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HISTOIRES D'AMOUR
 
 

Les mensonges du passé

Ca faisait loin et puis qu'y aurait-il de changé ? Elle serait toujours la même, sourde à mes avances, plutôt sèche, plus infranchissable que jamais. Néanmoins, j'avançais dans la ville de Marseille. Il pleuvait une douce bruine. Mille fois, j'avais gravé le chemin dans ma tête rêvant d'exécuter le projet je ne sais combien de fois. De mémoire, je savais où tourner à chaque embranchement, seulement je n’avais pas prévu les sens interdits. Je savais qu'elle ne m'attendait pas. Elle avait aujourd’hui vingt-et-un printemps. J'avais tant attendu ce jour que je ressentais le vide dans ma tête. Je ne savais plus ce que je devais lui dire. Je me rangeai sur le bas-côté de la voie sans issue et j'observai le premier étage de la villa où elle habitait. Tout autour, il y avait un mur avec une grille qu’il m’était impossible de franchir par l’extérieur à moins de vouloir finir empalé.

J'attendis trois bonnes heures et en fin d’après-midi, je vis une créature de rêve sortir avec un chien qui me faisait de la peine par sa lente démarche. C'était sûrement Antéa, ce ne pouvait être qu'elle. Elle était aussi charpentée qu’elle me l’avait dit. Je compris mon erreur. Elle était trop belle pour moi, trop sculpturale. Je sortis de la voiture. Elle me vit. Elle traversa la route. J'avançais vers elle d'un pas hésitant craignant une réaction agressive. Je détaillais sa ligne, les traits de son visage. Elle avait pratiquement la charpente d’un homme. Elle ne portait qu'un body, je pensai qu’il était interdit de se promener aussi dévêtue dans la rue. Elle croisa mon regard comme intriguée que je la dévisage. Elle me reconnut enfin !
« Gémani, alors t’es venu finalement ! »
J'affichais mon plus beau sourire, peu pressé de lui répondre pour faire durer l’épreuve. Elle fit un pas de plus vers moi, je trouvai enfin quelque chose à lui dire.
« Comme tu es belle !
- Allez, on se fait la bise ? me dit-elle en se rapprochant davantage.
- Tu n'as pas peur que je m'évanouisse dans tes bras ?
- Si tu tombes dans les pommes, je te ferai du bouche à bouche, renchérit-elle. »
Je sentis sa poitrine projetée contre mon torse et je vis ses lèvres en cul de poule s’approcher de mes joues. Elle minaudait comme une gamine qui à l’habitude de se jouer des hommes. Elle puait la cigarette et le poil de chien. C’était peut-être donc vrai qu’elle dormait avec lui dans ses draps ! Mais au toucher de ma joue, une légère décharge électrostatique passa entre nous, ce qui la fit reculer précipitamment. La laisse de son chien se prit entre ses jambes. Je tendis le bras pour la rattraper. Mais elle tomba lourdement sur les fesses ! Il ne me restait plus qu'à l'aider à se relever !
« Hé bien, Antéa, je n'imaginais pas te faire un tel effet. »
Elle esquissa un délicieux sourire, prenant ma main et tirant dessus pour se remettre debout, manquant de me déséquilibrer vers l’avant. Le temps qu'elle se débarrasse des gravillons pénétrés dans la chair de ses cuisses, j'avais plongé ma main sur la banquette arrière de ma voiture, pour en sortir un bouquet rond de fleurs aux couleurs chaudes et joyeuses que je lui tendis.
Elle huma les senteurs et me dit malicieusement :
« Ca mériterait presque un baiser ! »
On est resté un moment sans plus rien se dire, échangeant des sourires complices et quelques fous rires. Puis, elle a pris la parole pour briser le silence joyeux.
« Alors, comment vas-tu, mon poète adoré ?
- Depuis que je t'ai perdue, mon inspiration s'est brisée. Je survis...
- Tu vis toujours à Annecy ?
- Oui mais j’aurais tant aimé déménager et venir m'installer tout près de toi, humer les senteurs de tes jardins enchantés.
- Tu crois que je t'y aurais laissé entrer ? »
Elle reprit pour que je ne lui réponde pas :
« Tu restes combien de temps ?
- Je ne reste pas, je vais m'en retourner, je ne veux pas t'ennuyer, dis-je en ouvrant ma portière et en feignant de la quitter.
- Pourquoi si vite, ne voudrais-tu pas qu'on aille se promener tous les deux, me répondit-elle en me retenant la main ? »
Comme je ne répondais pas, elle me secoua plus violemment le bras et je lui répondis alors :
« Excuse-moi mais je vois plein de points noirs qui palpitent... Je me sens pris d’un vertige. J’ai l’impression de tomber dans les pommes.
- Que ne ferais-tu pas pour que je colle ma bouche à la tienne !
- Je ne plaisante pas, je me sens vraiment patraque.»
J'avais les oreilles qui bourdonnaient, des vertiges à répétition comme si la terre se dérobait sous mes pieds au milieu d’un tremblement de terre. J’avais beau m’appuyer sus la voiture, mon état s’aggravait
« Qu'est-ce que tu as, tu es malade ?
- Non, je ne m’y attendais pas, j’espérais un petit peu c’est vrai, mais c’est la surprise que tu me demandes de sortir avec toi !
- Tu viens de si loin que je peux bien te faire une fleur pour t’être déplacé ! Assis-toi, ça va mieux, Tu reprends un peu du poil de la bête ?
- Tout doucement.
- Bon, je remonte le chien, tu ne bouges pas, tu me promets, tu m'attends là. J’en ai à peine pour une demi-heure à tout casser, le temps de prendre une douche et de m’habiller et je suis à toi. »

