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HISTOIRES D'AMOUR
 
 

Une passion dévorante



Elle était là tout près, à quelques enjambées à peine. Elle m'apparaissait dans toute sa splendeur. On aurait dit qu'elle sortait de ma cage cérébrale. Il me semblait la connaître depuis toujours. J'ouvris la bouche, mais pas un mot n'en sortit. Elle souriait. Il semblait qu'à ses yeux, il n'y avait que moi. Elle était comme en admiration. Elle n'allait pas partir, ni filer au coin de la rue et courir pour rentrer chez elle dans la crainte que je la poursuive. Je souffrais de la chaleur et depuis un moment déjà, je transpirais à grosses gouttes. Je m'épongeais le front pour ne pas trop luire au soleil. Je soutenais avec peine son regard. Je me figurais presque qu'elle m'avait fait attendre toutes ces années pour ces retrouvailles inespérées.

Combien de fois avais-je espéré être si proche d'elle et je n'arrivais pas à faire le moindre pas vers elle, approcher ma bouche de ses joues et venir la prendre dans mes bras ! Moi qui désirais tellement venir auprès d'elle ! Son apparition m'avait désarticulé. Son regard persistant me transperçait de part en part. Elle me faisait mal. J'avais presque envie de me cacher derrière l'arbre pour m'ôter de sa vue mais ça n'aurait pas fait bien sérieux.

Maintenant qu'elle me contemplait, je me sentais mis à nu. Je n'avais plus le téléphone ni la page griffonnée pour me cacher à son regard. Pourquoi m'avait-elle écrit cette si longue lettre où elle me priait ardemment de venir la voir après toutes ces années ? Qu'avait-elle donc à m'annoncer de si important qu'elle ne puisse me dire au téléphone ou par écrit ? J'oubliai qu'elle en avait après moi. J'avais longtemps galèré à des années-lumière de ma belle mais là, il me semblait la retrouver pareille qu'au temps passé. Elle était là ! Elle n'approchait pas encore, c'était comme si elle cherchait à me photographier dans son esprit. Je prenais des bouffées d'air comme si mon être se dissociait, si mon âme cherchait à s'échapper pour venir recouvrir les épaules nues qu'elle me présentait. Elle tressaillit. Je commençais à avoir des fourmis dans les jambes et le soleil m'aveuglait à moitié. J'ai reculé contre le mur pour me mettre à l'abri de sa lumière en bénéficiant de l'ombre de l'arbre. J'étais ému. J'avais enfin ma récompense mais ça n'allait pas, je voulais me fondre en elle et j'avais peur que son corps me fasse résistance. J'avais tant délié ma langue par le passé que je voulais aujourd'hui me régaler de chacun de ses mots. Mais elle ne disait rien et je ne voulais pas rompre le magique de l'instant laissé blanc.

J'étais comme un jeune enfant, un petit oisillon désemparé que l'on a jeté hors du nid et qui fait cui-cui au bas du grand pin de peur qu'on ne le mange. Il aurait fallu que je me montre viril mais ça n'aurait pas pris longtemps. J'étais mal à l'aise de me trouver près d'elle, l'esprit vide sans inspiration. En fait, aucune fille n'aurait pu avoir le béguin pour moi. Elle, j'avais dû la marquer parce qu'elle était réceptive pour quelque obscure raison. Ô, je n'avais pas été son premier amour ! Mais après moi, elle n'avait plus jamais promis l'amour toujours à qui que ce soit. Elle n'avait sûrement rien conservé de notre liaison passée. Ce n'était pas possible qu'elle m'aimât encore. Il me semblait exploser de l'intérieur. Les arêtes du mur me pénétraient la chair mais je ne devais rien dire. Je sentais son amour me broyer les os alors qu'elle ne m'avait pas encore touché, pas même effleuré.

