Je
ne me souvenais pas de ce qui m'avait poussé à
venir m'installer sur la Côte d’Azur. Cela
faisait vingt ans que je vivotais dans la banlieue marseillaise
avec pour seul bien une caravane de chantier. La mairie
m’autorisait à occuper les lieux en contrepartie
de l’entretien d'un jardin communal.
Ce jour-là, j’étais le jouet de deux
femmes. Elles échangeaient des propos rieurs en
me jetant des oeillades discrètes. J’avais
croisé leurs regards chaque fois que je m’étais
retourné. La moins jeune s’est levée.
Elle a marché dans ma direction, s’est arrêtée
pour me demander si on ne se connaissait pas. J’ai
levé les yeux vers elle et lui ai répondu
qu’elle devait se tromper. Elle m’a instamment
prié de bien la regarder mais je n’ai pas
changé d’avis. J’ai recommencé
à tailler les rosiers et elle s’est éloignée
pour revenir sur le banc auprès de sa jeune amie.
Quand une femme entamait la conversation avec moi, j’avais
pris l’habitude de la décevoir au plus vite
pour ne pas la tenter et la faire fuir avant que je ne
sois troublé par ses manières. La compagnie
des femmes me donnait des bouffées de chaleur.
J’étais allergique au sexe féminin.
Celle-ci, environ la quarantaine, avait pourtant des manières
d’adolescente. Je commençais à me
poser des questions comme d’habitude. Si j'avais
été charmant avec un beau costume mais je
ne portais que l'habit gris d'employé communal.
A la voir agir, on comprenait qu’elle n’eût
pas encore élevé ses barrières de
protection, elle était restée vraie, toute
prête à se dévoiler, comme une femme
enfant. Elle n’était pas sans me rappeler
une présentatrice, souvenir lointain de nuits passionnées.
La même joie, le même charme, la même
élégance avec de la malice plein les yeux,
le regard taquin, cette même envie de découvrir,
de communier avec l’autre le temps de quelques heures.
Petit à petit, je me suis rapproché d’elles
en taillant les rosiers. Elle avait un rire délicieux
qui me transportait. Je continuais à la regarder
du coin de l’oeil, je me sentais irrésistiblement
attiré. Pour la première fois de ma vie,
j’ai osé adresser la parole à des
femmes qui me plaisaient.
« Mesdames, puis-je me permettre de vous offrir
quelques roses ?
- N’en faites rien surtout, nous serions accusées
de dégradation communale. »
Mauvaise entrée en matière me suis-je dit
! Pour une première, c’était raté,
pourquoi n’avoir pas commencé par une réflexion
anodine sur le temps ! Comme j’avais été
stupide, j’avais gâché ma chance !
Où en étais-je ? Ne sachant pas quoi rajouté
maintenant que je m’étais brûlé,
je bredouillais lamentablement une moitié de phrase
incompréhensible, ce qui les rendit hilares et
les fit s’en aller. Je suis revenu m’occuper
de mes rosiers en me demandant ce qui m’avait encore
pris ! Comment avais-je pu imaginer plaire à des
canons pareils !
Le lendemain, la plus jeune est revenue seule flâner
dans les environs. En me croisant, elle m’a souhaité
une bonne journée. J’ai fait la remarque
qu’elle n’était pas accompagnée
par son amie plus âgée. En prenant l’air
préoccupé, je lui ai demandé si elle
n’avait rien de grave. Elle a sympathisé.
J’appris que la femme plus âgée était
sa mère. Elle m’a demandé comment
je m’appelais. Elle me répondit que son frère
portait le même prénom que moi, ce qui parut
l’enchanter.
Quand je terminais mes journées de travail en milieu
d’après-midi, elle se promenait à
mon bras dans le parc. Je lui expliquais comment reconnaître
les différentes espèces de roses. Elle avait
une préférence marquée pour les tachetées.