J’avais l’impression d’être au téléphone comme au temps passé quand elle s’absentait et qu’elle insistait pour que je ne raccroche pas le temps qu’elle revienne.
Près de quarante-cinq minutes plus tard, elle est revenue propre sur elle. Elle avait mis du rouge à lèvre, un peu de fond de teint et du vernis rose brillant sur les ongles. Elle sentait le colchique des prés. Elle était vêtue d’une robe de soirée duveteuse d’un bleu irisé qui se jouait de la lumière. La robe la moulait parfaitement avec un superbe décolleté qui mettait sa poitrine en valeur et donnait envie d’y regarder de plus près.
« Tu m’emmènes faire un tour dans ta décapotable, mon Gémani ?
- Ta robe est somptueuse, mais un peu habillée pour sortir en ville, tu ne crois pas !
- Je ne savais pas comment te dire ça, mais, enfin voilà, je fête mes fiançailles ce soir. Pardonne-moi, n'y pense pas, je veux passer l’heure qui nous reste à te rendre heureux. Puis, tu me déposeras chez lui après.
- J'avais senti ta bague quand tu m'as pris la main tout à l'heure. A vrai dire, c'est elle qui m'a fait me sentir mal.
- Mon chou, n'y pense pas, n'es-tu pas heureux de retrouver ton Antéa chérie ?
- Si, c'est juste le choc en retour, alors, dis-moi, où va-t-on? lui ai-je dit en démarrant tout fier de conduire ma belle ! »
Après le virage forcé à gauche, elle me répondit :
« Tout d’abord, sois gentil et va me chercher des cigarettes légères au bureau de tabac, là juste au coin, je n'en ai plus depuis hier et j'ai l'impression de devenir folle à force de ronger mon frein. »
Je coupai la circulation et grimpai sur le trottoir et arrêtai le moteur avant de reprendre :
« J'aurais aimé que ma présence supplante ta dépendance.
- C'est beaucoup me demander ! Que veux-tu que je te dise, je suis devenue une vraie intoxiquée. Tu crois que c'était facile quand je devais me contenter de t'avoir au téléphone alors que je rêvais de ton corps, de t'avoir tout près de moi !
- Mais ça te dégrade, non seulement le goudron qui s'accumule dans tes poumons mais les autres produits donnent à ton haleine une saveur désagréable et tous tes habits empestaient drôlement avant que tu ne te laves et te parfumes.
- Ce n’est pas la bonne manière de me courtiser ! T’es le premier qui me parle comme ça ! Alors je sens mauvais, vraiment ?!
- Je sais que c’est la pire des choses que veut s’entendre dire une femme mais je te dis la vérité, c'est seulement dommage. Tu as une silhouette sublime et tu gâches tout avec cette merde !
- Allez, sois aux petits soins pour moi où je tape un caprice! »
Deux minutes plus tard, je revenais dans la voiture et à ma grande surprise, elle était encore là, mais se vautrant, la poitrine sortie, les tétons bien saillants.
« Tiens. Voilà tes sucettes à cancer ! dis-je en les jetant nonchalamment entre ses cuisses.
- Tu aimes les grosses poitrines ? T’as envie de toucher ? fit-elle en maintenant ses seins. »
Je fis comme si je n’avais rien entendu, bien que rougissant malgré moi et je repris la route tirant des oeillades vers elle. Elle bougeait la tête de plaisir en se tortillant pour faire rentrer ses seins dans le décolleté. Ceci fait, en gardant une pointe de nonchalance, elle retira le film plastique du paquet, ouvrit le paquet et tira une cigarette de l’étui. Et, pendant qu’elle terminait son rite gestuel, je pris quelques dernières bouffées d’air sain.
« Pourquoi tu ne baisses pas la capote ?
- Pour que tu leur fasses le même spectacle auquel j’ai eu droit ! En la laissant fermée, j’épargnerais quelques acc...
- Tourne-là, à gauche m’interrompit-elle alors que j'étais presque à hauteur du croisement et que je n’avais pas la priorité pour virer de ce côté-là. »
Le crissement des pneus suite au dérapage fit retourner les passants. J’évitais de justesse la voiture qui venait d’en face et à forte allure en donnant un coup d'accélérateur à la fin du virage. Antéa en fut quitte pour une bosse au front en écrasant sa tempe sur la vitre.
« Comme tu es brutal, tu devrais faire davantage attention à moi ! renchérit-elle.
- Désolé.
- Bon, ça va. Tu vois la devanture illuminée où clignote Betelgeuse en lettres multicolores clignotantes, c'est là. C’est une boîte un peu spéciale et c'est très animé le samedi après-midi.