Il me semblait la voir approcher comme au ralenti. Je vis ses doigts monter vers mon visage, venir desserrer mes dents et aiguiser mes lèvres. Ensuite, sa bouche plongea sur moi. A son contact, mes lèvres se sont enflammées. Puis nos langues se sont trouvées pour éteindre l'incendie qui me ravageait. Alors seulement, je l'ai prise aux épaules mais elle était trop lourde pour que je la ramène vers moi. Avec regrets, je me contentais bon an mal an de caresser ses épaules nues.

Des gouttes de transpiration descendaient de mes tempes et elle s'efforçait de les recueillir dans sa bouche en me baisant le visage. Elle agrippa mes cheveux en projetant ma tête en arrière pour m'embrasser encore plus fougueusement. Et brusquement, elle a retiré sa langue mais son visage tout prêt du mien, elle m'a transporté du souffle de sa voix.
« Promets-moi que tu ne me laisseras plus vivre loin de toi !
- Je préfère te savoir loin et épanouie que te voir te faner avec moi !
- Resplendis comme au premier jour et tu me verras toujours grandie par notre amour.
- Je n'ai plus d'énergie à offrir, je ne suis qu'un bois mort qui part au fil de l'eau.
- Hé bien, soit ! Je te porterai telle la rivière emporte les troncs d'arbres.
- Ne crains-tu pas que ton courant soit affaibli par ma charge ?
- Au contraire, c'est en toi que je puiserai la force d'aller plus loin.
- Et si sur un bras de rivière, tu me fais m'échouer ?
- Ce sera pour mieux te reprendre après.
- Ne chercheras-tu pas plutôt à me briser contre les rochers sur lesquels tu t'aiguises sans cesse ?
- Il me faudra bien te malmener un peu pour t'endurcir.
- Et si je me noie en toi ?
- Plus tu t'enfonceras au plus profond de moi et plus je te ferai ressortir haut et vite pour que tu retombes encore plus lourdement ! »

Mes bras s'engourdissaient dans son dos dégagé. C'est elle qui me soutenait et je me laissais reposer contre ses flancs. Elle était à peine plus grande que moi. Heureusement, elle ne portait pas d'escarpins mais des sandales. Elle avait une robe toute fleurie, la peau délicieusement marbrée par le sable et le soleil. Elle a pris ma main dans la sienne, s'est échappée de moi et m'a forcé à la suivre. Je comptais les arbres devant lesquels nous passions quand elle s'arrêta devant une voiture et ouvrit la portière. C'est à peine si elle me présenta à ses parents en murmurant mon prénom. Je me suis engouffré à sa suite, sur la plage arrière en les saluant vaguement. Mais de nouveau, elle a suspendu ses lèvres aux miennes, me rassurant de son amour. Je ne comprenais pas trop ce qui m'arrivait. Je n'avais jamais été embrassé et pensais ne jamais l'être. Quand elle me laissa à l'air libre, je n'étais pas au bout de mes peines.
« Je t'aime, reprit-elle les yeux rivés dans les miens. »

Ma main s'engouffra dans son épaisse chevelure, prenant goût à m'en mettre plein les doigts. Quand je sentis qu'elle laissa sa tête s'abandonner dans le creux de ma main, je la descendis pour lui tenir fermement la nuque.
« Serre-moi dans tes bras, m'implora-t-elle. »
Je l'ai rapprochée de moi juste à peine portant mon autre main contre sa hanche juste à peine pour la glisser entre sa peau nue et la banquette.
« Souviens-toi. »
J'ai fermé les yeux. Mais ce qui me restait du passé n'était rien en comparaison de son abandon du moment.
« Parle-moi. »
Mais, je n'ai rien trouvé à dire.
« Dis-moi que tu m'aimes. »