Elle m’écoutait attentivement et me posait
des questions comme si ça la passionnait. Elle
était pleine de gaieté, parfois même,
j’arrivais à la faire rire. Quand nous sortions
du parc, je voyais sa mère qui nous suivait en
voiture mais je faisais semblant de rien. Elle devait
sans doute s’imaginer que je cherchais à
séduire sa fille mais j’appréciais
davantage de me sentir traqué comme une bête
fauve, ça me donnait l’impression d’exister.
Béatrice, c’est ainsi que s’appelait
ma jeune amie, m’invita à passer à
la maison pour me changer les idées. Elle disait
que ça me sortirait un peu de ma solitude de vieux
garçon complexé. C’est vrai qu’elle
était pratiquement la seule personne à qui
je parlais.
Je me rendis chez elle un bouquet de violette à
la main, un peu ridicule dans le costume du dimanche que
j’avais emprunté. Je portais si mal le vêtement
! C’est sa mère qui me reçut et m’invita
à entrer dans sa demeure. Béatrice accourut,
voyant le bouquet, me demanda si comme les roses, elles
venaient du jardin communal. Un peu outragé, je
répliquais fièrement qu’elles venaient
du fleuriste mais que la décoration ornementale
était de moi. Sa mère me demanda à
qui était destiné le joli bouquet. Me sentant
désarçonné, Béatrice coupa
court en affirmant qu’il devait sûrement être
pour toutes les deux. Sa mère m’aida à
retirer ma veste tandis que sa fille me prit le bras en
disant vouloir me faire visiter la maison. En entrant
dans le salon, je fus présenté à
son frère Gémani dont elle m’avait
déjà parlé. Mais par des jeux de
miroir, je vis que leur mère était en train
de fouiller dans les poches de mon veston. Elle en sortit
mon portefeuille qu’elle déplia et observa
longuement. Il m’a semblé voir son teint
s’éclaircir, ses yeux s’illuminer.
J’ai craint d’être chez la famille coupe-gorge.
Je n'avais qu'un billet de cinquante euros et quelques
pièces mais dans ces temps difficiles, cela pouvait
représenter une véritable fortune ! D’une
minute à l’autre, je m’attendais à
être bâillonné, goudronné, plumé
et immolé dans la cave. Je les voyais déjà
m'enterrer dans le jardin avec les autres.
Mais,
Béatrice me sortit de ma rêverie en m’invitant
à m’asseoir. Sa mère revint avec un
vase court pour y plonger mon bouquet de violettes. L'ambiance
me paraissait tendue. Ils ont commencé à
me poser des questions sur ma vie. J’avais l’impression
de passer un interrogatoire dans un commissariat. Béatrice
tira le rideau pare-soleil et soudain, je fus illuminé
au point que je dus fermer les yeux. Le soleil qui filtrait
par la vitre, faisait office de lampe aveuglante. Je répondais
par des réponses brèves et des explications
succinctes. Leur mère jouait le rôle du commissaire.
Elle lançait à la charge ses deux inspecteurs
l’un après l’autre pour essayer de
me prendre en défaut. Elle passait curieusement
la langue au coin de ses lèvres à chacune
de mes réponses. Je lui souris quelque peu gêné.
Elle engagea la conversation de but en blanc pour couper
court à ses enfants.
« Vous souvenez-vous avoir connu une femme qui se
prénommait Antéa ?
- Antéa, joli prénom mais ça ne me
dit rien, je regrette ? Devrait-il m’âtre
familier ? »
Voyant son air abattu, je lui expliquais qu'à la
suite d'une commotion cérébrale, j’avais
souffert d’amnésie. Depuis, je ne me souvenais
pas de mes trente-cinq premières années.
J’ai vu alors les yeux de la quadragénaire
se perdre dans le néant.
« Et la date d'aujourd'hui ne vous est-elle pas
familière ? renchérit Béatrice.
- Non, pas davantage, je regrette.