- Je n'aime pas les boîtes de nuit et les discothèques, ça ne te dérange pas que je t'attende dehors.
- Quoi ! Allez, je t’en prie, pour me faire plaisir ! T'as vu, tu viens sans prévenir et je t'invite à sortir avec moi, et puis toi, tu me lâches au moindre désagrément, parce que Monsieur à des principes qui lui interdisent ceci ou cela !
- Tu préfères pas qu’on prenne une chambre à l’hôtel d'en face ?
- Ha t'es pas gonflé toi, t'en aurais bien envie, je me trompe ?
- Après ce que tu m'as montré tout à l'heure, j'aimerais en goûter davantage.
- Écoute Gémani, j'ai mûri et tu m'apparais bien différent d'avant. Tu n'es plus l'unique, le merveilleux, l'extra-terrestre et tout le reste. Tu n'es guère intéressant, c'est pour ça que les femmes ne se retournent pas sur toi si tu veux vraiment savoir. Et puis, c’est aux hommes de se retourner sur le passage des femmes. Et quand les femmes se retournent, c'est seulement pour vérifier qu'elles ont plu aux hommes qu'elles ont croisés. Et puis tiens, tu devrais t'estimer heureux que je ne te laisse pas en plan là, tu te montres d'un tel sans-gêne parfois, ça ne te ressemble pas, pourtant !
- Excuse-moi, je m'emballe et j'ai du mal à réfréner mes ardeurs.
- Et puis, je ne me donne pas au premier venu !
- Si je me souviens bien, ils furent pourtant nombreux !
- C'était des histoires, quand je te récitais la liste des mecs avec qui j’avais couché, c’était uniquement pour te rendre jaloux et t’entendre me supplier d’arrêter. Allez, laisse-toi aller, vis le moment présent, tu n'es peut-être pas heureux d'être avec moi ?
- Si, je suis un peu paumé, c'est tout. Tu es un vrai tourbillon, un festival à toi toute seule, je ne tiens pas le rythme.
- Hé bien, reprends tes esprits et retrouve-moi à l'intérieur, tu me promets de venir, hein ! Tu ne me laisses pas seule à l’intérieur, avec tous ces dragueurs impénitents ?
- OK, je trouve une place et j'arrive.
- A tout de suite. »
Et elle claqua la portière derrière elle. J’attendis qu’elle s'éloigne pour descendre la capote et chasser l’odeur nauséabonde qui me piquait les yeux. Et devant moi, une place se libéra comme par enchantement. Je perdis dix bonnes minutes avec le videur de l’entrée. C’était une boîte réservée aux habitués qu’il disait. Finalement, je lui dis que j’étais un ami d’Antéa, il haussa les sourcils et me laissa finalement entrer dans un grognement sourd. A la caisse, je m’acquittai du droit d’entrée minimal qui était de 15 euros sans ticket de consommation gratuite. A l’intérieur, l’atmosphère était surchauffée, c’était fait exprès pour qu’on commande des consommations mais je ne céderai pas à la machination des propriétaires cupides de l’endroit. Je regardai à l’entour et la découvris sur la piste. On ne voyait qu'elle ! La concurrence était rude entre les hommes. Elle avait des déhanchements mortels. Quand elle mettait ses mains autour du cou de l'un d'eux, celui-ci s'excitait tout seul comme s'il avait attrapé la gigue. Elle laissait descendre les mains de son partenaire sur ses cuisses et remonter sous sa robe de soirée. Elle se déhanchait furieusement pendant qu’il la serrait tout contre lui. Tandis qu’elle quittait la scène sous les sifflets et les vols de chapeaux, elle se souvint de moi et me fit signe de la suivre. Quand je l’eus rejointe, elle m’apostropha :
« Pourquoi n’es-tu pas venu danser avec moi ? Je ne suis pas ton genre ?
- Je profitais du spectacle. C’était tellement excitant de les voir se presser autour de toi.
- C'est que tu vois, je ne porte rien dessous, alors ils ne se gênent pas pour me caresser. J'aime bien passer ainsi de main en main. C'est dommage que les filles étaient toutes prises, c’est tellement plus sensuel avec elles!
- Bien, dis-je pour couper court, il est sept heures moins quart à ma montre, il faut qu’on y aille si tu veux être à l’heure ?
- Crois-tu ?
- Ben, si tu veux le retrouver !
- A brai dire, vois-tu, je n'ai pas de fiancé. Je voulais juste te sentir confus, malheureux et triste. Tu es tellement trognon quand tu souffres.
- Mais la bague ?
- C'est la bague de fiançailles de maman. J’aime bien faire croire aux hommes que je suis prise ou en voie de l’être.