Mes lèvres sont restées closes. Elle devait bien le sentir. J'ai retiré ma main de sa hanche. J'ai reculé ma tête de son visage pour mieux l'observer. Les lèvres entrouvertes, elle gardait les yeux fermés et cherchait ma bouche dans l'espace sans l'y trouver. Je la trouvais belle. Elle avait chaviré dans mes bras. J'ai plongé mes mains dans mes poches et j'ai fait pleuvoir sur elle des pétales de roses du matin. Je me suis rassis à ma place, l'esprit embrouillé d'un trop plein de bonheur. Mais elle reprit la charge et vint se serrer contre moi. J'entendis sa mère me dire combien sa fille avait souffert toutes ces années de notre éloignement. Je voulais bien la croire à la façon dont elle me volait des baisers. Elle ne pouvait pas mettre plus de passion qu'elle en avait à se porter sur moi. On s'est arrêté devant la villa. On a franchi le portique. On est montés main dans la main comme font les jeunes amants. Je me suis pincé mais je me suis fait mal. Désormais, je n'avais plus à l'imaginer, elle était bien là.

On est allé dans sa chambre, elle a baissé les stores. Elle a dessiné sur son genou les cheveux d'une femme avec le visage à peine esquissé. Pendant ce temps, j'avais comme l'impression de ne plus exister pour elle. Elle a mis Nirvana dans la platine laser et s'est tournée vers moi et sur le rythme endiablé, s'est déhanchée voluptueusement devant moi pour m'inviter à venir contre elle.

J'avais envie d'elle, elle le savait, mes yeux ne voyaient plus que son corps. Mais chaque fois que je m'approchais d'elle pour la saisir, elle faisait exprès de m'échapper, grimpant sur le lit et j'étais trop épuisé pour la suivre dans son manège alors je la laissai m'émoustiller encore davantage. Elle se dévêtit mais avant qu'elle ait fini son numéro, je m'étais assoupi. Quand je repris mes esprits, je sentis son corps nu s'agiter contre le mien qu'elle avait aussi déshabillé. Elle me faisait l'amour mais rien à faire quand la bête ne s'éveille pas, alors elle s'est retirée de moi. A moitié en pleurs, elle a téléphoné à son amie Danaé, j'ai posé ma main sur son épaule, laissant mon bras en travers de sa poitrine et me suis rendormi en position ventrale.

Au petit matin, on est allé sur la plage. Elle pataugeait dans dix centimètres d'eau. Elle semblait contrariée en observant le flux et le reflux des vagues sur le sable humide.
« Tu ne me désires plus, m'a-t-elle demandé sans me regarder.
- Je ne sais pas. Peut-être que j'attendais trop de cette rencontre. Maintenant qu'elle s'est produite, que l'émotion s'est dissipée, il n'y a plus ni magie ni espérance.
- Et toutes ces années que tu as passées à songer à moi, à me rappeler à ton bon souvenir ! Pourquoi aujourd'hui, fais-tu des manières quand ton rêve se réalise enfin, que je reviens vers toi ?
- Je m'étais habitué à l'idée de t'avoir perdue. Je ne pensais pas que tu reviendrais vers moi. Je me sens comme pris dans un étau. »

Elle s'est assise dans le sable humide en serrant ses genoux entre ses bras. Elle tremblait parce qu'elle se trouvait dans mon cône d'ombre et qu'un vent rafraîchissant soufflait. Le menton levé, elle me scrutait. Elle avait les yeux brillants. Elle m'a souri. J'ai vu sa poitrine palpiter comme si son coeur s'emballait tout seul. Mais plutôt qu'une crise de larmes, elle entama un monologue précipité.