- C'est l'anniversaire de maman ! »
Béatrice et Gémani semblaient désemparés.
Leur mère essuya une larme en essayant de se ressaisir.
Elle me regardait sans rien dire mais en respirant très
fort. Était-elle asthmatique ? Ne voulant pas les
blesser davantage, je coupais court à leurs questions,
leur disant qu'il me fallait partir. Je me sentais mal
à l’aise à cause de la sueur qui m’envahissait
partout, j’avais envie de me retrouver seul pour
m’éponger tranquillement. Leur mère
s'enfuit alors brusquement en montant à l’étage.
Me sentant fautif, je réfléchis que je ne
pouvais pas les quitter comme ça après les
avoir mis dans l’embarras. J’ai gravi à
mon tour les marches de l’escalier. J’ai pris
une profonde inspiration et j’ai frappé à
la porte de sa chambre. Elle m’ouvrit, les yeux
étincelants, la gorge envahie d’un trop plein.
J’avais dans l’idée de la consoler.
« Je suis désolé si je vous ai peinée,
veuillez croire sincèrement que c’était
pas mon intention. Je vous demande pardon, je suis souvent
maladroit.
- C’est seulement que j’avais cru...fit-elle
seulement avant de tomber en larmes. »
J’essayais de la remettre de ses pleurs en lui prenant
la main délicatement en la tapotant tendrement.
Je vis ses lèvres s’orner d’un joli
sourire auquel succéda un rire nerveux.
« Savez-vous que votre rire m’est agréable,
presque familier.
- Vous ne vous rappelez de rien d’autre, vous me
le jurez ?
- Non, votre visage m’est inconnu.
- Ce n’est pas étonnant. On s’est connu
il y a bien longtemps avant ta commotion. J'avais des
photos de toi mais de moi, tu n'en as jamais eu. Je ne
voulais pas que tu deviennes esclave d'une image. Je peux
te montrer encore les tiennes si tu veux, elles sont là
bien rangées dans un coffret doré dans le
premier tiroir de ma table de nuit.
- Non, ce n’est pas nécessaire, je vous crois
mais comment vous ai-je connue ?
- C’était il y a bien longtemps. Sur un chat
tout d’abord et ensuite, tu m’as proposé
de t’appeler au téléphone. Tu me récitais
des poèmes que tu avais écrits pour d’autres.
Je suis tombée amoureuse de toi au bout de quelques
jours et j’ai fait en sorte que tu m’aimes.
- Comment donc ?
- En mettant tout en oeuvre, comme je t’avais dit
avoir vingt-quatre ans pour paraître plus femme
et plus en accord avec ton âge, il me fallait échafauder
des montagnes de mensonges pour ne pas m’emmêler
les pinceaux quand tu me posais des questions sur ma vie.
- Est-on sortis ensemble longtemps ?
- Non, on ne pouvait pas. Tu habitais trop loin d’ici,
à Annecy. Tous les jours, je t’appelais.
Je laissais sonner trois coups et tu me rappelais. On
s’écrivait et tu disais que tu m’aimais.
Je te racontais mes journées, on parlait de tout
et de rien et ça te suffisait comme à moi...
enfin, je croyais.
- Pourquoi ne s’est-on pas rencontrés ?
- Parce que je t’ai abandonné au bout de
40 jours !
- Tu avais fini de m’aimer ?
- Je n’arrivais pas à te dire que je n’avais
en réalité que dix-neuf ans, que je n’étais
pas indépendante, je n’étais pas une
femme active comme je l’avais prétendu. En
fait, je voulais t’encourager à devenir responsable,
à entrer dans la vie active au lieu de végéter.
Mais, ma mère a tout découvert de notre
relation téléphonique et épistolaire.
Elle m’a menacé de me couper les vivres si
je continuais à déserter les cours pour
t’appeler au téléphone. Je n’aurais
pas pu venir vivre avec toi, tu n’étais pas
indépendant, tu vivais aussi chez ta maman. Et
on avait une grosse différence d’âge
!