- Bon, alors je te ramène au bas de chez toi.
- Quoi !
- Je te remercie vraiment pour cette heure passée avec toi, ç’était magique, je ne trouve pas les mots.
- C'est tout l'effet que ça te fait, as-tu bien compris ce que je t’ai dit ? Te rends-tu compte que je n’ai personne, je suis libre, Gémani !
- Oui, mais pas pour moi, tu m'as bien fait comprendre que tu ne me voies plus avec les yeux d'antan.
- Peut-être bien mais refuserais-tu de m'accompagner si je t'invitais chez moi ?
- Ta mère me sauterait à la gorge si jamais elle me voyait avec toi.
- Allons, ma mère, ça fait bien longtemps qu’elle ne t’en veut plus. Mes études supérieures sont en bonne voie, je ne risque plus d’abandonner la fac pour toi. Je vais décrocher mon diplôme prochainement. Au contraire, elle a compris la passion que nous avions l'un pour l'autre. Je crois qu'elle t'apprécie même tout particulièrement aujourd’hui ! »
On est rentrés tambour battant. Elle est descendue de voiture précipitamment, j’ai trouvé une place au coin. Elle m’attendit dans la rue, cette fois. Elle m’ouvrit la grille, elle me précéda dans l’escalier en colimaçon et me fit entrer dans son appartement.
« Maman, viens voir qui est là ! »
Sa mère accourut et me dévisagea dans le salon.
« Gémani, quelle agréable surprise !
- Bonjour Madame.
- Allons, pas de Madame entre nous, appelez-moi Joanne.
- C’est difficile.
- Je suis heureuse que vous l’aimiez si fort que ça. Elle a bien fait de vous attendre. Sachez qu’elle ne vous a jamais oublié, elle me parlait de vous au moins une fois par semaine. Elle aurait aimé que vous l’appeliez au téléphone. Elle se faisait tout un cinéma quand vos lettres tardaient à venir. Elle ne savait pas comment faire pour que vous la courtisiez de nouveau. Elle voulait que vous la surpreniez, hé bien, c'est réussi. Je vous donne ma bénédiction. Jamais plus, je ne vous séparerai.
- Bien, te voilà rassuré mon Gémani. Tu viens dans ma chambre, Gémani ?
- Oui ! »
Je l’ai suivie et elle a fermé la porte derrière moi.
« Mets-toi à l'aise.
- Tu me fais du bien d’être aussi gentille, Antéa.
- Tais-toi et prends-moi dans tes bras.
- Je t'aime.
- Serre-moi contre toi, idiot ! Moi aussi, je t'aime. C’était pour te rendre jaloux que je leur demandai de me tripoter mais tu n'as pas cru bon déclencher une bagarre, je t'aurais cru plus courageux pour défendre les couleurs de ta dame ! »
Elle s’est dégagée de mes bras et là devant moi, elle sortit de nouveau ses seins du décolleté. Sa robe de soirée tomba le long de ses courbes jusqu’à ses pieds me révélant sa nudité sculpturale.
« Je te fais de l'effet, hein ! Regardez-moi ça, il n'ose plus bouger le petit garçon. Profites-en pour me prendre tant que je reste aussi bien disposée, sait-on jamais si je venais à changer d’avis, tu t’en voudrais éternellement d’avoir raté une occasion pareille!
- Je ne peux pas, je pensais pas qu’on en viendrait là, je n'ai pas pensé à apporter des préservatifs.
- Pour ça, ne t'inquiètes pas, je suis restée vierge dans l’espérance de ta venue. Et à voir la façon dont tu me reluques, il ne fait aucun doute que tu es resté vierge pareillement. Je ne suis pas dans la bonne période pour risquer de tomber enceinte. Il n’y a donc pas de risque, tu vois bien. »
Elle s'est approchée de moi. Elle a défait ma ceinture qu’elle a retirée violemment en la faisant claquer comme si elle avait l’ambition de me monter. Avec ses mains froides, elle a remonté mon polo en baisant mon torse et mes épaules. Elle s’est dépêchée de baisser mon pantalon. Je me suis senti ridicule en slip, avec le pantalon aux chevilles.
« Tu ferais mieux de mettre des caleçons, c'est quand même plus seyant. Ca masque mieux les formes, surtout quand elles sont ridicules ! »
J’ai baissé les yeux sur mon ventre, un peu honteux. Ha comme j’enviais ces hommes aux abdominaux en tablettes de chocolat ! J’ai regardé mon slip à peine légèrement bombé. Elle avait ma foi raison.
[scène omise] Puis, elle s’est relevée pour baiser ardemment mes lèvres.
« Je croyais que tu n'aimais pas embrasser sur les lèvres.
- Les tiennes, si. »
Et, elle recommença.
[scène omise] J'étais aux anges quand une secousse sur mon épaule me réveilla :