Elle me raconta le pourquoi de toutes ces années, mais je ne l'entendais pas, je ne la regardais même plus, j'avais relevé la tête et je regardais les reflets du soleil sur la mer à l'horizon. Alors, elle a tiré sur ma main pour m'obliger à m'agenouiller prés d'elle.
« Dis, tu m'écoutes ?
- Oui, fis-je d'un air absent sans baisser mon regard sur elle.
- Mais qu'as-tu ? On dirait que tu es ailleurs, n'es-tu pas heureux d'être là avec moi ?
- J'ai perdu mes anciens repères. Aujourd'hui, je me rends compte que tu es une vraie personne.
- Tu aurais voulu que je reste la même jeune étudiante paumée d'il y a cinq ans ?
- Je ne sais pas. Au premier abord, tu m'as transporté mais maintenant...
- Qu'est-ce qui t'effraie, dis-moi ?
- Que tu m'acceptes pleinement à tes côtés, de devoir marcher avec toi, de devoir être avec toi, de savoir que je ne suis plus seul, que je dois faire quelque chose de ma vie pour construire ensemble.
- Je sais que tu n'as pas l'habitude d'être aimé, c'est pourquoi j'irai à ton rythme, je prendrai chaque miette d'attention que tu m'accorderas. Je te promets que si je te vois dépérir, te faner, te détruire, je m'en irai parce que je te veux seulement grandi par notre amour. »
Je ne lui répondis pas. Mais, mon esprit était un champ de bataille. Je n'arrivais pas à faire coïncider sur elle, l'idéal que j'avais gardé si précieusement. Durant toutes ces années, je n'avais pas eu de visage auquel me raccrocher et aujourd'hui, on me l'imposait avec un corps mais au lieu de m'éblouir, je me rendais compte qu'elle n'était qu'un être humain, une femme parmi d'autres, qu'avait-elle de plus, qu'avais-je donc imaginé !

Soudain, un voile s'est levé à l'horizon. Je l'ai aidée à se relever et on a marché en se tenant par la taille. Elle faisait fouetter ses cheveux au vent en secouant la tête. Comme elle sentait bon, mon aimée !
Le mistral se levait. Le ciel bleu se mêlait de gris, d'orange et de noir comme pour annoncer une passion brutale. Je la sentais au creux de ma main, complètement détendue. Elle déposa amoureusement sa tête au creux de mon épaule. On marchait le long du rivage et je me rappelais les paroles d'une chanson de Joe Dassin : « Et si tu n'existais pas... »

 

Commentaires : on imagine ce que pourrait être les retrouvailles avec l'être aimé. Mais si c'était différent de ce que l'on a imaginé. Et si l'on sentait alors comme un étau, que maintenant, c'est sérieux, qu'il faut vivre avec l'autre.

Avez-vous des inquiétudes spirituelles ? Un intérêt particulier pour l'ésotérisme ? On dit des choses ici et là mais ce sont souvent des gens qui ne sont pas connectés au ciel qui affirment des choses sans savoir. Découvrez Samael et la gnose qu'il nous a transmise dans ses oeuvres. Il a répondu pratiquement à toutes les questions spirituelles qu'on peut se poser. Tout simplement, parce qu'il avait développé la faculté de se rendre dans les mondes internes, comme là où vont les morts. Il a developpé une méthode en 3 points qui nous permet de retrouver le Divin en nous. Cela a pour nom les facteurs de Révolution de Conscience. Il esiste deux approches différentes :

1/ Ceux qui ont besoin d'être convaincu, de découvrir les thèmes développés par la gnose, de nourrir le mental de vérités, pourront visiter le forum du Phare Gnostique : Samaël Aun Weor :

Forum de l'Arche Gnostique - Forum sur Samael Aun Weor


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Si vous hésitez, quelques questions, de quoi voir si c'est des réponses que vous cherchez :

N°1 - Comment se nomme notre Système Solaire ? Combien de planètes compte-t-il ? Quels sont leurs noms ?

N°2 - Quelles sont les 3 forces ?

N°3 - Quelles sont les 3 natures de la Trinité ? (les qualités correspondantes à chacun)

N°4 - De quelle nature sont les péchés commis par les hommes contre la Trinité ? Ces péchés sont-ils pardonnés ? Sinon, que peut on faire ?

N°5 - Quelles sont les 3 couleurs de la Trinité ?

Si vous voulez connaître les réponses :

1 à 5 - Planète - Système Solaire - Trinité

 

 
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Table des matières : 
Une passion dévorante
Les apparitions fantomatiques
Psychothérapie amoureuse
La confession de Méphisto
Les conséquences d'un oubli
Une si vague idée
Les mensonges du passé
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La ballade de Méphisto
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Au bout de la vallée calcinée
La chute des souvenirs
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