- Combien ?
- Douze ans et douze jours de différence!
- C’est exceptionnel, plutôt un bon signe,
ne crois-tu pas ?
- Mais, j’étais majeure, ma mère n’avait
rien à dire ! Ca ne la regardait pas. Et pourtant,
ça ne l’a pas empêché de te
téléphoner pour te dire que tu mettais en
péril mes études. Tu as arrêté
de m’écrire et j’ai arrêté
de t’appeler.
- Et pourtant, je ne t’ai pas oubliée aussi
facilement, n’est-ce pas ?
- Un temps seulement puis tu m’as inondée
de lettres. Alors, ma mère m’a dicté
une lettre où je te disais de m’oublier,
que sans toi, j’avais recouvré mon équilibre.
Là, tu as compris mais six mois plus tard, tu m’as
téléphoné. Mais au bout de quelques
jours, tu as soudain cessé brusquement. Et j’ai
dû attendre encore six mois pour que monsieur daigne
m’écrire de nouveau. Et là, j’ai
craqué et je t’ai rappelé...
- C’était une attirance fatale ?
- Oui ! Depuis que tu avais connu mon âge véritable,
tu avais tracé mon thème astrologique et
tu avais trouvé nos Vénus en conjonction
au degré près, mon signe solaire était
du signe de ta Vénus, sans compter que j’avais
d’autres planètes en conjonction avec ton
soleil. Je ne comprenais pas tout mais ça semblait
expliquer notre attirance fatale.
- Je me suis suffit de cet amour platonique ? N’ai-je
pas essayé de venir te voir ?
- Si mais j’ai pris peur quand je t’ai vu
sur le banc. J’ai continué mon chemin comme
si de rien n’était, de peur que tu me reconnaisses
et au coin de la rue, j’ai couru comme une folle
de peur que tu me poursuives et j’ai fait le tour
du pâté de maison pour me réfugier
chez moi. Après, je ne suis plus sortie de ma villa,
t’observant en cachette de derrière les rideaux.
- Et après ?
- Hé bien, quand je partais en voyage pendant l’été,
tu m’envoyais des colis. Pendant l’année
universitaire, tu m’envoyais de l’argent tous
les mois, jusqu’au jour où je t’ai
dit d’arrêter. Je me sentais fautive d’exploiter
tes sentiments restants pour moi. Hé fatalement,
je ne t’ai plus appelé.
- Tu m’as laissé choir comme ça ?
- Pratiquement, mais cela ne t’a pas découragé.
Tu m’envoyais de beaux bouquets ronds, grassement
romantiques, style Boétie, Debussy, alors je me
sentais obligée de t’appeler pour te remercier
mais je ne voulais pas que tu imagines des choses, alors
je te parlais de mon grand amour du moment. La seconde
fois, je t’ai demandé si tu m’aimais
encore, comme tu m’as dit non, je me suis risquée
à te demander si ça ne te faisait rien que
je ne t’appelle pas pendant quatre ans, tu m’as
répondu de faire comme je l’entendais, que
je n’avais pas de compte à te rendre, que
j’étais libre. Alors, je me suis dit que
tu ne tenais plus à moi et donc que je n’avais
plus à veiller sur toi.
- Et j’ai laissé tomber ?
- Non ! Tu m’as envoyé de l’encens,
des parfums, des shampooings, des soins pour le visage,
du vernis, des fonds de teint, de l’huile pour le
corps, des tee-shirts, un châle, un paréo
à fleurs ridicule comme si j’avais la taille
mannequin et cela pendant plusieurs années !
- Ne te lassais-tu pas de ces cadeaux imbéciles
?