« Mon Gémani, hé bien alors, c'est tout l'effet que je te fais, tu ne m'as même pas invité à danser ! Veux-tu qu’on rentre à la maison, te sens-tu encore mal ? »
Je me levais du fauteuil, un peu abasourdi, je n’avais fait que rêver une fois de plus, ça m’avait semblé pourtant si réel !
« Excuse-moi, mais j'ai horreur de ces endroits surpeuplés et bruyants. La musique est si forte qu'elle me résonne dans la tête. Et pourtant, je ne devrais pas me plaindre d’être avec toi.
- On t’a déjà dit que tu étais mignon ? Si seulement tu prenais confiance en toi, tu pourrais soulever des minettes à la pelle, des chariots pleins si tu voulais vraiment te donner la peine, une pour chaque jour de la semaine, mais ça t’obligerait à tenir un planning !
- Et toi, es-tu sensible à mes charmes ?
- Tu n'as plus ton charme d’antan. C’est parce que je te connais trop bien. Je ne t’admire plus comme avant. Tu attends de moi des mots d’amour à cause d’un passé que tu entretiens bêtement, que tu voudrais revivre mais qui n'est plus.
- Je me sens tellement démuni loin de toi !
- Tu veux que je veille sur toi ?
- Si tu veux bien te charger d'une âme en peine !
- Pour moi, tu es comme le petit frère que je n'ai jamais eu. Si tu es bien sage, que tu ne me considères plus comme une proie potentielle, je veux bien me montrer tendre avec toi.
- Je ne peux pas t’aimer comme une grande soeur. Tu m'as fait passer le plus beau printemps de ma vie. Tu étais si touchante et si amoureuse. Je voudrais tellement t’entendre me dire de nouveau que tu m’aimes en sanglotant, te sentir toute fragile, t’entendre me supplier de t’aimer.
- C’est parce que je suis ton premier amour. Quand je t’ai rencontré, j’avais déjà souffert d’un amour déçu. J'ai vécu la même souffrance que toi, mais beaucoup plus tôt, ce qui m’a endurci en amour. C’était en Norvège, je n’avais que treize ans. C'est dingue là-bas, il n'y a presque aucun brun dans les boîtes de nuit. On s'est aimés tout au long d'un été. Mais, quand j’ai dû rentrer en France à la fin des vacances, il n’a pas voulu qu’on s’écrive. Il ne voulait pas d'amour à distance. Mais, j'ai continué quand même à penser à lui dans mon journal intime. Exactement comme tu l’as fait avec moi entre tes poèmes et tes nouvelles. C'est pour ça que je n’ai eu aucune difficulté pour t’oublier, je suis déjà passée par là. Bon c'est vrai comme je te l'ai déjà dit, des fois je me demandais quelle serait ma réaction, si je te voyais au coin de la rue ou derrière la grille, mais j'avais rajouté, te connaissant, de ne pas te faire de fausses idées, que j’étais folle de te dire ça!
- Et Jean-Philippe ?
- Il était comme toi passionné d'ésotérisme, on faisait tourner les tables, on posait des questions aux esprits sur la planchette oui-ja. On visitait le cimetière la nuit et plein d'autres choses dingues et puis il est devenu bizarre comme possédé. Il a eu une mort mystérieuse et je n'ai jamais pu lui dire combien je l'aimais.
- Et Laurent qui voulait se suicider parce que tu ne l'aimais pas ?
- Il n'existait pas, tu n’arrêtais pas de me dire que tu voulais qu’on reste amis, qu’on ne devienne pas plus. C'était pour te faire supposer que si tu me rejetais, je mettrais fin à mes jours.
- Et ton espagnol de trente-cinq ans à l’accent chantant, celui qui t'emmenait partout en voiture et qui t'avait laissée une fois en carafe sur le bord de l’autoroute à trois heures du matin ?
- Gros bêta, celui-là aussi, je l'ai inventé, c'était pour que tu arrêtes de me dire que tu étais trop vieux pour moi.
- Comme quand tu te faisais passer pour une certaine Marion sur le chat. Me faisant croire qu'elle était amoureuse de toi mais que tu l'avais laissé tomber. Et qu'elle me disait de me méfier de toi.
- Je voulais te prévenir du danger que je représentais. Ce n’était qu’un habile moyen pour tester ta confiance en moi, savoir si tu te laissais influencer par des rumeurs.
- Et cette autre amie sur un mur qui t'avait dit je t'aime et vous aviez éclaté de rire.
- Je m’étais dit que tu m’imaginerais très belle ou très attirante en apprenant qu’une fille ait pu flasher sur moi. Mais à force de le dire, aujourd’hui, j’ai bien envie d’essayer avec une nana, comme ça pour voir ce que ça donne.
