes
dans mes flancs. Et mon rêve se réalise enfin,
je possède mon Antéa que j’ai désirée
depuis si longtemps. Je vous ai l’une et l’autre
à ma merci. Ainsi, je suis sûr de pouvoir
alterner et verser en chacune de vous deux plus que la
dose mortelle, les graines de ma dégénérescence.
Mais voila que l'inconcevable arrive, tu te détaches
de moi et viens recouvrir le corps de Danaé et
me voila réduit à observer deux gouines
insatiables. Je me sais de trop. Je découvre toute
la passion et la tendresse infinie que vous avez l’une
pour l’autre Vous interrompez vos ébats,
vous jetez un regard vers moi et vous éclatez de
rire. Vous vous regardez ensuite dans le blanc des yeux
et je vois qu'il n'y aura pas de baiser mordant mais après
vous être échangés des "je t'aime"
passionnés, vous partez de nouveau d'un grand éclat
de rire.
Ce
serait marrant que vous ayez lu en même temps
cette histoire mais je sais que Danaé, l'aura
lue en premier et que toi, Antéa comme à
ton habitude, tu lui demanderas les lignes générales
de l'histoire juste de quoi me faire croire ensuite
que tu l’as lue, n’est-ce pas la vérité
?
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Quelques questions, pour savoir si c'est des réponses
que vous cherchez :
N°
46 - Donnez 7 héritiers de Samael Aun Weor
N°47
- Retrouver l'Histoire du papillon de Verre
N°48
- A quelle occasion Samael fut informé de
son ingratitude flagrante envers sa Mère
?
N°49
- Que se crée-t-il quand quand un homme une
femme pratiquent la magie sexuelle ?
N°50
- Donnez des exemples de violence contre nature
Si
vous voulez connaître les réponses
:
46
à 50 - Héritiers - Papillon - Violence
contre Nature
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