- Non, mais tu m’as blessée le jour où
j’ai reçu deux caracos en taille 3 et 4 comme
si tu m’imaginais obèse. De plus, je n’ai
pas apprécié que tu oses m’envoyer
des sous-vêtements alors que nous n’étions
pas intimes, sans parler de ces livres sur la sexualité
du couple, de l’homme et de la femme même
s’ils furent ma foi, fort instructifs.
- Je suppose que tu ne m’as pas remercié
?
- Non, quelle drôle d’idée ! J’ai
laissé courir, je m’en foutais. Je me disais
qu’à force de rester insensible, tu te lasserais.
Finalement, tu m’as demandé d’avoir
pitié de toi et la dernière chose que tu
m’as envoyé a été un recueil
de nouvelles que tu avais écrit. Son titre évocateur
« Pour que tu m’aimes encore » me dissuada
immédiatement d’en tourner les pages. Je
l’ai jeté à la poubelle. Ce n’est
que des années plus tard quand mon mari m’a
quittée et que je me suis retrouvée seule
que j’ai eu envie de le lire. J’ai retrouvé
Danaé qui en avait un exemplaire. Elle me l’a
confié gracieusement. Je l’ai lu et me suis
enivré de ta passion, de ce désir que tu
avais de me faire l’amour.
- Et aujourd’hui ?
- C’est fou de te retrouver. Mais, je t’en
prie, ne me rends pas les choses plus difficiles encore.
- Mais encore ?
- Est-ce que tu veux sortir avec moi ? Rattraper le temps
perdu, me dit-elle apeurée, la lèvre mordue.
»
Elle me dévisageait, j’avais le regard amusé.
Ma réponse tardait à venir. J’ai approché
sa main de mes lèvres pour la baiser aux articulations
de ses doigts, je me suis levé et j’ai fait
semblant de vouloir quitter la pièce. Elle s’est
jetée à mes pieds en m’agrippant les
jambes, me priant de nous donner une seconde chance. Je
me suis agenouillé pour la serrer dans mes bras,
l’ai embrassée sur la joue et lui ai demandé
d’être patiente. Je me suis dégagé
de son étreinte, j’ai descendu les escaliers
et je suis allé dire « au revoir »
à ses enfants en leur faisant promettre de bien
prendre soin de leur mère. Mais en sortant du pavillon,
je me suis retourné une dernière fois. Leur
mère me regardait par la vitre de la fenêtre
de sa chambre, se mordant les ongles pour ne pas crier,
les yeux écarquillés avalant nerveusement
sa salive.
Moi, je m’en suis allé tout fier vers les
chemins fleuris du jardin communal. Je me demandais combien
de jours la ferais-je attendre ! Saurais-je résister
à l’envie d’abuser d’elle ! Pourquoi
mon coeur était si froid et le sien si brûlant
? L’avais-je donc aimée, il y a si longtemps
?
Je plantais des pensées sur un terre-plein. Me
sentant observé, je tournai la tête et la
vis assise sur le banc au même endroit que la première
fois. Pauvre femme en mal d’amour, me suis-je dit
!
Céline
Dion : Pour que tu m'aimes Encore
Commentaires
: je voudrais juste vous dire, ne jetez pas de sorts,
ne faites pas d'envoûtements de l'être
aimé, c'est de la magie noire. La plupart
se sont ruinés auprès des marabouts
et pensez que vous êtes à sa place.
Aimeriez-vous être envouté, être
mystifié ? Voulez-vous recevoir de l'amour
contrefait ? Savez-vous les épreuves, le
retour de bâton que vous connaitrez pour être
tombé dans cela ?
L'amnésie
est juste un moyen pour lui faire dire tout ce dont
elle se souvient des petites attentions qu'il avait
eu pour elle. C'est aussi un retour de karma, elle
a oublié jusqu'à son existence et
lui a son tour, l'a oublié mais maintenant,
c'est elle qui se souvient de lui et qui en souffre.
Le
malaise perçu, c'est de se sentir mal quand
on est pas chez soi, qu'on se sent observé,
qu'on n'est pas serein, on est fermé.