- Combien d'efforts t'a-t-il fallu déployer ! Qu'est devenue depuis, toute cette imagination débordante ?
- J’ai préféré expérimenter la vie plutôt que de la rêver comme tu te plais encore à le faire. Comme en plus, on n’a jamais rien fait ensemble. Tu ne m'avais jamais pénétrée, rien du tout, pas même embrassée, comme on n’avait pas de souvenir réel, tu ne représentais pas grand chose pour moi et je n’ai eu aucun mal à t’oublier. Avec ceux qui ont suivi, c'était plus simple. J’ai couché avec beaucoup d’homme sans appartenir à un seul. Certains m'ont même fait des trucs pas possibles dont tu n’as même pas idée.
- Tu connais beaucoup les hommes. De mon côté, je suis accroc au virtuel. Je branche le simulateur de monde, je te vois te déplacer dans une contrée étrangère, me désirer, me toucher mais quand j’émerge au monde réel, je souffre terriblement de savoir que ce n’était que du virtuel.
- Si tu veux, on peut faire l'amour réellement !
- Je croyais que tu ne couchais pas avec le premier venu !
- Hé bien, je fais un second extra pour l'homme qui vient de loin ! »
Elle retire son décolleté pour m'apparaître nue et je détourne les yeux sur la moquette. Et je me rends compte qu'on est de nouveau dans sa chambre. Je ne savais plus où j'étais vraiment, si j'étais vraiment chez elle ou si j'étais encore à la Bételgeuse à rêver que j'étais chez elle ou... et peu m’importait les lieux. Les émotions étaient trop fortes et le décor chancelant.
« C'est dommage que je me sente un peu patraque ! Tu es belle, si belle et c’est tellement incroyable que je sois avec toi.
- C’est parce que tu me vois à travers les yeux de l’amour que tu me trouves si belle. Tiens, mets ce préservatif, je ne voudrais pas te refiler le sida, mon bien-aimé, si jamais je l'avais !
- J'aimerais te couler en moi pour l’éternité si c’était possible.
- J'ai peur de t'aimer de nouveau.
- Pourquoi ?
- Parce que c’est tellement compliqué l’amour avec toi ! Ne me fais pas attendre, tu veux que je te le mette, c'est ça, faut que je te déshabille aussi, je suppose ?
- Oh ça, je l'ai déjà vécu dans ma boîte virtuelle ! lui répliquais-je en défaisant mon ceinturon.
- Oui mais là, je suis en chair tout près de toi et plus une image reconstituée par ordinateur à partir de ma photo où je portais cet affreux maillot de bain jaune.
- Je ne sais plus faire la différence entre la réalité, le virtuel et le rêve. Qui me dit que c'est bien toi ? ajoutai-je en baissant mon pantalon.
- Lorsque demain, je serai nue contre toi quand tu te réveilleras, douteras-tu encore ? Te souviens-tu d'avoir déjà dormi dans le monde virtuel ?
- Non, tu as raison, fis-je en ôtant mon polo.
- Et bien, demain matin, quand tu te réveilleras, tu sentiras ma chair pressée contre la tienne. Tu as assez vécu avec une image de moi, je suis jaloux d'elle. C'est à moi de profiter de toi.
- C'est merveilleux ce que tu me dis là poursuivis-je en baissant mon slip.
- Et tu n'as encore rien vu ! »
[scène omise] et je m'endormis.
Au réveil, j’ai senti ses mains effleurer les poils de mes cuisses.
« C'était donc vrai mon amour, c'est bien toi ?
- T'ai-je déjà menti ?
- [...]
- Monsieur, monsieur ? »
Une voix qui venait de loin... Le visage d’Antéa s’est figé pour finalement se craqueler comme un puzzle qui tombe en morceaux.
« Allons, réveillez-vous. Hé bien, quels effort il a fallu déployer pour vous faire émerger ! Vous n’aviez pas envie de revenir, je me trompe ? Alors dites-nous après un jour d’immersion, vos premières impressions sur ce nouveau modèle d'imagerie virtuelle ? N’est-il pas vrai que l’on se croit dans la réalité ? Qu'on oublie complètement la plongée dans le virtuel ?
- Vous êtes chiant, vous ne pouviez pas me laisser avec elle jusqu’au petit déjeuner.
- Quand vous aurez acheté la machine, vous aurez tout le loisir de la retrouver. En plus, est intégré un système entièrement automatisé et indolore de perfusion des éléments nutritifs et d'évacuation des déchets. Vous pourrez donc rester branché continuellement et à condition qu’un de nos techniciens veille sur l'installation par télémaintenance, vous finirez votre vie avec le double virtuel de votre aimée. Comme vous êtes immergé entièrement dans la cage à tactations sensorielles, le toucher est fidèlement reproduit. Le stimulateur sexuel est d’une rare ingéniosité et permet toutes les fantaisies. Les phases de sommeil sont imbriquées parfaitement avec la réalité virtuelle. Comprenez qu'aujourd'hui, il est trop hasardeux d'attendre que l'être aimé vous aime à son tour.
- Je ne pourrais donc jamais en sortir. Je serai condamné à rêver ma vie.
- Comme vous avez assez d'argent pour vivre de vos rentes, ne vaut-il pas mieux que votre vie soit telle que dans vos rêves les plus fous de vie commune ?
- Oui, sans doute. Mais que va devenir l'humanité dans tout ça ? rétorquai-je en montrant toute l’installation.
- D’ici quelques milliers d’années, un cerveau démultiplié avec des membres atrophiés, comme des filaments, une nouvelle espèce de méduse selon nos spécialistes de l’évolution.
- Quelle évolution !
- Mais un bonheur de tous les instants ! Vous connaissez notre slogan : Quand International Virtual System fabrique vos rêves, le jardin d’Éden n’est pas loin.
- Faut-il donc que cette terre de désolation redevienne pour nous le Jardin d’Éden ? Merci IVS. Gloire au maître de la technologie ! On pourrait croire que vous êtes le représentant de la Grande Prostituée pour séduire ainsi le monde de vos inventions.
- Quelle drôle d'idée ! Nous vendons du bonheur. Sans nous, Antéa et vous, ce serait resté du domaine de l’intangible, de l’imaginaire.
- Que nous reste-t-il quand même nos rêves se réalisent !
- Pourquoi refuser les bienfaits de l’innovation virtuelle ! Pourquoi souffrir le reste de votre vie, alors que le bonheur est là ! Pour étancher votre soif amoureuse avec la personne dont vous avez besoin mais qui repousse vos avances, il vous suffit d’entrer dans la cuve et elle vous redeviendra pareille à vos souvenirs.
- Le bonheur se trouve-t-il dans une cuve ? N’est-ce pas la fameuse boîte de Pandore que j’ai entrouvert ici?
- Vous me semblez porter aux nues les valeurs anciennes. Dites, ne seriez-vous pas un de ces fondamentalistes à l’esprit étroit ? »
Voyant qu’il avait bipé la sécurité, je le rassurai de mes intentions.
« Allons, je ne serais pas votre meilleur client depuis tant d’années si j’avais dans l’idée de prôner le retour à la nature!
- Vous faites bien, fit-il en faisant signe aux gardes de la sécurité que tout allait bien.
- Qu’auriez-vous fait de moi si j’avais été un de ces fondamentalistes ?
- Comme les drogués chimiques et les prisonniers de droit commun, vous auriez connu nos geôles jusqu’à votre totale conversion au virtuel.
- Le monde virtuel était donc le remède miracle pour soigner les inadaptés, pour avancer vers une société idéale !
- Oui, tout à fait. Regardez-vous même les statistiques, la délinquance, les attaques à mains armées, les viols n'appartiennent plus qu'au passé. On ne se soucie plus d’essayer de rééduquer des êtres violents par nature, je vous prie de croire qu'on les immerge dans des mondes effrayants où ils sont soumis aux pires épreuves, telles que des traversées de désert sans eau, des parties de chasse où ils sont le gibier. Quand ils ne meurent pas d’une attaque, ils perdent la raison et on les achève sans la moindre pitié et ça coûte beaucoup moins cher à la société, on n’a pas à les nourrir bien longtemps. De même, les drogués en passant du chimique au virtuel ne sont plus à traîner dans les rues avec leurs pupilles dilatées d'hier, ils n’agressent plus personne. Ils croient vivre enfin dans un monde facile où tout et chacun leur sont accessibles comme dans leurs délires chimiques. Les émotions qu'ils accumulent les conduisent à l'overdose de stimuli. Finalement, leurs corps s'agitent comme des pantins, on les déconnecte et le plus souvent, ils crèvent dans la journée qui suit, le cerveau agité.
- C'est monstrueux !
- Allons, vous ne risquez aucun de ces désagréments, nous sommes là pour veiller sur vous. Vous être notre client, pas notre cobaye.
- Qu’est-ce qui vous dit que je ne représente aucun danger ?
- Après analyse de vos paramètres comportementaux, il nous a semblé que votre attachement pour Antéa était tel que vous ne pouviez pas supporter l’idée même de lui porter le moindre préjudice, aussi ténu soit-il ! »
Soudain, je vis Antéa au centre du salon Imagina. Elle avait assisté à mon expérience. Elle s’approcha du stand. Elle me prit à part m’arrachant au promoteur.
« Gémani, si tu m'aimes tant que ça, je veux bien qu’on se remette ensemble.
- Je ne suis pas un meilleur parti qu’avant !
- Mais, je m'en fous. Ce n'est pas un bon parti que je cherche mais un mec qui tienne vraiment à moi. Comme tu sembles prêt à vivre comme un légume accroché à cette saloperie seulement pour imiter ce qu'aurait été la vie avec moi, je préfère sacrifier mon chéri virtuel.
- Je crois que ton double virtuel mettra plus de piment dans ma vie que tu ne pourras jamais m’en apporter.
- Mais, il ne me vaudra jamais. Il ne pourra jamais avoir suivi le même chemin d'évolution que moi. Ce ne sera qu'une vague copie stagnante. Ne crois-tu pas que ça serait plus simple et plus naturel qu'on vive ensemble avant qu'on ne devienne pareil à ces drogués virtuels à moitié dingues !
- Tu m’as toujours reproché d’être dingue de toi.
- Aujourd'hui, j'ai compris. Oublions le passé. Viens avec moi et nous vivrons cette relation dans la vie réelle.
- C'est toi qui me dis ça, on croirait rêver !
- Écoute, tu m'as montré combien tu m'aimais et cet amour, j'ai envie de le recevoir au lieu qu'il se perde avec mon clone virtuel. Prends-moi telle que je suis. Je te ferai tout ce que tu veux, mais je t'en prie, débranche du virtuel !
- Je regrette mais je n’ai plus confiance en toi; Tu pourrais encore m’abandonner tandis qu’elle me restera fidèle. Je préfère retourner dans la cuve, là-bas tu m’aimes passionnément et sans conditions.
- Mais, je suis la vraie, l’originale. Essaie-moi et tu oublieras la copie.
- Laisse-moi. Elle, au moins, ne m’a jamais fait mal.
- Mon Gémani...
- Gardes m’écriai-je, c’est une fondamentaliste, dis-je en la pointant du doigt. Empêchez-la, elle veut vivre avec moi ! Elle prône les valeurs de la vie originelle. »
Un filet s’est abattu sur elle. Elle fut emmaillotée et traînée vers le fourgon.
« Gémani, je t’aime !
- C’est toi la copie, tu n’es pas conforme à mon idéal, tu es gagnée d’avance, trop facile. Tu ne lui ressembles pas, lui répondis-je !
- Mon amour, reprends-moi je t’en prie, pardonne-moi ! »
Je me suis bouché les oreilles. Je suis revenu vers le promoteur et j’ai signé le contrat. Je suis rentré dans la cage, je me suis senti partir, j'ai tout oublié et j’ai retrouvé mon Antéa dans son lit mais elle s’emporta contre moi :
« Tu ne pouvais pas faire attention, [scène omise]
- Je suis désolé, c’est la première fois, je n’ai pas l’habitude.
- Je te pardonne si tu m’apportes le petit déjeuner au lit. »
C’était le rêve ! Elle me précisa tout ce qu’elle voulait et en le préparant, je pensais à elle avec ravissement. Que de journées et de belles nuits, j’imaginais déjà partager avec elle !

Quelques questions pour voir si c'est des réponses que vous cherchez :

N°31 - Les jours de la semaine actuelle ne correspondent pas aux jours véritables (esotériques). Quelle est la correspondance ?

N°32 - Comment peut-on savoir quand l'on peut envoyer notre Intime visiter tel ou tel Génie sidéral ?

N°33 - Combien de temps les vénusiens travaillent-ils chaque jour ?

N°34 - On entre dans la gnose, mais comment en sort-on ?

N°35 - Quel livre de Samael donne une pratique différente à suivre à mesure que le soleil change de signe ?


Si vous voulez connaître les réponses :

31 à 35 - Jours de la Semaine Véritable, Génies, Astrologie ésotérique

 


 
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Table des matières : 
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Les apparitions fantomatiques
Psychothérapie amoureuse
La confession de Méphisto
Les conséquences d'un oubli
Une si vague idée
Les mensonges du passé
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La ballade de Méphisto
La tache rouge sale
Un ligand d'éternité
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Les délires de Morphée
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La fiancée de Gulliver
Les gestes de la passion
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De la technologie à l'amour
Séquestration abusive
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